•I#» ^J^t--^ ^ ■h lOWmter Street,^! m ->^ '«I HARVARD UNIVERSITY. pB* m LIBRARY OF THE MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY LiBRARY OF SAMUEL GARMAN I 'Jl'i,\m APR'8 1929 // ESSAI SUll LA PHYSIONOMIE DES SERPENS, PAR H. SCHLEGEL, UOCTKCR EN VJJILOSOPHIE , CONSERVATEUR DU MISÉE DES PAYS-BAS, MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVA>TES. Zlll OUVRAGE ACCO:\IPAGNÉ d'un ATLAS dOiNTEJiAiM 31 Planches et 3 Cartes. LEIDE , ARXZ & COMR o MCZ UI^RARV HARVARD UMîVlRSITY CAMBRIDGE. WA US/\ PARTIE GÉNÉRALE. \ LEITRÈ A MONSIEUR C. J. TEMMINCK CHEVALIER DU LION NÉERLANDAIS, DIRECTEUR DU MUSÉE DES PAVS-RAS, MEMBRE DE PLUSIEURS ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAV;\JV;TES. a-^Â}4ânB L'origine de l'ouvrage que je mets au jour, remonte aux premiers temps de mes études; je puis par conséquent le regarder comme mon premier travail dans Tiiistoire natu- relle. Vous m'avez accordé la faveur de mettre votre nom à la tête de mon livre: cette permission honorable m'offre la plus belle occasion de vous témoigner publiquement ma reconnaissance et de faire savoir au monde savant, combien vous avez contribué à faciliter mes recherches, ou plutôt, que c'est à vous que l'on en doit la publication. Après le départ pour les Indes de notre infortuné ami feu Boie, vous eûtes la bonté de confier à mes soins les collections éten- dues quiembrassent les animaux vertébrés, l'anatomie com- parée et les fossiles: collections qui forment la plus belle partie du Musée des Pays-Bas. Excité par l'exemple de mon ÏV impression , mais elle est tl'aulant plus difficile à analyser, que les êtres que nous examinons sont plus compliqués; car plus leur nature est élevé plus les divers traits se confondent dans l'harmonie de l'ensemble. Une des par- ties les plus essentielles de la tache le sur celui des apophyses des vertèbres du tronc, quoique dans les serpens de mer, elles soient d'une longueur peu commune ; les inférieuies au contraire, sont toujours fendues longitudinale- ment, ou plutôt on en compte une double rangée. Dans quelques ophidiens à queue obtuse et grosse, tels que l'Eryx, le noml)re des apophyses de la queue est très grand et on en voit par les raisons ci-dessus énoncées, chez les i3ongares, trois rangées de transversales. DES OS DE LA TETi:. Le crâne proprement dit des ophidiens, ou rensemble des os qui renferment le cerveau et la plupart des organes des sens, forme la plus petite partie de la charpente osseuse qui sert de base à toute la tète. Les organes solides de la manducation au contraire, avec leurs attaches et leurs leviers assez développés, qui jouissent tous d'une mobilité plus ou moins limitée , composent une autre partie du crâne, plus étendue que la première, et de laquelle dépend presque entièrement la forme extérieure de la tête. Le crâne propre- ment dit est toujours alongé , et offre sa plus grande largeur immédiatement derrière les yeux ; d'ici ses bords latéraux vont le plus souvent en convergeant vers le bout du museau ; la partie postérieure du crâne se rétrécit brus- quement et forme un cylindre plus ou moins effilé, évasé à la base, boursoufflé au milieu, et plus gros vers le bout. Les côtés de cette partie servent de point d'insertion aux muscles temporaux , dont l'action produit avec l'âge une crête saillante sur le sommet du crâne. La fosse temporale ainsi formée, n'est par derrière que vaguement terminéepar les DFS OS DE LA TÈTE. 13 caisses ; par devant ce sont les frontaux postérieurs, lorqu ils existent, qui indiquent les limites entre^ cette cavité et celle qui renferme l'œil. Il est évident que cette derrière doit être plus ou moins complète suivant le degré de déve- loppement de ces os; d'ailleurs cette cavité n'est jamais parfaitement fermée qu'à sa partie antérieure. La cavité nasale enfin , toujours ouverte vers le devant , et dont les ouvertures internes sont très rapprochées du bout du museau , occupe la partie antérieure du crâne et n'est que très incomplètement recouverte par les nasaux. Les pièces osseuses qui forment les parois de la cavité du crâne sont toutes soudées entre elles, et se composent des suivantes : i) Le sphénoïde, os impair de forme effilée, occupant la base du crâne, est pourvu de chaque côté,chez plusieurs serpens non venimeux et notamment chez les Boas, tl'une saillie ou d'une petite protubérance, qui sert d'attache aux ptérygoïdiens internes; c'est au contraire chez les serpens venimeux propre- ment dits, que sa partie postérieure est amincie en une crête, qui se prolonge souvent en arrière pour former , conjointe- ment avec l'occipital inférieur , ce long crochet analogue aux apophyses épineuses inférieures des vertèbres, et qui offre un levier puissant , servant de point d'insertion aux muscles fléchisseurs de la tête. 2j Le pariétal, os également impair, qui détermine principalement la forme de la partie postérieure de la tête et dont nous avons par conséquent mentionné plus haut la configuration. 3j Les frontaux proprement dits, os constamment en nombre pair, qui terminent la cavité du crâne en avant; ils sont le plus souvent à surface plane en dessus, et ^lescendent dans l'orbite pour se réunir avec le sphénoïde. 4) Les occipitaux, divisés en inférieurs et supérieurs, engrenés n l'extrémité postérieure i\\i crâne, et munis de 14 DKS OS DE L\ TÈTE. plusieurs protubérances, dont celles qui entourent le trou occipital sont les plus remarquables. L'entrée de cette cavité est protégée au dessus par une lame osseuse, en guise d'écaillé, assez saillante et voûtée; au dessous se projeté le condyle occipital, porté sur un col et composé de trois pièces qui, se soudant avec l'âge, ne forment qu'un seul plan articulaire tantôt en trèfle , tantôt en cœur. 5) Viennent enfin les rochers, enchâssés de chaque côté entre les occipitaux et le pariétal, et dont les cavités contien- nent les organes de l'ouïe ; la postérieure reçoit le rocher. L'assemblage des os de la face se trouve dans le même plan avec ceux qui forment la boîte osseuse du crâne propre- ment dit, et que nous venons de décrire. On observe d abord une paire d'os , les frontaux antérieurs , qui sont le plus sou- vent en trigone, qui déterminent les parties latérales de la face, et dont le plan postérieur sert à former la partie antérieure de l'orbite; la face inférieure de cet os touche au maxillaire , avec lequel il est articulé chez les serpens venimeux proprement dits: sa forme et sa direction varient extrêmement, suivant les fonc- tions qu'il doit remplir, et son volume est réduit, chez ces der- niers êtres, à très peu de chose; la face interne enfin compose le fond de la cavité nasale, dont l'étendue cependant est en grande partie formée par plusieurs os liés au crâne au moyen de ligamens , et permettant un mouvement plus ou moins libre et dans le sens vertical. Ces pièces, qui servent en même temps de base au museau, et qui déterminent le degré de mobilité dont il est susceptible, reçoivent à leur bout antérieur l'in- termaxillaire: ce sont i) le vomer, composé de deux pièces symétriques, se réunissant le long de leur face interne, larges et triangulaires en avant, effilées vers l'extrémité qui les réunit au sphénoïde; 2) les nasaux, presque toujours triangulaires, et dont une lamelle intérieure descend pour former la cloison qui sépare les narines; ils recouvrent la cavité nasale; 3) un petit os, analogue aux cornets. DES OS DE LA TETE. 15 On ol)serve clo plus dans le crâne des ophidiens plusieurs pièces surnuméraires, qui cependant sont loin de se troiiver constamment chez toutes les espèces. Les premières, les frontaux postérieurs, sont des os qui descendent du som- met i\u front pour protéger le hord postérieur de l'œil; chez les Trigonocéphales, les Crotales et chez d'autres serpens non venimeux on ne voit que des vestiges de ces os ; ils disparaissent chez les Elaps et les Tortrix, tandis qu'ils sont très développés chez les Boas , chez plusieurs Vipères , etc. ; chez l'Acrochorde enfin, ils s'étendent jusqu'aux frontaux antérieurs, et remplacent ainsi les surorhitaux , autre paire de pièces osseuses surnuméraires, propres aux Pythons, et entîhassées entre les trois frontaux. Tous les autres os de la tête appartiennent plus ou moins directement au grand appareil, destiné à la manducation , si toutefois ce terme peut s'employer chez les animaux dont nous traitons. Cet appareil se divise naturellement en deux parties: la première, qui se compose de la mâchoire supé- rieure et de son train; la seconde, qui est formée par la mâchoire inférieure et les pièces qui la suspendent au crâne. Il faut rapportera la première, Tinter ma xillaire, petit os placé transversalement au bout du museau, rarement armé de dents, et dont la manche se loge entre les nasaux et le vomer : étant au reste libre, il suit les mouvemens de ces os. Les maxillaires, également libres à leur extrémité anté- rieure, sont réunis au crâne par l'intermède des frontaux antérieurs ; leur extrémité postérieure se lie avec les ptéry- goidiens externes: mais il s'en faut bien que leur conforma- tion et leur mode d'attache soient toujours les mêmes, dans les différens genres d'ophidiens. Chez les serpens non venimeux cet os est assez alongé, posé horizontalement, armé d'une rangée de dents nombreuses, et toujours lié au moyen d'un pont plus ou moins large aux palatins ou même aux ptérygoï- diens internes; chez les venimeux au contraire, il est réduit à U\ DES OS DE LA Tl^FE. une pièce assez courte , et d'autant plus petite que le serpent est plus venimeux: c'est ainsi que l'on voit chez les serpens venimeux proprement dits , cet os porter unique- ment les crochets, articulé au frontal antérieur et libre dans tout le reste de son étendue. Il est évident , que le développe- ment des ptérygoïdiens externes, vrais leviers de la mâ- ciioire supérieure, doit se trouver en raison inverse de celui des maxillaires ; cette pièce intermédiaire entre les maxillaires et les ptérygoïdiens internes est toujours dépourvue de dents, et s'amincit à mesure qu'elle augmente en longueur : elle se montre conséquemment chez les serpens venimeux, en forme de stylet linéaire et très menu. Les ptérygoïdiens internes, aux- quels se réunissent en avant les palatins, forment avec ceux- ci deux branches, le plus souvent en S , et qui s'étendent sur presque toute la longueur du crâne. Leur extrémité antérieure est libre ou liée au vomer au moyen de ligamens, la posté- rieure s'attache au bord interne de la caisse, près de sa base. Ces branches sont , excepté chez le seul Oligodon , armées de dents. Outre la réunion avec le ptérygoïdien externe, le ptéry- goïdien interne se lie, chez plusieurs serpens non venimeux, au sphénoïde. Il en est de même des palatins qui, chez toute cette tribu et chez les serpens venimeux proprement dits, s'attachent, au moyen d'une petite apophyse, à la base du crâne. Il me reste à parler de la mâchoire inférieure. Tout le monde sait, que ses deux branches sont réunies à leur boutantérieur au moyen d'un ligament, au lieu d'être sou- dées. Chaque branche se compose de deux os principaux: le dentaire et l'articulaire , pièces dont les sutures sont recouvertes à la face interne de trois petites pièces surnuméraires ; on a comparé la supérieure à l'apophyse coronoïde du squelette des mammifères, mais chez plusieurs ophidiens et notamment chez les serpens venimeux proprement dits , la pièce dont »ous parlons se trouve presque réduite à rien et placée sous le DES OS DE LA TÈTE. 17 dentaire, tandis que la véritable apophyse coronoïdeest assez <{éveloppée et occupe la partie postérieure de l'articulaire près de sa jonction avec les caisses. Le dentaire portant à lui seul les dents, en est toujours hérissédans toute sa longueur : il varie assez dans les différentes espèces,ayant acquis le ternie du déve- loppement chez les ljoas,tandis qu'on observe l'excès opposé chez les serpens venimeux; il est superllu d'observer que le développement des deux pièces principales de la mandibule inférieuredoit avoir lieu en raison inverse l'une de l'autre, et que l'étendue de cette mâchoire en son entier augmente naturelle- ment, à mesure que ses os-suspensoirs ont acquis du déve- loppement. Ces os-suspensoirs se trouvent au nondjre de deux de chaque côté: i) le mastoïdien , collé au crâne au dessus du rocher , et 2) les caisses ou os tynq^aniques, liés aux mastoïdiens au moyen de ligamens , et portant à leur extrémité inférieure un plan articulaire plus ou moins échancré, qui produit la jonction en charnière avec le condyle de la mâchoire inférieure. Les mastoïdiens, rarement soudés au crâne, comme dans les Tortrix, et 1^ plus souvent en forme d'écaillé, sont toujours placés dans le même plan avec la surface du crâne, et le cèdent , relativement à leur étendue, aux caisses dont îa direction et la forme varient assez dans les diverses espèces: ramassées et suspendues presque dans le sens vertical chez les Elaps, les Boas, les Tortrix et plusieurs autres serpens non venimeux, ces dernières pièces sont effilées, filiformes, diri- gées en dehors et dans une position plus ou moins verticale chez beaucouj) d'ophidiens . notamment de la division des venimeux proprement dits. Il résulte de la conformation de ces parties, que la bouche des ophidiens est d'autant plus susceptible d'élargissement, que les os-suspensoirs de la mâchoire inférieure ont acquis plus de développement, et que ceux qui composent l'assemblage de la mandibule supérieure sont libres ; si, au contraire, comme chez beaucoup d ophidiens, ces derniers se lient entre eux et 18 DRS 1\UJS(.LES au ciàne, si leurs caisses sont petites, les os acquièrent de la solidité ou un tliamètre plus considérable, et la houclie peut se dilater dans un dej^ré beaucoup njoindre. DES MUSCLKwS. Plusieurs anatoniistes se sont attachés à décrire les muscles des «)phi(liens. Sir Eveh. Home (i) a fourni des observations intéressantes relatives à ce sujet. On doit à M^. IIûbner (2), médecin de Berlin, une dissertation dans laquelle l'auteur décrit les organes de locomotion du Boa canina, mais cet opuscule académique se rencontre très rarement dans les bibliothèques. M.M. DuGÈs(3)et DiivERNOY(4)ont publié des descriptions et de belles figures des muscles de la tête. Les recherches que Meckel (5) a faites par rapport aux muscles des ophidiens, sont de loin les plus complètes, qui ait»nt jamais parues sur cette partie difficile de la science. J'ai disséqué les muscles de plusieurs serpens de différens genres; mais ces organes m'ont offert dans les diverses espèces des modifications si sensibles, qu'il aurait fallu faire des recherches très-étendues et compa- ratives, pour ramener toutes ces disparités à un type commun. Un pareil travail, plutôt d un intérêt physiologique, serait étranger au but que je me suis proposé dans mon ouvrage-, je me contente par conséquent, de donner un aperçu superficiel des muscles des ophidiens en général. Ces organes, particulièrement ceux du tronc, sont remar- quables par le volume considérable que l'on remarque dans (1) Phil. Trans. vol. X et Lectures on camp. Anat. — (2) De organis motoriis Boae caninae. — (3) Jniu d. se. nat. vol. XII. — (4) '^^^• XXVI. PL 10. — (5) Fergl. Anat, vol. III p. t3o. sniv. DES MUSCLES. 19 qu(*lques-uns, et par le développcinent extraordinaire des ten dons, qui acquièrent chez quelques espèces, notamment dans les serpens venimeux proprement dits, une étendue peu commune. Cette organisation était nécessaire pour produire la force et l'énergie, avec lesquelles sont exécutés les mouve- mens ondoyans du corps, les principaux dans la locomotion des ophidiens. Les muscles qui produisent ces effets sont situés le long des côtés du dos et à la face antérieure des vertèbres; mais comme les côtes exercent, en même temps chez les ophidiens, la fonction d'organes de locomotion, il est évident que les muscles nombreux qui s'attachent à ces os, doivent beaucoup contribuer aux mouvemens latéraux du tronc. Les muscles des ophidiens étant souvent enlacés les uns dans les autres, il devient très difficile de donner une description exacte de chacun d'eux pris isolément, et il n'est pas moins difficile de comparer ces organes avec ceux des animaux d'un rang plus élevé et de constater les modifications qu'ils ont éprouvés en s'éloignant de leur type. La partie supérieure de l'épine ou , si l'on veut, la posté- rieure, offre un grand nombre de muscles, qui prennent leur origine à la partie latérale des apophyses épineuses, et qui se réunissent à de longs tendons, provenant des apophyses arti- culaires: ils forment un muscle composé, qui répond aux muscles épineux et demi-épineux des mammifères, et qui envoyé dans toute sa longueur des tendons aux bouts des apophyses épineuses; il se divise sur le cou en deux parties, dont l'intérieure s'attache à l'atlas , tandis que l'extérieure se prolonge sur l'occiput, pour remplir les fonctions de releveur delà tète. Les muscles que nous venons de décrire se lient étroitement avec les épineux transversaires qu'ils recouvrent, et dont la partie antérieure s'attache également à la face pos- térieure de l'occiput. L'extenseur de l'épine est un autre nniscle très considérable, composé d'un grand nombre de faisceaux, enlacés les uns dans les autres et se terminant en tendons: 9() DES MUSCLKS ces faisceaux proviennent des npopliyses transversairCs et envoyent souvent des tendons aux apophyses épineuses; ils sont étroitement liés avec d'autres faisceaux musculaires, qui réu- nissent les côtes dix à dix, et qui se prolongent par devant sur les côtés de l'occiput. Les espaces entre les apophyses des vertè- bres sont remplis par les musclesépineuxet intertransversaires. Les nmscles des côtes sont nombreux et compliqués ; quelques uns servent à redresser ces leviers en les réunissant quatre à quatre; d'autres, dont la direction est presque perpendiculaire, ont en outre l'usage de relever les côtes. On voit d'autres muscles provenant également des côtes qui descendent sur la peau des (lancs jusqu'à Tabdomen; ils recouvrent des faisceaux qui se dirigent oblicpiement en arrière, pour réunir les côtes deux à deux, et qui forment par derrière le lléchisseur de la queue. On distingue en outre deux à trois paires de muscles intercostaux, dont les externes réunissent les côtes tantôt deux à deux, tantôt quatre à quatre. La surface intérieuredes côtes et l'inférieure des vertèbres, présentent plusieurs mus- cles assez développés, provenant en partie delà partie latérale des vertèbres , en partie des côtes mêmes , et qui s'attachent aux côteSjSoit au milieu, soit à l'extrémité sternale: ces nmscles ont l'usage de rabaisser les côtes et de les tirer en arrière ; ils s'étendent sous la queue en formant le fléchisseur de ce mem- bre; mais ils sont remplacés sur le cou par les abaisseurs de la tète, dont la configuration rappelle celle d'un triangle aigu, et qui sont accompagnés des muscles qui contribuent aux mouvemens latéraux de la tète. La tète elle-même reçoit en outre plusieurs muscles, qui prennent leur origine sur les apophyses épineuses postérieures des vertèbres coUaires: l'un d'entre eux s'étend le long de la mâcboire inférieure; un autre, pi us court,va des vertèbres cer- vicales à l'articulation de cette mâchoire. Le muscle costo-man- dibulaire s'étend des côtes antérieures sous la gorge, pour s'atta- clier aux branches de la mâchoire inférieure, dont les bouts sont DES EXTRÉMITÉS. 21 lies par un petit muscle transversal. Les muscles de la man- ducation sont le plus souvent assez développés: le temporal est constamment divisé en deux parties, dont l'antérieure passe au-dessous des glandes salivaires , pour s'attacher en large ruban sur la mâchoire inférieure; les fibres qui se prolongent sur la glande venimeuse, et qui servent à la com- primer lors de la morsure, proviennent également de ce muscle. On a comparé au digastrique le muscle qui s'étend à la face supérieure des caisses. Le muscle qui va de l'articulation delà mâchoire inférieure au ptérygoïdien externe, a reçu le nom de ce dernier os: dans les serpens venimeux il envoie deux tendons, l'un destiné pour le maxillaire, l'autre pour la capsule des cro- chets. Outre les muscles déjà décrits, il en existe deux autres, qui prennent leur origine près de l'articulation de la mâchoire inférieure: i) le ptérygoïdien interne, et 2) le muscle qui se fixe à la base de l'occiput. Un troisième muscle assez long, réunit l'os ptérygoïdien interne au sphénoïde, où il s'attache souvent par deux têtes; il existe enfin un petit muscle entre le sphé- noïde et le palatin. DES VESTUiES D'EXTREMITES POSTÉRIEURES. Plusieurs serpens présentent de chaque côté de l'anus un petit crochet, à moitié caché par les écailles, et dont on a reconnu l'existence depuis longtemps; mais c'est au professeur Mater à Bonn, qu'on en doit la première connaissance exacte: ce savant a démontré, que ces organes doivent être regardés comme vestiges d'extrémitéspostérieures. Dans l'ordre des ophidiens on n'a observé jusqu'à présent ces os que chez les Tortrix proprement dits, chez les Pythons et les Boas; tous les autres serpens, d'après mes propres 22 DES FATRÉiMlTËS. recherches en sont ahsohinient dépourvus. Ces oiganes se trouvant développés à un degré supérieur chez les Boas, et la taille de ces animaux étant favorahle à l'examen de par- ties aussi délicates, on a choisi le type des descriptions de ces organes parmi les espèces de ce genre. Ces vestiges d'extrémités postérieures consistent de chaque côté en un assemhlagede trois pièces osseuses principales, et de deux petites pièces accessoires, attachées au point d'articulation du tibia et du tarse. L'os terminal, le seul qui paraît en dehors, est en forme d'ongle crochu et revêtu d une peau dure et écailleuse. On découvre, au moyen d'une incision longitudinale faite dans les chairs au coté de l'anus, que la pièce intérieure, la plus développée de toutes, plus ou moins en S et comparable au tibia,se prolonge avec son bout libre jusque dans la cavité abdo- minale. La pièce moyenne au contraire, qui représente le tarse, est grosse, courte, un peu arquée et complètement cachée dans les chairs. Les muscles qui meuvent l'appareil que nous venons de décrire, sont d'une construction très simple ; les principaux sont un extenseur, avec son antagoniste, le fléchisseur: tous deux sont insérés près du bout supérieur du tibia et s'attachent à l'os du tarse: l'extenseur à la face anté- rieure près de l'ongle, le fléchisseur à une apophyse située au milieu de la face postérieure de cet os. Deux autres muscles moins développés, suspendus aux chairs et attachés aux deux petites pièces accessoires du tarse, produisent le mouvement latéral: l'adducteur, qui se dirige vers l'abdomen, est beaucoup plus petit que 1 abducteur, dont les fibres se prolongent sur les côtés du dos. On voit chez les Boas,outre ces muscles,un second fléchisseur très petit, situé à la face interne du tibia et du tarse, et contribuant à la mobiUté de l'articulation dont jouissent ces deux pièces. L'appareil,représentant les extrémités postérieures chezles autres serpens qui en sont pourvus est,quelqueslégères modifications exceptées, absolument modelé sur celui des Boas. DES MGIJVEMENS. 23 On ignore jusqu'à présent l'usage de ces vestiges trextrénii- lés. Leur peu de développement défend de supposer qu'ils puissent contribuer à la locomotion. On a avancé qu'ils seraient d'utilité lors de la copulation: opinion à laquelle on ne peut guère opposer le fait que les deux sexes ei> sont également pourvus. D'autres savans ont soutenu qu'ils servent pour s'accrocher plus fortement aux objets, qu'embrassent les circonvolutions delà queue ou du tronc; ce qui est peut-être de toutes les hypothèses la plus pro- bable. DES MOUVEMEIVS. Après avoir décrit les organes de locomotion, nous parle- rons des divers mouvemens que les serpens sont à même d'exécuter. En repos parfait , ces reptiles aiment à rouler leur corps en spirale, en sorte que la tête seule, qui se Irouve au centre, s'élève un peu au-dessus des autres parties: ayant cependant la faculté de ployer leur corps flexible en mille sens divers,on en rencontre souvenlde simplement étendus à terre ou à corps recourbé en contours sinueux. Pour produire le mouvement progressif, le serpent n'a qu'à dérouler son corps; eu s'appuyant ensuite sur la queue, en repliant son corps en des sinuosités latérales successives, et en portant à terre les nombreux points de contact qu'offrent les extrémités anté- rieures des côtes, le reptile est poussé en avant et transporté avec une promptitude, égale aux efforts ou à la puissance des agens de la locomotion. Nous avons déjà observé ci-dessus, que tous les mouvemensprogressifs des ophidiens sont à-peu- près exécutés de la même manière, et (pie ce n'est que la cpieue qui seconde la locomotion plus ou moins diversement, selon les modifications que sa conformation éprouve dans les 24 DES MOIIVEMENS. différentes races. Très souvent, pour examiner ce qui se passe autour d'eux, les serpens s'érigent perpendiculairement, en s'appuyant seulement sur la queue ou sur une partie de l'abdo- men ,* leur tronc est alors raide et parfaitement droit, et ce n'est le plus souvent que la tête qui est courbée et dirigée en avant ; d autres plient leur corps en S, gonflant souvent leur cou dans cette position. Suspendus perpendiculairement à une brancbe d'arbre les Boas ressemblent à un corps raide et sans vie. Pour descendre d'un arbre ou d'un objet élevé quelconquCjles serpens se laissent tout simplement tomber de haut en bas, leurs formes et la grande élasticité de leurs par- ties empêchant que cette chute n'ait des suites dangereuses ; ayant atteint la terre, le choc qu'ils ont éprouvé en tombant, au lieu de leur nuire et de les retenir, les pousse en avant , et sert d'impulsion aux mouvemens suivans. On a beaucoup parlé de serpens qui peuvent également bien exécuter la marche rétrograde ; cette particularité s'at- tribue par excellence à ces serpens fouisseurs , dont le corps cylindrique est ter^jinéparune queue très grosse et obtuse au ))out; mais comme ce fait n'a jamais été constaté ni par des voyageurs instruits ni par des naturalistes de profession, on a lieu d'en douter : peut-être doit-il son origine aux préjugés des anciens (i), qui décrivent sous le nom d'Amphisbène (double-marcheur) un serpent pourvu à chaque bout d'une tète et ayant la f:icultéde marcher dans les deux sens; cenom, servant à désigner un ophidien de l'ancien monde,probablement l'Eryx, s'est conservé chez les naturalistes modernes qui l'ont appliqué à des serpens de l'Amérique, en suivant l'exemple des Portugais. La plupart des serpens non venimeux et les venimeux colu- brlformes se défendent contre les attaques de leurs ennemis , en se précipitant sur eux, la tète élevée, afin de pouvoir (0 Pmw 8 H5 et Af.liai«9 ^^' DES DEJNTS. 25 mordre avec plus d'énergie; quelques-uns, tels que les Najas , redressent le devant de leur corps, et prennent une position toute particulière. La plupart font entendre dessifflemens aigus, qui préludent au combat; quelquefois on entend aussi un soufflement produit par l'air, qu'ils chassent avec violence par les narines. Plusieurs espèces se jetent , en faisant de grands bonds, surleur proie, qu'ils saisissent le plus souvent avec la gueule;d'autres la retiennent en l'entortillant avec la queue,et les Boas l'entourent même par des circonvolutions de leur tronc. Les serpens venimeux proprement dits employent le même moyen pour s'emparer des animaux dont ils font leur nourriture, et pour se débarrasser de leurs ennemis. Indolem- ment étendus à terre , ils attaquent indifféremment tout être vivant, qui vient les inquiéter de trop près; mais connaissant la force de leurs armes, ils se contentent d'infliger le coup meurtrier qui manque rarement son but. Pour exécuter ce coup, ils redressent le plus souvent la tête, ils portent la partie antérieure du tronc en arrière, et déroulent d'un seul trait les replis de leur corps , en s'appuyant sur la queue ; le saut que produit ce mouvement est comparable à un ressort qui se débande, et il dirige le coup qu'infligent les crochets, par un mouvement subit et extrêmement vite de la tête en bas. DES DENTS. Les ophidiens avalant en entier les animaux dont ils se nourrissent, leurs dents ne servent ni à mâcher nia broyer les alimens: ce sont de simples crochets, destinés à frapper des plaies, à retenir la proie, et à agir lors de la déglutition. Indépendamment de ces fonctions, ces dents servent souvent 26 DES DENTS. à condiiiie dans les plaies qu'elles oui laites, la liqueur pro- duite par les glandes dont la tête est le siège. Ces glandes sont de double nature: les unes, composées à l'instar des glandes salivaires des mammifères et des oiseaux, d'un grand nombre de petits grains, sécrètent un fluide analogue à la salive , et dont l'usage est de préparer les substances nutritives pour la digestion ; les autres au contraire, sont d'une structure toute différente: elles forment un sac épais, dont l'inté- rieur est divisé en de nombreux compartimens; ces glandes distillent une liqueur qui, par les effets fatals qu elle produit dans le corps animal, devient l'arme funeste au moyen de la- quelle lesserpens détruisent les animaux qui leur servent de nourriture. Les glandes salivaires sont propres à tous les ophidiens, mais à peine le quart des espèces connues sont- elles pourvues en outre de glandes venimeuses. Les dents, qui conduisent le venin dans la plaie, toujours caves et percées aux deux bouts, s'apellent crochets: elles ont constam- ment leur place à l'extrémité antérieure du maxillaire, où elles sont fixées et qu'elles occupent quelquefois à elles-seules : cachées par les gencives, qui forment à cet endroit une es- pèce de gaine , elles sont couchées à l'état de repos du serpent et ne s'érigent que lorsqu'il veut mordre. Le reste des dents, et toutes celles dont la bouche des non-venimeux est garnie, sont solides, à l'exception du creux qui contient les organes nutritifs de la dent. On a cependant observé un bon nombre de serpens non-venimeux, de genres très divers, qui offrent des mâchoires pourvues d'une ou de deux dents plus volumi- neuses que le reste,et le plus souvent sillonnées par une fente, qui s'étend tout le long de leur face antérieure. Ces dents can- nelées se trouvent toujours au bout postérieur du maxillaire, et ce n'est que rarement qu'on en voit une seconde au milieu des mâchoires: elles n'ont d'autres fonctions quede verser dans les morsures qu'elles ont faites, une salive plus abondante, sécrétée par la partie postérieure des glandes salivaires, qui DES DEiMS 27 sont plus volumineuses dans la région qu occupent ces tients cannelées, (i) (i) C'est à tort, que l'on a classé clans la tribu des venimeux ces serpens qui offrent des dents postérieures plus longues et cannelées. Les données vagues et contradictoires sur les qualités des ophidiens, données four- nies par les indigènes de Java, ont probablement causé ces erreurs. Aux Indes comme au Brésil, en Afrique comme en Europe, le peuple répute indifféremment venimeux le plus grand nombre des serpens, et notam- ment ceux dont l'aspect offre quelque chose de hideux. M. Reinwardt, lors de sa résidence à Java, fit la découverte de l'existence de dents can- nelées chez plusieurs espèces de l'ancien genre Couleuvre: communiquée ensuite par feu Leschenault et par d'autres voyageurs, et accompagnée de récits sur la nature des serpens en vogue dans cette île,cette découverte vint fixer l'attention des naturalistes en Europe. Boie constata les ob- servations du professeur Reinwardt sur plusieurs autres ophidiens. J'ai publié en 1827, dans un mémoire inséré parmi ceux des Curieux de lanaturedeBonn , mes propres recherches relatives à cefait. Depuis cette question a été souvent agitée,et on est même arrivé,au moyen d'invesliga- tionsanatomiques,à la conclusion,deconsidérercommedangereuses toutes les espèces à dents postérieures plus longues ou cannelées. J'ai obtenu par des recherches analogues , et au moyen d'un examen rigoureux des récits que l'on débite sur le caractère suspect de certains serpens , un résultat toul-à-fait opposé. L'organisation de la soi-disant glande veni- meuse postérieure, absolument semblable aux autres glandes salivaires, ne permet guère de douter qu'elle ne sécrète un fluide de la même nature que la salive ordinaire: aussi les observations récentes de nos voyageurs servent-elles à constater, que, ni la morsure des Dryiophis ni celle des Dipsas, serpens à dents sillonées , n'ont des conséquences fatales pour l'homme (ij. (i) Les glaudes delà tête des serpens ont fourni matière à un grand nombre de dissertations publiées par Ranby Phil. Tvans. iV". 4oi p. 877 suiv. , par RussEL, par Seiffert, par TiEDEiHAîrjir Mém.de l'ac. de Munich 181 3 p. a5, parCroQUET 3Jem. du Muséum VII p. 62 , par Desmouluhs ap. Macendie Journ. de Physiol. IV'p. 574 suiv., parMECKEL Archiv L l et par Duveukoy Ann. d. se. nat. XXVI et XXX. On trouve en outre des rcnseignemen» relatif» a ce sujet dans les ouvrages de Reoi , Mead , Foktan a , et Chaba''^ 28 DES i)i:nts. Cependant, en étndiant le dévelo p pe ni en l des d e ni s des Ophidiens , on s'aperçoit qn'il y a un passage insensible des dents solides aux crochets. Chaque dent consiste, dans les premiers degrés du développement, d'une lamelle abords ren- trans, de sorte qu'elle est ouverte à sa face antérieure. Dans les dents solides, celte lente se soude dès la première jeunesse de l'animal j elle demeure ouverte un peu plus longtemps dans les crochets des serpens venimeux proprement dits,maisà l'état parfait, ces crochets n'offrent que les deux orifices destinées à l'entréeelà la sortie du venin, etdonllinférieur conserve toujours la forme d'une fente l()ngitudinale;le reste des serpens venimeux présente des crochets analogues, mais on découvre toujours les traces de la fente, qui réunit les deux orifices pour le venin; la cannelure enfin des dents postérieures plus longues de cer- tains oj)hi{licns innocens, n'est que cette fente, qui reste ou- verte pendant toute l'existence de l'animal (i). Chaque dent avant de se développer, est recouverte d'une espèce de mem- brane,qui contient en même temps les matières nutritives: en s'ossifiant, la dent se colle par sa base sur les creux qui repré- sentent les alvéoles, et se fixe à mesure que l'ossification avance; très souvent et principalement dans les crochets, il reste par derrière à leur base un petit orifice pour l'entrée des vaisseaux et des nerfs: aussi les crochets se réu- nissent-ils plus intimement avec les os que les autres dents. On observe souvent les germes de nouvelles dents, cachés à côté des anciennes, dans les gencives, et servant cà remplacer les dents lorsqu'elles sont détruites par quelque accident: aussitôt la nouvelle dent se déplace pour occuper l'alvéole dégarnie, où elle se fixe en se développant de la manière dé- crite (2). Les crochets étant plus exposés que les autres dents ( I ) Voyez, flg. 1 , 2 , 3 et 4 PL 16 de mon mémoire cité. (2) Voir le mémoire sur la reproduction des cïochets publié par RosA , mémoire que je ne connais que par l'extrait donné par Mecrel trad. alL de lanat. comp. de Cuvier vol. III />. 126 suiv. DES DKNTS. 2^ I la nature a veillé à leur reproduction, en plaçant derrière eux plusieurs germes de nouveaux crochets, dont le nombre s'élève quelquefois jusqu'à six, et qui se succèdent dans tous les degrés de développement; on ignore si les anciens crochets tombent spontanément à certaines époques, et si ce remplace- ment des crochets a lieu graduellement. La structure inteine de ces organes offre cela de remarquable, (|ue le canal conduc- teur du venin est séparé par une cloison, du creux contenant les matières nutritives delà dent(i). Des dents solides se trouvent in4ifféi'ennnent chez tous les ophidiens ; mais leur nombre, leur forme et leur disposi- tion présentent des différences considérables dans les diverses espèces. A l'exception de TOligodon, qui est dépourvu de dents palatines, on compte toujours quatre rangées de dents à la mâchoire supérieure et deux à l'inférieure. On n'observe de dents intermaxillaires que chez les pythons et quelque- fois chez le Tortrix scytale : leur nombre s'élève rarement au dessus de quatre. Les dents solides des ophidiens sont le plus souvent toutes de la même longueur: chez les Boas cependant ellesîiugmentent en étendue vers le bout du museau, ce qui a lieu dans un sens inverse chez plusieurs espèces des genresGoluber,Tropidonotusetc.;lesLycodonsoffrent à l'extré- mité antérieure du maxillaire, plusieursdentsplus développées que les autres; les dents des Dryophis et des Psammophissont assez inégales, et on en voit plusieurs de très longues au milieu des mâchoires et au bout postérieur des maxillaires: ces dents, ainsi que les dents postérieures de certaines espèces des genres Dipsas, Homalopsis etc., sont souvent cannelées; tandis que d*autres ophidiens, tels que les Xénodons, les Coronelles, plusieurs Homalopsis etc. ont le bout postérieur du maxillaire garni d'une dent très développée mais solide. Il est évident que le nombre des dents varie suivant le développement du • (i) Voir les fij;ures des crocliels dans l'ouvrage de Fontana. :iO DES GLANDES. maxillaire et (le l'os dentaire de la mâchoire inférieure: chez la plupart des Couleuvres, chacune de ces hranches contient jusqu'à 20 ou 25 dents; ces dents sont moins nombreuses chez lesHonialopsis, les Tortrix, les Calamars, et réduites à un très petit nond)re chez les serpens venimeux. Nous avons déjà dit plus haut, que le maxillaire des serpens venimeux proprement dits n'est armé que de crochets : mais cet os, ayant acquis plus de développement chez les venimeux colubriformes, il porte le plus souvent derrière les crochets, une ou plusieurs /. 4()0 sniv. DU V£\iN. 35 qu'elle est souvent sans les moindres conséquences fâcheuses lorsqu'elle n'a atteint que les parties dures et calleuses du corps (i). Cependant il faut encore attribuer la plus ou moins grande activité du venin à beaucoup d'autres causes, outre celles déjà alléguées: tantôt ce n'est qu'une seule dent qui entre dans la chair, tantôt toutes deux y distillent leur venin; les crochets pénètrent avec plus de facilité dans une partie du corps peuvolumineuse, telle que les doigts, que dans la cuis- se, le tronc etc.; les serpens enfin, en mordant à plusieurs reprises , épuisent leur venin , de sorte que les piqûres subsé- quentes entraînent des conséquences moins fâcheuses que les premières. Il faut également considérer la taille de l'ani- mal mordu par rapport à celle du serpent: en Europe, l'homme meurt rarement des suites de la piqûre de notre vipère; il faut même jusqu à trois ou quatre vipères pour faire périr un cheval ou un bœuf, tandis qu'une seule morsure suffit pour tuer en peu de temps de petits mammifères. 11 n'en est pas ainsi dans les contrées tropiques, où la morsure des grands serpens venimeux a Je plus souvent des suites égale- ment fatales pour l'homme et pour les animaux. Ainsi , on peut établir comme loi que l'activité du venin aug- mente avec une température du climat plus élevée, (i) Le venin a beaucoup moins d'effet sur les animaux à sang froid quesur les mammifères et les oiseaux; sur la plupart des invertébrés, il ne produit pas les moindres effets fâcheux; ces faits nous montrent que le mot venin n'est pas toujours employé dans l'acception primitive , mais plutôt dans un sens relatif et j)lus particulièrement par rapport aux effets que produit ce fluide sur l'homme ou sur les animaux à sang rouge. (2) Cette circonstance parait avoir donné lieu à l'opinion émise par plusieurs naturalistes, que la Vipère elle-même et d'autres animaux tels que l'Orvet , les Buses , étaient à l'épreuve de la morsure des ser- pens venimeux; ces prétendus faits n'ont du moins été prouvés d'au- cune manière certaine. 36 DU V RMN. (jut; la pifjure est (raiitanl plus dangereuse , que re poison at'lé dislillépius abondamment dans la plaie, et que l'animal qui fit la plaie et l'être qui en est la victime, ont été agités par des émotions plus vives. D'innombrables expériences ont été faites pour connaître le degré d'activité du venin des différentes espèces de serpens , et les moyens les plus sûrs pour en arrêter les effets. Laurentius s'est acquis de la célébrité par des essais de cette sorte; tout le monde a entendu parler des six mille expériences faites par Fom ana ; les obser- vations de RussEL à ce sujet sont passées dans presque tous les traités d'Erpétologie ; M. Davy y en a joint récemment plusieurs nouvelles, résultats d'expériences faites a l'île de Ceylan ; M. Lenz en a fait un grand nombre avec la vipère commune; enfin une foule d'autres naturalistes, des méde- cins , des cbimistes ont rapporté des faits détachés , servant à éclaircir celte partie obscure du savoir humain. Mais malgré ce grand nombre d'observations , les résultats , que l'on peut en tirer sont peu satisfaisans. Toutes aboutissent à démon- trer ce que nous avons dit plus haut , savoir que les symptô- mes , dont la morsure des serpens venimeux est suivie , sont tnodifiés à l'infini d'après les circonstances prévalentes. Pour obtenir des résultats sûrs, il faudrait faire un très grand nom- bre d expériences avec des serpens de même taille, dans les mêmes lieux, dans la même température, et leur faire mordre des animaux de la même race, et de la même constitution : répé- tant ensuite ces mêmes expériences avec d'autres espèces de serpens, on pourrait parvenir à découvrir, en prenant comme résultat le terme moyen des observations, si la nature (hi venin diffère suivant les diverses espèces de serpens. Sans révoquer en doute cette hypothèse, émise par plusieurs au- teurs , j'ai lieu de croire que la morsure des serpens venimeux proprement dits est plus dangereuse que celle des venimeux colubriformes et des serpens de mer, à cause de la puis- sance des armes dont les piemiers sont munis. DU VENIN. 37 Le venin des ophidiens alïecLe beaucoup moins les animaux à sang blanc que les vertébrés. Chez la plupart de ces derniers les e f'f'e t s de la morsure se manifestent le plus souvent incontinent après qu ils ont été mordus. L homme en ressent aussitôt une douleur aiguë dans le membre atteint par les cro- chets, qui ne font qu'une ou deux petites piqûres à peine per- ceptibles, et d'où s'écoulent quelques gouttes de sang: l'endroit blessé se gonfle ensuite et rinflammation se déclare avec plus ou moins de promptitude; les progrès des effets au venin dans les autres parties du corps s'annoncent par une faiblesse générale; la marche devient pénible, la respiration gênée et difficile; le malade éprouve une soif ardente; des nau- sées, des vomissemens succèdent bientôt , et sont souvent suivis d'angoisses, d'éblouissemens qui, conjointement avec les douleurs les plus vives, ôtent au souffrant 1 usage de ses facultés intellectuelles. Des taches livides entourant la plaie sont les précurseurs de la gangrène qui, se propageant dans les autres parties du corps, entraîne la mort, après un terme plus ou moins long. Il est heureux que la piqûre des ser- pens, dans les contrées tropiques même ne soit pas toujours mortelle: cependant, les individus qui ont été mordus ressen- tent après guérison, et cela souvent toute leur vie, des souf- frances périodiques, ou sont frappés d'une paralysie partielle ou complète des parties affectées, ou Lien éprouvetit une perturbation continuelle des facultés intellectuelles. Nous aurons soin d'énumérer, en parlant des erreurs dont riiistoire des serpens est enveloppée , plusieuis des prétendus antidotes contre la morsure des serpens; on a essayé une foule d'autres remèdes, dont l'efficacité a été vantée par les uns, révoquée en doute par d'autres, et enfin démontrée nulle par des expériences ultérieures. Chaque pays offre des pei sonnes, qui prétendent posséder l'art de guérir les morsures des ser- pens; mais on ne peut guère se fier à des gens superstitieux, le plus souvent imposteurs et dont toutes les connaissances 38 DU VENIN. reposent sur I empirisme. Souvent chaque tribu des nom- breuses peuplades des deux Amériques a une manière diverse de traiter les malades de cette sorte : mais les plantes , dont les uns vantent les vertus, sont inconnus à d'autres ou rejettées par eux. Dans les villages de l'Europe centrale, ce sont particu- lièrement des pâtres, des bergers qui, exerçant la médecine, ne jugent nullement au dessus de leurs capacités, de guérir les morsures des vipères. Aux Indes et en Egypte, cet art fait l'occupation dune caste à part, aussi ignorante au- jourd hui que l'étaient leurs ancêtres des temps classiques. Au lieu de rapporter ici ce que l'on a écrit sur ce sujet , je me borne à signaler les remèdes, que l'on a employés avec le plus de succès et dont 1 usage a été généralement reconnu. La première précaution à prendre, lorsqu'on a été piqué par une serpent venimeux, est de nettoyer l'endroit mordu pour empêcher que le venin qui pourrait adhérer à la peau, ne puisse entrer dans la plaie lors de la scarification qu'il est bon de faire sur-le-champ; on peut également se servir de la pierre à cautère ou du fer rouge, pour corroder les chairs de cette partie. Après avoir ensuite lavé la blessure de nouveau, on la presse, et cherche à arrêter les progrès du venin en la suçant ou , ce qui vaut mieux en y appliquant la ven- touse. Une ligature sur la plaie même, et une autre établie au dessus du lii:S ORGANES DE LA GENERxVTIOîV. Les dimensions que présentent les corps dont nous venons de parler chez plusieurs espèces, les piquans dont ils sont le plus souvent hérissés dans toute leur longueur , et avant tout la circonstance qu'ils ne conduisent aucune liqueur, sont autant de preuves pour rendre certaine l'assertion énoncée plus haut, et pour constater l'analogie dans l'arrangement des organes de la génération proprement dits chez les oiseaux et les ophi- diens. Cette fausse verge, qui se trouve aussi chez les sauriens, est toujours composée de deux corps symétriques, parfaitement semblables l'un à l'autre, et qui occupent de chaque côté de la queue l'espace laissé par les apophyses transversaires et épineuses inférieures. Chacun de ces corps est formé par un prolongement de la peau de l'anus qui, descendant sous la queue, forme un cylindre plus ou moins long et fermé de tous côtés. Enveloppé extérieurement d'une membrane tendineuse et d'un nmscle assez prononcé , ce cylindre est garni à la face interne de nom- breuses appendices, tantôt molles tantôt dures, tantôt serrées et peu développées, tantôt volumineuses, éparses et sous forme de piquans : ce cylindre , se rétrécissant ensuite , les piquans pren- nent la forme de rugosités, ses parois augmentent en épaisseur, 40 DES ORGANES DE LA GENEllAïrON. et sa structure offre tle Tanalogie avec le corps caverneux du pénis (les classes supérieures du règne animal ; enfin à une dis- tance d un ou de deux pouces de l'anus, ce corps se termine en un muscle conique et tellement alongé, quil s'étend quelquefois jusque vers le bout de la queue. L'appareil que nous venons de décrire, en sortant lors de la copulation, se retourne connue le doigt d'un gant, et ce n'est que dans cet état, que l'on observe sa face interne hérissée de piquans et devenue alors externe. La forme de ces organes varie dans les diverses espèces d'ophidiens, tant par leur volume que par leur longueur ; mais aucune espèce ne les présente dune configuration aussi singulière que le Coluber canus du Cap, dont les fausses verges sont extrê- mement alongées, garnies de très petits piquans serrés, et chacune parfaitement divisée, en sorte qu'il y a deux fausses verges de chaque côté ou quatre en tout. On observe à la même place chez les femelles des ophidiens, une poche , appelée poche anale; elle est formée par une membrane blanche, élastique et très tenace, dont la face interne sécrète un fluide fétide, sentant fortement l'ail : attaqués les serpens font jaillir ce fluide par les issues de ces bourses à côté de l anus. J ai trouvé des organes absolument semblables chez les mâles de plusieurs espèces; ils sont alors moins déve- loppés et situés au dessous de la fausse verge; mais dans un orand nombre d'ophidiens ce sexe en est privé ou ces bourses sont remplacées par une petite poche, creusée de chaque côté de la base de la queue , dans la cavité anale même. Les organes de 1k génération proprement dits des ophidiens se trouvent toujours dans la cavité abdominale: occupant la région des hypocondres en avant des reins ,les testicules et les ovaires se font également remarquer par leur forme effilée et comprimée et par leur position, qui n'est pas symétrique comme dans les autres animaux. Ils sont renfermés, ainsi que les reins et les parties inférieures de l'intestin, dans des enveloppes du péritoine, membrane qui est souvent teinte, DE LA DEOLUTITION. 47 dans la région lombaire, crime couleur noire, comme cela a lieu chez beaucoup d'autres reptiles et chez plusieurs poissons. Les ovaires contiennent un assez grand nombre d'œufs , dont la grandeur varie, et que l'on trouve disposés sur deux rangées. L'oviducte, pour recevoir les oeufs, a son bout antérieur élargi et terminé par un bord frangé j ce canal descend tout droit vers l'anus et donne , par une issue assez spacieuse, dans le fond du cloaque, au dessous de la valvule qui sépare cette cavité du rectum. Les testicules, de forme variable chez les diverses espèces d'ophidiens, présentent une teinte moins foncée que les reins. Les vaisseaux déférens sortent de la face interne du testicule; en faisant de nombreux petits replis, ils descendent le long du bord externe des reins, et se collent dans toute leur étendue aux uréthères: se rapprochant sur le dos du cloaque, ils pénètrent les parois communes de cette cavité et des uréthères , et s'ouvrent dans l'embouchure de ces derniers, qui est indiquée comme nous l'avons déjà dit, par une éléva- tion conique. Ces issues des vaisseaux déférens sont tellement délicates, qu'elles ne deviennent perceptibles que dans les serpens de très grande taille, ce qui rend les recherches ana- tomiques assez difficiles, parce que l'on ne peut ni enfler ces organes, ni passer la sonde, vu leur disposition ondulée. DE LA DEGLUTITION. La manière dont les serpens avalent leur nourriture est assez simple. Us commencent toujours par la tête de leur proie qu ils font entrer dans la gueule: pendant que les dents s'accrochent d'un côté dans la proie pour la retenir, la mâchoire opposée s'avance, et les dents s'engageant dans la victime, la retirent dedans: au moyen de ce jeu alternatif des mandibules, pendant /f8 DE L\ DJciKSTION. lequel linférieure joue plus parliculièrenieut le dernier rôle , la déglutition est effectuée après des efforts plus ou moins grands suivant le volume de la proie ; c'est aussi dans cette même raison que s écartent les mâchoires, pour rendre la gueule plus spacieuse: durant cet acte, le serpent dégorge une salive abondante sur sa proie, qu'il rend par cela glutineuse, et plus facile à avaler. Quelquefois l animal qu'ils veident dévorer étant trop volumineux , ils ne viennent à bout de le faire entrer totalement dans leur gosier qu'au bout d'un temps considé- rable; les serpens trouvés dans cet état, offrent un aspect hideux: le dégoût qu ils inspirent alors, augmenté par les odeurs méphitiques qu'exhale le cadavre de la proie déjà attaqué par la putréfaction, a donné lieu à de nombreuses fables, que les poètes n'ont pas laissé d'embellir. La déglu- tition se fait de la même manière chez tous les serpens que l'on a observés sans en excepter les venimeux qui lors de cet acte , redressent leurs crochets et les cachent dans la gaine des gencives, pour ne point les exposer à des injures f i). DE LA DIGESTION. La digestion se fait assez lentement , nonobstant TactivUé du suc gastrique des serpens : il paraît cependant que ce lluide n'est sécrété en abondance que dans les régions de lestomac situées près du pylore; car les animaux que l'on retire du ventre d'un serpent sont toujours décomposés à leur bout inférieur, tandis que les parties qui se trouvent plus vers l'œsophage, n'offrent pas la moindre trace de putréfaction: (i) Voir pour la déglutition des serpens les recherches de M. Dugès , insérées dans les Ann, d. jc. nat. 1827 XII p. 362, suiv. DES ()K(^. DE \A ClllCliLATJON. 4îi ^ ai vérifié ce l'ait, observé par M. LeirA ^i), sur uir grarnl nombre d'espèces exotiques. Dans la captivité, les serpens rejetent par la bouche les matières indigestes, telles que les plumes, les poils etc.: cette propriété leur est commune avec la plupart des oiseaux. Lorsqu'on poursuit un serpent qui vient d'avaler sa nour- riture, il la dégorge souvent pour se rendre plus alerte à fuir (2): ce fait a été également observé chez plusieurs oiseaux (3). DES ORGANKS DE LA iMRCLLATION, Le cœur des ophidiens, le plus souvent de forme alongée, se fait remarquer par sa position écartée de la tête : il se trouve quelquefois à la fin du premier quart de la longueur totale du tronc. On lui reconnaît deux oreillettes spacieuses et séparées l'une de l'autre par une cloison memljraneuse; le ventricule au contraire est imparfaitement divise en deux cavités assez étroites, par une cloison naissant de la base du cœur et se confondant dans les fibres charnues de cet organe: les parois des oreillettes, quoique charnues, sont minces; celles du ventricule ont une épaisseur considérable, notamment sur le c^té gauche de cette partie, qui s'étend en forme d'appendice conique sous l'oreillette gauche. Chaque oreillette communique avec le ventricule par une ouverture assez large, mais susceptible d'être fermée au moyen d'une valvule. L'oreillette droite reçoit toutes les veines du coTpi qui forment, a l'exception de la Jugulaire gauche, avant de (1) p. 48. — (2) Note comniuniquée par M. Diepcrink à Pai'?i- marîbo; voyez aussi Lenz. /. t\ — i'i) Les stercoraires , l«»s inoueltes , les hiioDclelies de mer, etc. 4 50 ])i:S OIUJANKS perforer les parois de l'oreillette, une espèce Je sac plus ou moins long et qui offre, outre les tuniques ordinaires, une tunique musculaire bien prononcée: deux grandes valvules servent à fermer l'entrée commune des veines dans cette oreillette. Le sang parvenu dans la chambre droite du ven- tricule, est chassé dans l'artère pulmonaire, dont l'embou- chure offre deux valvules ; comprise à sa base dans le tronc commun des aortes , cette artère se courbe au dessous de l'aorte gauche et se rapproche, en s'éloignant de celle-ci, du poumon, dont elle borde la face postérieure avant de pénétrer dans l'intérieur de cet organe. Une seule veine pulmonaire, perçant le poumon en arrière de l'artère du même nom, rap- porte le sang oxydé dans l'oreillette gauche , qui est de forme conoïde et moins spacieuse que celle du côté droit. Le sang oxydé, après avoir passé dans la cavité gauche, est poussé vers le côté droit, où se trouvent les embouchures des deux aortes, dont chacune offre deux valvules semicirculaires , même lorsque ces endjouchures sont réunies en une seule, comme je )'ai observé plusieurs fois. Nous avons déjà dit que toutes les artères naissent d un même tronc, dont elles creusent pour ainsi dire l'intérieur; les artèrescependant sont le phis souvent séparées l'une de l'autre par des cloisons qui, quoique chacune serve à la fois de parois à deux vaisseaux voisins, empêchent que le sang qu'elles conduisent, puisse se mêler avant d'entrer dans le cœur. L aorte droite, beaucoup nioins grosse que la gauche, se divise, à peu de distance de sa sortie du tronc commun des artères, en plusieurs branches , qui seules pourvoient de sang le cou et la tête ; se cour- bant ensuite en arrière, elle descend derrière le cœur pour se réunir avec l'aorte gauche, qui a suivi de l'autre côté un chemin semblable. Cette grande artère descend ensuite tout le long du corps, et ne se perd qu'à 1 extrémité de la queue; elle pourvoit dans son cours les organes environnans : après avoir donné naissance aux artères intercostales, elle envoie des DE LA CIRCULATION. 51 branches à l'estomac et an foie, aux organes de la génération et aux reins; l'artère mésentère naît à-peu-près vis-à-vis du pylore, et il y a plusieurs autres branches qui se distribuent sur le canal intestinal. L'aorte droite envoie vers la tête, avant de descendrederrière le cœur , une branche considérable, appelée par Cuvier artère collaire (ij: cette branche après avoir fournie les artères intercostales du cou , pénètre les muscles fléchisseurs de la tête , où elle se perd. Les carotides naissent du tronc de Taorte droite près de sa base: s'éten- dant le long de Tœsophage, elles se dirigent vers la tête, dans laquelle elle pénètrent après s'être divisées en de nombreuses branches, qui pourvoient de sang les organes situés à l'exté- rieur de la tête. Cette disposition des carotides, décrite d'après le Boa constrictor, est loin de se trouver la même dans les autres serpens, qui n'offrent ordinairement qu'une artère carotide unique (2) , celle du côté gauche; cette artère fournit à elle seule tout le sang de la tête de sang. Les carotides envoient une petite branche à la glande thyroïde, et d'autres branches aux organes renfermés dans la cavité du cou. Deux veines jugulaires, accollées aux carotides ou descendant le long de l'œsophage, rapportent le sang de la tête au cœur. J'ai observé chez un Boa constricteur trois veines impaires sortant de la colonne vertébrale: la première près de la tête, la deuxième vers le milieu du cou, la troisième dans la région abdominale ; il est évident que , pour se rendre au cœur, la dernière veine monte, tandis que les deux autres descendent. La veine qui transporte le sang des parties postérieures de l'animal, se divise pour former les deux rénales qui bordent dans toute leur longueur la face interne des reins, dont elles reçoivent un grand nombre de petites branches; après avoir donné naissance à la veine cave, la branche du côté droit se (i) Arleria verlebralis, Schlemm, I. 1. — (2) L'arlèie carotide commune de Cuvier ; arteria cephalica de Schlemm, 52 DK LA RKSPIKATION. réunit à celle du côté gauche pour former une grosse veine; c'est la veine cave inférieure , qui pénètre dans le parenchyme du foie , pour recevoir le sang apporté par la veine porte ; en sortant de l'extrémité supérieure du foie, qui s'avance en pointe, cette veine cave parcourt une petite distance et entre comme partie principale dans la formation de ce sac veineux décrit plus haut, qui communique avec l'oreillette droite, et dans lequel plusieurs autres veines donnent: on ohserve de fortes valvules à l'embouchure de chacune de ses veines (i). Le cœur des ophidiens porte constamment à sa face supé- rieure une glande conglomérée, plus ou moins développée et entourée de plusieurs autres glandes de forme et de nombre très divers selon les espèces : cette première glande a été regardée par plusieurs anatomistes comme l'analogue du thymus; d'autres , et je suis de ce nombre , l'ont comparée à ia thyroïde (2). DE LA RESPIRATIOIV. Pour se faire une idée juste de la respiration des ophidiens, il faut examiner avec attention un serpent dans l'état de repos. On observe alors que le tronc se contracte et se dilate alternativement par le jeu des côtes , et que ce (ij La description des organes de la circulation a été en majeure partie dressée d'après le Boa constricteur : consultez pour des détails ulté- rieurs, les travasîx de Cuvier Leçons d' anat, comparée^ vol, 11; Schlemm dans TiEDEMANN Zeitschrift vol, U P. l PL 7, Retzius Schwed. Verhandl. i83o et Isis i832, /?. 5a4suiv; Meckel «Vj^Ye/w. koI, F p, '218 suiv. — (2) Consultez l'excellent mémoire de M. Haugstedt, intitulé Thymi descriptio ^ p. 162 suiv. DE LA RKSPlllATK^N. .>3 iiiouveineut se répète avec lenteur et à intervalles réguliers; maison observe également, que les narines restent fermées durant cet acte, et ne s'ouvrent qu à des intervalles beaucoup plus éloignés, entre lesquels le corps se contracte souvent jusqu'à une trentaine de fois: il résulte de ces observations, que les poumons des ophidiens ont, outre leur fonction ordinaire, celle de servir de réservoir à l'air atmosphérique; ce réservoir rempli par une seule inspiration , contient une quantité suffisante d'air pour que l'oxydation du sang puisse se faire par les contractions des poumons, sans nécessiter une nouvelle inspiration, qui ne suit que lors de l'expiration de l'air contenu dans le poumon, et dont l'oxygène a été totalement absorbé. La structure des poumons des ophidiens prouve à 1 évi- dence ce que nous venons d'avancer : elle est notamment remarquable sous deux rapports, d'abord parce que le poumon se termine ordinairement en une vessie ou un sac sans cellules, formé simplement par une production de la membrane séreuse, enveloppant le poumon; et en second lieu, parce que les rameaux les plus considérables des conduits aériens s'ouvrent dans l'intérieur de la cavité du poumon même: par cette première disposition le poumon des ophidiens devient un réservoir assez spacieux poui- contenir un volume d'air suffisant à un grand nombre d'inspirations; par la seconde, l'air contenu dans ce réservoir peut être chassé dans les cellules, par des contractions du thorax, sans qu'une nou- velle inspiration soit nécessaire. La configuration du poumon subit de nombreuses modifi- cations dans les différentes races d'ophidiens. La fi)rme de cet organe est ordinairement celle d'un sac simple, conique et s'étendant depuis le cœur vers les régions inférieures de l'es- tomac, où il se ternnne en une poche membraneuse. La trachée, composée d'un grand nombre de demi-a:meaux qui sont réunis antérieurement par une membrane, aboutit 54 DE LA RKSPllUTION. clans la naissance du poumon par une ouverture coupée obliquement ; cet organe se divise cependant plus ou moins parfaitement en deux bronchies chez les boas^, chez la plupart des t o r t r i x , des d i p s a s et chez plusieurs autres ophidiens, où l'on aperçoit le vestige d'un second lobule du poumon, quelquefois de moitié aussi grand que celui de l'autre côté. Les cellules aériennes de la cavité pulmonaire s'étendent chez plusieurs ophidiens, sur la membrane qui réunit les anneaux de la trachée artère, de sorte qu'elles occupent quel- quefois cette membrane dans toute sa longueur; il y a d'autres^ espèces, où cette membrane assez dilatée renferme un nombre de cellules aussi considérable que le poumon même; chez le Xénodon sévère, chez les serpens venimeux proprement dits et chez d'autres ophidiens , cette membrane élargie en sac assez spacieux, contient à elle seule toutes les cellules aériennes, de sorte qu'il résulte de la disposition particulière du poumon un déplacement complet de cet organe qui, con- trairement à ce que l'on observe chez les autres ophidiens, est situé en avant du cou entre la glotte et le cœur. La disposition des organes de la respiration chez les serpens de mer est encore plus extraordinaire: dans I'h y dro phis colubrin la trachée artère se prolonge jusqu'aux hypocondres , où elle se termine en un sac membraneux qui s'étend jusqu'à une distance de deux pouces de l'anus ; mais au lieu d'une membrane qui réunit les anneaux de la trachée, c'est le pou- mon qui enveloppe ce tube dans toute sa longueur. Chez I'h Y D r o p II I s p E L A M I s la trachée artère s'enfle dès son origine pour se rétrécir vers le cœur , forme un canal très étroit, et descend derrière l'estomac pour s'élargir de nou- veau en un sac très spacieux, dont le bout s'étend jusqu'à l'anus, en se logeant entre les apophyses épineuses inférieu- res de la queue; les cellules aériennes chez cette espèce sont beaucoup moins nombreuses que chez la précédente, quoi- qu'elles bordent la trachée depuis son origine jusqu'au point DU CiaWEAl] ET DES Mail S. 55- ou elle forme cet nppeiulice spacieux. , qui tient probaMe- inent aussi lieu de vessie natatoire. Cette disposition diverse des organes de la respiration variant même chez les différentes espèces des ophidiens , prouve à l'évidence , que la forme de ces organes est de peu d'importance pour l'exercice de ses fonctions , et que l'on a eu tort de tirer de ces anomalies de forme, des caractères pour la classification des serpens, ou de regarder les espèces dont le poumon est divisé en deux lobes, comme consumant un volume plus considérable d'oxygène, et comme étant par conséquent d'une organisation plus parfaite. Les cellules aériennes principales sont quelquefois sup- portées par des rubans cartilagineux et étroits, qui se perdent dans les petits tuyaux formant cette partie du réseau pulmo- naire, où a lieu l'oxydation. Le bout supérieur du larynx est surmonté par les deux cartilages aryténoïdes, qui lais- sent entre eux une simple fente longitudinale, la glotte: cet appareil simple, mu par deux paires de muscles, représente chez les ophidiens , l'organe de la voix qui ne consiste qu'en un sifflement plus ou moins aigu , produit par l'air chassé des poumons. Cette ouverture correspondant avec l'ouverture intérieure des narines, est plus ou moins rapprochée de l'ex- trémité du museau, suivant que l'espèce fréquente les eaux ou la terre. DU CERVEAU ET DES NERFS. La petitesse du cerveau des ophidiens devient particu- lièrement sensible lorsque, en choisissant des espèces où les or- ganes de la manducation ont acquis nn grand développement , on compare le volume de cet organe à celui de la tête. En avant, les deux hémisphères se prolongent en se rétrécissant, dans le 5() DE LOnOKAT. lobule olfactif, de sorleque cette partie est portée sur un assez long pédicule ; on observe à leur face postérieure les lobes optiques, assez grands et passant au dessous des hémisphères pour se diriger vers l'œil et former le nerf qui porte le même nom. Le cervelet, petit organe situé derrière les lobules optiques, est presque d une venue avec la moelle épinière , et n'offre qu'un renflement peu considérable (i). L'extrême délicatesse des nerfs de la tête rend 1 examen ^' ces parties assez difficile. Outre les nerfs olfactif, optique cl auditif, on distingue particulièrement le nerf de la cin- quième paire qui envoie ses branches, de même que chez l'homme, à l'œil, à la mâchoire supérieure et à l'inférieure. Le grand nerf sympathique s'entrelace sur tant de points avec les nerfs vagues, qu'il est impossible de tracer avec certitude son origine. Quant aux facultés intellectuelles, les ophidiens se trou- vent évidennnent au même degré que les animaux des deux premiers ordres de la classe des reptiles. On a souvent exagéré la force de régénération dont les organes des ophi- diens sont doués; mais il est peu probable qu'elle soit plus grande que chez les Sauriens ou les Chéloniens ; ce qui est certain, c'est que, lorsqu un membre tel que la queue a été mutilé, il ne se reproduit jamais. 1>K L'OaiORA T. Les serpens n'ont pas l'odorat fin; aussi l'étendue de la membrane muqueuse du nez est-elle peu considérable, vu la 'ï^ Voir: Sy.^v^-es^ Jnat. comp. du cerveau, Allas PI ^^Jig. l'iGet 127; lii et i'33. fig. du cerveau du Naja liaje , de l'aspic et de la vipère fà raies parallèles?) DF LOI IL. 57 conformation snnple des conques. La cavité du nez est plus ou moins spacieuse , suivant les diverses races. Les narines varient extrêmement d un genre à lautre, soit par leur posi- tion, soit par leur forme ou leur grandeur. On peut établir comme règle constante que les espèces purement aquatiques offrent des narines petites , dirigées vers le ciel et le plus souvent susceptibles d'être fermées au moyen d'une valve; tandis que les narines des espèces terrestres ou de celles qui habitent les arbres, sont ordinairement latérales et assez ouvertes. Chez les serpens fouisseurs, ces orifices se présen- tent presque toujours sous la forme orbiculaire et se distin- guent par leur petitesse; elles sont de forme semblable, quoique plus ouvertes, chez les serpens pélagiques, mais les Homalopsis en ont qui offrent une fente transversale en forme de croissant. On observe chez les Trigonocéphales et les Crotales , sur les côtés du museau, derrière les narines, une large cavité dont l'usage n'a pas encore été reconnu , mais que l'on peut, selon toutes les apparences, considérer comme une cavité accessoire du nez. Cette cavité , creusée dans la surface supérieure du maxillaire, est revêtue d'une espèce de membrane muqueuse: elle offre de petits trous pour le passage des nerfs, et reçoit probablement une portion du fluide sécrété par les glandes voisines. M. Home(i), qui a traité ce sujet, dans un mémoire spécial, suppose que ces cavités sont analogues aux larmiers de certains ruminans. I>E L'Œil.. Nous avons déjà fait mention plus haut de la diversité de (i) A p. RussEL app. oH DE L'OEIL. la position de I œ i 1 chez les différentes races d onliidieris , du volume de cet organe, de la forme de la prunelle etc. ; nous avons également constaté que les tégumens extérieurs revêtent Toeil tout entier, mais que ces tuniques sont sur cet endroit extrêmement minces, diaphanes, et se présentant sous la forme d'une lamelle hémisphérique , adhérante aux plaques qui composent le tour de l'orhite : il est évident que cette lamelle comme partie intégrante de la peau, se renouvelle lors de la mue, et que l'ancienne lamelle est rejetée avec l'épiderme. Le globe de l'œil , le plus souvent de forme orbiculaire, est revêtu à sa face antérieure de la conjonctive qui , se repliant sur elle même, forme une cavité dans laquelle sont versées les larmes, selon les observations de M. J. Clo- quet (i). La cornée est assez épaisse et offre un segment à-peu- près de la même périphérie que la sclérotique; cette dernière tunique, également épaisse et très tenace, n'est supportée ni par des os ni par des cartilages: ses deux faces sont teintes d'un brun assez foncé ; on observe au fond du globe de l'œil un trou orbiculaire pour Tentrée du nerf optique, qui perfore obliquement la substance de la sc^lérotique. A sa surface externe s'attachent les muscles du globe de l'œil, dont le nombre est comme à l'ordinaire de six. La choroïde, d'un tissu peu serré, a ses deux faces couvertes d'une pig- ment foncé. La ruischienne est assez développée. L'nis a une étendue considérable: la couleur qu'elle présente, varie d'une espèce à l'autre. La rétine, passablement épaisse, n'offre rien de particulier. L'existence des lames de la tunique vi- trée ciiez les serpens n'a été démontrée que très récem- ment (2). La lentille crystaUine , de forme sphérique, s'enfonce (1) Mém, du Mus. FU p. 62 suiv. voir aussi Mùller dans Tieue- MANN Zeitschr, IF. I PL igjig 14. — (2) Voyez rexcellente analomie du Python à deux raies, publiée par M. Retzius : l.sis lS^'i p, J12 suiv. DK L'OREILLE. 59 (le plus de la moitié clans rimmeur vitrée, qui est peu volu- mineuse. DE L'OREILLK. La structure de l'oreille démontre que les ophi- diens ont l'o u ï e plus dure que la plupart des autres animaux de la classe des Amphibies. L'osselet de l'oreille étant enfoncé dans les chairs , vu le manque total de tympan , il s'en suit que les sons ne peuvent pénétrer dans l'oreille même qu'après avoir fait vibrer cette cuirasse épaisse que forment chez les ophidiens les tégumens généraux: cet osselet, appelé par CuviER l'étrier de l'oreille , quoiqu'il représente les trois osse- lets de l'oreille des animaux d'un rang supérieur, est en forme de fil qui se prolonge ordinairement d'un côté jusqu'à l'articulation de la mâchoire inférieure; tandis que l'autre bout est élargi en disque pour fermer la fenêtre ovale. Immédiate- ment derrière cette entrée de l'oreille intérieure se trouve une autre ouverture représentant , comme il a été constaté par M, WiNDiscHMANN , la fenêtre orbiculaire. Le même savant a observé que la structure de l'oreille interne des ophidiens se rapproche de celle de tous les sauriens qu'il a examinés ; c'est à dire qu'on leur reconnaît un organe de forme ovale, appelé anneau cartilagineux et destiné à recevoir le nerf de l'ouïe , qui se distribue à sa surface : ce nerf forme d un côté un renflement assez considérable, appelé lagena à cause de la configuration de cette partie qui ressemble à celle d'une bouteille: voir Windischmann , PL 2 fig. 12: organes de l'oreille interne d'un Dipsas. (;o DKs te(;lmi:\s. Les léguincMis généraux des ophidiens , pour résistera l'influence des élémens et aux (causes mécaniques extérieures , loruieut une cuirasse très épaisse qui revêt tout le corps de l animal et qui est munie d'un épidémie souvent assez dur et corné. Pour obéir aux mouvemens de l'animal et à l'extension des parties par laquelle est produit l'agrandissementdu volume du (oips, il fallait que cette peau iïit divisée en un grand nombre de compartimens , séjjarés par des intervalles, de sorte qu'il résulte de cette construction autant d'articulations susi;eptibles tl être rapprochées et éloignées les unes des autres. Ces conqiartimens saillans, qu'on appelé écailles lorsqu'ils sont petits, lames ou plaques dans le cas opposé, sont lormes par des couches de tégumens beaucoup plus épaisses que celles des intervalles, qui offrent au contraire une peau d'une organisation plus délicate, fortement contractée dans l'état de repos de l'animal et revêtue d'un épidémie très nnnce, peu transparent et mou. Il est évident que ces der- nières parties ne paraissent à 1 œil que lors de la dilatation du corpsde l'animal: cachées presqu(^ continuellement par les boids des écailles , et privées de lumière, elles sont constam- ment d'une couleur blanchâtre , et ce n'est que chez, quelques IVopidonotes , que le tissu muqueux de ces parties est teint , sur la région du cou, d'un beau rouge vermillon, I! n'en est pas ainsi de cette portion du tissu muqueux qui entre dans la formation des écailles , et qui brille le plus souvent de tout léclat de larc-en ciel , éclat plus ou moins vif suivant la nature de l'épiderme corné et transparent dont toutes les écailles sont revêtues: voilà, pourquoi plusieurs serpens et notamment ceux du genre Dendrophis présentent un système de coloration assez uniforme, quoique leur tissu muqueux soit orné des plus jolies teintes; il est également clair que les teintes des serpens doivent changer vers le temps de la DKS TÉCIMENS. Gl mue , où l^épiderme se ternit en se détacliaiît in.sensll)!enieTit «les couches intérieures de la peau: ne laissant passer alors qu'imparfaitement les rayons de la lumière , elle les refléchit dans un sens divers d'écullles dont <*hacune de ses cotés «\st Garnie; les Acro- ehordes enfin ont une crête saillante qui règne le long de l'abdomen hérissée de très petites écailles mucronées ; et des écailles semblables recouvrent toutes les parties de leur corps. Les lames écailleuses du dessous de la queue ne forment une seule rangée mitoyenne que chez les Boas, l'Éryx et plusieurs autres ophidiens; la plupart des autres animaux de cet ordre ont cette partie garnie d'une double rangée de plaques et c'est de cette différence que dérive l'expression de plaques divisées , en opposition de plaques ou de bandes simples. La tête des ophidiens est très rarement i^^îvêtue d'écaillés semblables à celles du corps; on y distingue toujours plusieurs lames plus grandes que les autres, garnissant les divers organes placés dans le crâne. La plupart des serpens ont même la tête munie de plaques de forme plus ou moins déterminée et symétrique , toujours à surface unie, mais dont l'arrangement et la configuration sont sujettes à d'innomb» ables modifica- tions. Comme la conformation de ces lames écailleuses offre des caractères faciles à saisir, on s'en est servi pour en tirer des traits distinctif, ce qui a donné lieu à une nomenclature, inventée tout exprès pour désigner ces organes suivant les régions qu'ils occupent. Les plaques des Couleuvres propre- ment dites étant celles qui offrent le plus de symétrie dans leur disposition, on peut les regarder comme forme normale; toutes les autres paraissant modelées sur ce type , il est facile d'y rapporter les nombreuses modifications qu'elles éprouvent soit par excès soit par défaut. Les plaques qui revêtent les parties immobiles du crâne, comme celles du sommet de la tête, jouissent d'un mouvement très limité ou nul. La peau qui entre dans leur formation est très mince et le plus souvent collée au crâne. On observe très générale- ment sur le sommet de la tête une plaque impaire, la 5 G(i DES TÉGIIMEJNS. verticale, qui offre pour ainsi dire un cenire immobile, autour duquel se rangent les autres lames écailleuses: ordinai- rement en pentagone dont la hase regarde le museau , cette plaque est tantôt très effilée, tantôt extrêmement ramassée selon la forme générale de la tête, et elle affecte la forme trigone hexagone ou même lancéolée suivant la nature des lames ou qui l'environnent; elle est de configuration irrégulière chez plusieurs Boas, ou même divisée en deux par une suture lon^^itudinale : chez d'autres ophidiens son volume se réduit tellement qu'elle cesse de se distinguer du reste des écailles. Cette plaque est le plus souvent suivie d'une paire d'autres lames, appelées o ce ipi t al es, d'une configuration se rap- prochant de celle du trapèze, mais très diverse selon les «yenres et même selon les espèces : ces lames se touchent toujours par leur bord interne, et ce n'est que chez le Tortrix scytale et le Xénopeltis que , placées vers les côtés de la tête, elles reçoivent une plaque mitoyenne surnuméraire, et se confondent parmi les écailles du tronc. Les occipitales n'existent jamais que conjointement avec la verticale: elles sont très petites chez plusieurs espèces des genres Dipsas, Xénodon, Homalopsis , flydrophis, Tortrix, Boa etc.; on n'en voit que des vestiges dans le Trigonocéphale cenchris, et elles sont remplacées par de petires plaques de forme très irrégulière chez plusieurs Boas. Les surciliaires sont une paire de plaques placées à côté de la verticale , et protégeant le dessus de l'œil; elles débordent presque toujours l'orbite , formant une voûte tant soit peu mobile , au dessous de la quelle le globe de l'œil peut librement exercer les mouvemens limités dont il jouit. Leur forme et leur étendue varient à l'infini: tantôt convexe tantôt échancrées à leur bord externe , le plus souvent voû- tées et quelquefois planes, elles sont relevées dans l'Acan- thophis, tandis que leur surface se trouve chez les autres DES TEGIJMENS. (w ophidiens dans le même plan avec le sommet de la lête. Elles sont placées très en arrière chez plusieurs Tortrix , et fondues dans la masse de la plaque oculaire unique chez le Tortrix scytale. Existant même dans beaucoup de serpens dont la tête est dépourvue de plaques, elles sont remplacées chez d'autres par un tour de petites écailles. Deux paires de plaques, les frontales antérieures et pos- térieures , revêtent, chez la plupart des ophidiens, le sommet du museau. Leur forme est en grande partie déterminée par les bords latéraux de cette partie , de sorte qu'elles sont effilées chez les Dryiophis, trapues chez les Dipsas etc. Les antérieures le cèdent en étendue aux postérieures: celles-là sont quelquefois très petites , comme chez plusieurs espèces des genres Lycodon, Dipsas, Elaps, Homalopsis etc. ; chez d'autres Homalopsis elles sont réduites à une seule paire, enchâssée entre ou derrière les nasales, qui viennent occuper leur place; chez les Hydrophis, les Tortrix et les Calamars proprement dits, elles disparaissent totalement, et on ne voit alors qu'une seule paire de frontales. Leur nombre est au contraire plus élevé chez d'autres ophidiens , comme chez plusieurs Boas, le Trigonocéphale hypnale, l'Hétérodon , THydrophis colubrin ; chez d'autres Boas, elles sont rempla- cées par de petites plaques de forme irrégulière , qui se confondent parmi les écailles. Les modifications qu'éprou- vent les formes de ces plaques dans les diverses races d'ophidiens sont nombreuses, comme on peut le voir, en examinant les figures de nos planches. Le museau des serpens est toujours terminé par une plaque plus ou moins développée, et constamment échancrée en dessous , pour recevoir le bout de la mâchoire inférieure. La conformation de cette plaque rost raie varie suivant son usage. Le plus souvent en pentagone, dont la forme est déterminée par celle du museau, elle est large et très bombée chez la plupart des ophidiens; chez d'autres, tels que les es DES TÉrj .MENS. Hét<*ro(lons, le Naja liaemacliaie, l'Ervx , plusirnrs Trigoiio» céphales etc. , elle est obliquement tronquée en dessous ; chez les Dryiopbis enfin , elle entre clans la formation de Vappendice mobile dont le museau de ces animaux est pourvu. On nomme labiales les plaques qui garnissent le bord des lèvres ; elles sont le plus souvent disposées sur une seule, quelquefois sur deux ou plusieurs rangées, ou plutôt on voit plusieurs plaques surnuméraires, enchâssées entre ces plaques labiales: ce cas a lieu chez les Hydrophis , chez plusieurs Honialopsis etc. Le nombre , la configuration et la disposi- tion de ces plaques sont très variables et l'énumération de ces disparités rentre par conséquent dans la partie spéciale de mon travail ; on peut cependant observer que celles de la lèvre supérieure vont en diminuant vers le bout du museau , chez la plupart des serpens , ce qui a en quelque sorte lieu dans im sens inverse à la mâchoire inférieure. Il arrive le plus souvent que les labiales supérieures forment le dessous du bord de l'œi!. Cet organe a alors ses bords latéraux garnis de plusieurs petites plaques, qu'on désigne sous le nom d'oculaires. Beaucoup dOphldiens nen offrent qu'une antérieure unique, tandis que le nombre des postérieures varie de deux à quatre, selon les espèces: quelquefois elles se prolongent au dessous «le l'œil, et chez beaucoup de serpens à tête revêtue d*é- cailles, elles sont petites et forment une rangée entourant l'œil dans toute sa périphérie. Chez le Tortrix scytale, toutes les plaques marginales de l'œil sont fondues en une seule, au «entre île laquelle est placé cet organe. Il arrive rarement que les narines percent la plaque nasale sans la diviseï' verticalement en deux ; ce cas a cepen- dant lieu chez plusieurs espèces des genres Tortrix, Boa, Elaps et chez la plupart des serpens venimeux proprement dits; quelquef(»is même, comme dans d'aiilres Elaps, les Î)ES TÉGUiAlEi>JS, G9 narines s'ouvienl précisi^inent entre deux plaques de forme diverse, dont on peut regarder la postérieure comme plaque frênaie. La configuration des nasales et leur disposition subit des modifications considérables dans les diverses espèces d'ophidiens: chez les serpens aquatiques, ces lames sont ordi- nairement rapprochées au sonmiet du museau , et tiennent quelquefois lieu des frontales antérieures, comme dans les Hydrophis: mais ordinairement elles occupent lès côtés dn museau, touchant à la rostrale par leur bord antérieur. Elles sont le plus souvent suivies d'une autre plaque , la frênaie, qui s'étend jusqu'aux oculaires antérieures; cette plaque manque cependant dans un grand nombre d'ophi- diens, tandis que sa place est occupée dans d'autres par deux , trois ou plusieurs lames d'étendue et de configuration très diverses. Les lames temporales n existent que conjointement avec les occipitales et les labiales supérieures , entre lesquelles elles sont placées, et dont dépend leur nombre et leur configuration. Nous avons dit plus haut que le bord de la mandibule inférieure est presque constamment garni de lames, dont on distingue la mitoyenne placée au bout et répondant à la rostrale. La seconde paire se prolonge le plus souvent sous le menton , pour se réunir à une ou deux paires de plaques enchâssées entre les labiales, et qu'on désigne sous le nom de mentales. Quoique de forme assez variable , elles man- quent rarement , et leur bord intérieur forme toujours ce sillon profond qui contribue tant à l'élargissement de cette partie de la peau, et que l'on connaît sous le nom de fente g u 1 a i r e. Une terminologie plus étendue pour désigner ces lames écailleuses nous ayant paru superflue, nous concluons ici cette partie de notre travail , rappelant toutefois qu'il est facile de s'y reconnaître, si l'on fait attention que ces termes 70 KORMKS. sont loujouis (lériv(\s de la région qu'occupent les organes: c'est ainsi que Ion nomme écailles gulaii es celles qui se prolongent entre les labiales et les premières bandes abdomi- nales qui, le plus souvent divisées, portent ;i leui- tour le nom de plaques gulaires; la dernière phicju*' abdominale, également divisée et recouvrant lorifice de l'anus, s'appele anale etc. etc. FOU3Ii:S. Les opbidiens diffèrent infiniment entre eux relativement a leur port et à l'ensemble de leurs formes. (]es dernières dépendent en grande partie de leur manière de vivre, delà nature des lieux ou de lélément cpi ils babitent et en consé- c|uence aussi du genre de locomotion qui leur est propre. Les espèces qui fr«'quentent les arbres se distinguent parti- culièrement par leurs formes effilées, tandis que celles qui préfèrent les plaines ou qui se retirent dans des terriers, sont reconnuissables à leur corps ramassé et terminé par une queue très courte; intermédiaires entre ces deux tribus, quant au développement des parties, un grand nombre de serpens préfèrent le sc-jour à terre, mais grimpent et nagent cependant avec plus où moins de facilité ; d'autres enfin , qui se plaisent plus particulièrement dans les lieux humides ou qui ne quittent jamais les eaux, offrent des formes très variées et plus ou moins propres à ce genre de locomotion. Un tronc latéralement comprimé s'observe dans la plupart des ophidiens, mais aucune famille offre ce caractère à un degré aussi saillant que ces serpens d'arbre que nous avons compris dans le genre Dipsas , et les serpens de mer qui ont le ventre plus ou moins complètement en carène FORxMES. 71 afin de mieux fendre les eaux. Les serpens au contraire qui méritent plus particulièrement le nom de terrestres , tels que les Tortrix, les Calamars, les Elaps etc., se distinguent par leurs corps plus ou moins cylindrique. D'autres, tels que les Tropidonotes, également terrestres quoique bons nageurs, offrent un ventre très large et arrondi vers les flancs. Plusieurs Boas ont la faculté de rendre à leur tronc, lorsqu'ils marchent ou pendant la natation , les mêmes formes qu'on observe chez les Tropidonotes ; mais leur tronc devient latéralement comprimé par un mouvement opposé des côtes lorsqu'ils se préparent à grimper ou à se rouler en dedans. Ces changemens de volume du tronc, qui s'opè- rent lors de l'exécution des mouvemens , à un degré plus ou moins considérable chez tous les ophidiens, rend la détermination exacte de leurs formes assez difficile : pour indiquer celles du corps, nous nous sommes bornés à décrire la figure qu'offrent les coupes transversales faites , l'une au milieu du tronc, l'autre à la queue près de sa base, d'où il résulte que les serpens à tronc comprimé présentent une coupe en ovale plus ou moins alongé , qui s'approche chez les Hydrophis de la forme lancéolée; dans les serpens com- plètement terrestres ou à corps cylindrique , la coupe est plus ou moins orbiculaire; les nageurs, ou ceux dont le ventre est large, convexe et le dos allant un peu en carène, ont la figure de cette coupe , triangulaire ou en pentagone 1 angles très émoussés. Cette dernière figure s'observe dans m degré plus parfait chez les serpens où le dessous, plus )U moins applati, est séparé des flancs par un angle obtus: î'est ce qu'on appelé abdomen anguleux. Cette circon- itance a particulièrement lieu dans beaucoup de serpens >rimpeurs ; plusieurs Dendrophis ont même les bords atéraux du ventre garnis d'un angle saillant en forme de :arène. La forme de la queue est encore plus variée que celle 72 FOR-\ir:s. du tronc-: aussi cet organe remplit-il (lc> toncliuiis très di- verses. Excessivement ramassée et cou i te , d'égale grosseur et conique au bout , la queue des serpens fouisseurs sert à secon- der, à diriger les mouveniens du tronc , ou peut-être aussi a fouiller dans la terre, l.n peu plus longue mais très vigou- reuse et conique chez la plupart des serpens terrestres , elle offre un point d'appui solide pour le corps, dont elle supporte tout le poids, lorsque l'animal s'érige et se raidit en bâton. Pour remplir les fonctions de rame et de gouvernail, elle est aplatie dans le sens vertical , courte et de forme lancéolée , chez les serpens de mer; mais cette configuration n'est pas absolument nécessaire pour la locomotion dans les eaux; car beaucoup d autres ophidiens a(|ualiques ont la queue conformée comme d'ordinaire. Quand ce nieiid)re est long et grêle , comme chez les serpens d'arbre , il acquiert , outre ses fonctions ordinaires, celles de se rouler autour des branches, et de capturer ou entortiller dans ses replis les animaux dont ces serpens font leur nouiriture. (À^pendant, une queue prenante proprement dite, c'est à dire celle qui a la faculté de se rouler complètement en dedans, ne se trouve que chez les Boas; plus elle devient courte, plus elle est propre à s'accrocher à un objet quelconque, pourvu qu'elle puisse l'embrasser: elle est alors assez vigoureuse pour soutenir l'animal tout entier suspendu à un seul point Les Boas nageurs n'ont pas la queue différemment organisée et ce n'est que chez les Acrochordes qu'elle devient un pet comprimée. Le bout de la queue est le plus souvent mun. d'une simple écaille soit conique, soit plus ou moins poin- tue ou crochue; cette pointe est convertie en épine dur* chez le Crotale muet ; mais les autres Crotales l'ont pour- vue d'un instrument bruyant tout particulier, souven assez volumineux , quoique ce soit un simple produit dt 1 épiderme. L-d tête n'offre pas toujours des rapports de formes avec FORIMtS. . 73 Jes autres parties du corps. Elle est , par exemple, très grosse et ramassée dans les Dipsas qui cependant ont de même que les Dendrophis, les formes du corps effilées , quoique la tète de ces derniers soit très alongée et grêle. On voit par cela que la forme de la tête se règle plutôt d'après le genre de nourriture des espèces. Celles qui avalent des anin)aux de grande taille relativement à la leur, ont par conséquent une tête grosse dont les parties peuvent se dilater , et c'est l'opposé chez celles qui vivent de vers, d'insectes ou d'animaux de petite taille et à formes élancées. Chez ces der- nières espèces la tête est à peine distincte du tronc, le plus souvent courte , arrondie au bout , et grosse : tels sont les Tortrix, les Calamars, les Elaps etc. Chez les premières au contraire , elle est très large à la base , assez distincte du tronc et conséquemment susceptible de se dilater a\i plus haut degré ; ce qui a particulièrement lieu chez les serpens venimeux proprement dits et chez quelques espèces des genres Dipsas, Xénodon , Boa , Coluber etc. Le m u s e a u achève de déter- miner la configuration générale de la tête ; il est tantôt court et gros, tantôt arrondi ou tronqué , tantôt effilé et pointu. Chez les uns, il se termine en écaille dure et retroussée; chez d'autres il s'alonge en vCne appendice charnue et mobile. Quelquefois, comme dans l'Erpéton, on voitde ces appendices de chaque côté du museau ; mais celles que portent plusieurs Vipères sur la région surciliaire, ne sont que des écailles pro- longées en pointe plus ou moins développée. Le bout du museau déborde toujours la mâchoire inférieure, dont les bords se logent dans ceux de la supérieure , cependant , l'échancrure de la plaque rostrale laissée pour en faire jaillir la langue , empêche que la bouche puisse se fermer Iiermétique- ment, et ce nest que chez les serpens aquatiques proprement dits que les bouts des mâchoires s'emboîtent si exactement que l'entrée de l'eau devient impossible. La position des yeux et des narines dépend du / 1 FORMES. i^^eine tie vie des espèces. Les aquatlcjues oui ces mj^Miics sou- vent assez peu développés, dirigés vers le ciel et par < ousé- ijueiit [)lacés au sommet de la tète ; il en est de njcme chez les Torlrix et plusieurs serpens terrestres : chez d'autres et particu- lièrement chez plusieurs serpens d arbre ils sont larges et plus ou moins latéraux. Les serpens venimeux terrestres otirent tr<'s souventdes narines extrêmement ï)uvertes,el il y a une tamllle entière de venimeux pro])remenl dits, où ces oiganes sont suivis fl'une seconde fosse creusée dans le maxillaiie, et qui parait remplir les fonctions d'un organe d'odorat accessoire. il est l)on dObserver que les fossettes creusées dans le h(ni\ ties lèvres chez plusieurs Boas, ne comnmnicjuent nullement avec lintérieur de la tète, ctnoUVenten consc'fjuence aucune anologie avec celles des Trigonoci'phales et des Crotales. La bouche des ophidiens, plus (mi moins fendue suivant le degré de dilatation dont les parties de la tète sont suscep- tibles et suivant la forme de cet organe, offre tantôt des bords ()ère insensible- ment et qu'elle se répète plusieurs fois chaque année, Il arrive presque toujours que les teintes des f)pliiLiiens s'effacent en jurande partie après la mort ou que, exposées à rinduence des liqueurs fortes, elles éprouvent des cliange- mens plus ou moins marqués. Lenoir, le hrun, le jaune d ocre et plusieurs autres couleurs ternes ne y)er(lent cependant pas toujours même le lustre que réfléchit la surface unie des écailles; au nombre de ces espèces qui conservent leurs teintes après la mort, appartiennent les (ialamaria arcti- ventris et Brac hyorrhos, le Tortrix maculata, le Xénopeltis, le Goronella rufula, les Lycodons hehe et suhcinctus , les (joluber constrictor, Aesculapii «t mclaîinius, plusieurs espèces des genres Naja, Homal()[)sis, \ipment coiilro Il's aiiirosot ian<^*és en pelotons, occuper iIuiks toute leni ét(^n(liie les ovidneles cpii resseinhlcnl alors à un ehnpelet. Jj embryon a tous ses teirurnens sans teintes, et les vetix extrtV nienieiit développés et saillans ; Ja tête est honihét*, le nuiseau rai^Mises , connue dans les espèces vivipares; mais il faut de i^rands t;ffodts ]^/om' rompre I enveloppe coriace des œufs prr)prement dits: trois ou quatre feules hnigitudinales, rapprochées du bout de 1 œuf . uidi(|uent le lieu par ou hr serpenteau s'est t'chappé. ( i). t : ' DEVELOPPEMENT. Les petits au sortir de l'œuf, différent ordinairement de leurs parens, outre leur taille, par un système de coloration plus vif et plus tranché, par une tête plus émousée et plus arrondie, par la grandeur des yeux, et parle moindre déve loppement de l'épiderme et de ses appendices. Au reste, ils sont pourvus de dents parfaitement semblables à celles des adultes, aussi en font ils tout de suite usage, et les venimeux , instruits par linstinct du pouvoir de leurs armes, élèvent et baissent alternativement leurs crochets, et se défendent contre les attaques avec cette fureur, innée à toute leur race. On a .. .(i^iYolr, pour ce qui a rapport au développement tie l'œuf des serpens, rexcelleut Mémoire du professeur Herholdt, accompagné de belles planches: Oicrsii^t xi^'H) — 3o/;. 4 cS suiv, avec /^^. 2. DÉVFXOPPEMENT. 89 iongtemips cru que la queue est, en proportion du Ironc, pins courte chez les jeunes que chez les adultes , et que ce mem- bre offre en conséquence chez ceux-là un nombre moindre de plaques souscaudales. S'il en était ainsi, il faudrait sup- poser qu'il se développe avec l'âge de nouvelles plaques, comme on l'observe chez les Julus; mais comme le nombre des plaques correspond à celui des vertèbres , il faudrait égale- ment supposer la production de nouvelles pièces osseuses , ce qui est peu probable chez des êtres d'un ordre aussi élevé que celui dont nous traitons. D'ailleurs, les recherches que j'ai faites à cet égard, m'ont prouvé le contraire, vu que parmi une grande quantité d'individus, les jeunes n'offraient, quant au nombre des plaques , d'autres différences avec les adultes que celles qui ne sont dues qu auhazard: pour être sûr du fait, j'ai répété ces expériences sur un grand nombre d'es- pèces les plus diverses, et j'ai toujours obtenu le même résultat. Peu de temps après leur naissance, iespetitsophidiens subis- sent la première mue. Cette opération se répète , chez nous , suivant les observations de M. Lenz , cinq fois par an, savoir: tous les mois depuis la lin d'Avril jusqu'au commencement de Septembre ,* d'où il résulte qu'il n y a point de change- ment de peau pendant le sommeil d'hiver. Il serait d'un grand intérêt de savoir, combien de mues subissent les serpens dans les climats tropiques où l'engourdissement n'a pas lieu. Dans la domesticité, une manière de vivre peu propre à la nature des êtres, influe notannnent sur les fonctions de la peau dont l'épiderme ne se renouvelle plus dans des pério- des déterminées et fixes; très souvent alors, cette opéra- tion est assez longue et si pénible, que l'animal souffre beau- coup , ou qu'elle est quelquefois suivie de la mort. Pour rejeter l'ancien épiderme , qui connnence à se détacher par la tête , et notamment le long des bords des lèvres , le serpent s'engage dans les mousses, dans les herbes ou dans les l)ruyères, et parvient, au moyen d'un mouvement progressif lent et continu. \)0 DÉVELOlM^EMtNT. ou (11111 rrolUMiicnl , à se dôbarassor pelll à petil i\v. la Uiiii(jiK- exlrrieiirc (It? sa peau, qui est déjà remplacée en dessous par un épideinjc nouveau. La tlépouille ainsi enlevée se trouve lournée à l'envers d'un bout à l'autre, et présente un sac; à surfaoe réticulée plus ou nioins diaphane, plus large (jue le cor[)s du serpent à cause du dilatenient des intervalles nienibrani u\ , et qui n'otfVe , à l'exception de celles de la gueule et des narines, d autre ouverture (pie lOrilice postérieur du tronc ; car tout le nKJude sait , (|ue la nieni- l)rane hénnspli(*ri(jue protégeant extérieurement le globe de rtx'il , t'ait partie des tégumens extérieurs et tient par consé- (juent à la dépouille rejetée. Cette dépouille, d'abord molb*, se dessèche bienl(jt , et se conserve l'acilenient dans les C!iabi- nets ; mais il arrive rarement de les renc(jntrer entières , vu qu'elles se déchirent souvent pendant l'opération cpie nous venons de décrire. Nous en possédons (|uel(jues-unes qui sont fort belles de plusieurs espèces exoti(jucs, qui prouvent qu(> le dépouillement se fait de la même manièrecheztouslesserpens. Les changemens qu'éprouvent les Ophidiens avant d'avoir ac({uis le terme de leur développement sont encore peu étudiés. Aussi (juelquelois, ainsi que nous l'avons dit plus haut, la livrée des deux sexes offre-t-elle dans les diverses périodes de la vie des différences considérables. Les mâles ont souvent la queue plus grosse et plus longue que les femelles, probable- ment parce que ceux-là ont les organes de génération logé dans une cavité à la base de ce mend)re; les femelles au contraire acquièrent une taille plus forte que les mâles , et leur tronc est alors d un volume plus considérable. On ignore absolument l'âge, auquel parviennent les diverses races de serpens, quoiqu'on puisse leur supposer une vie très longue, comme à tous les autres reptiles; on ignore également si ces êtres ont un terme fixe de croissance ni de quelle durée il est. Il est probable qu'ils grossissent durant toutle temps de leur vie; mais mes observations me portent à croire, que cette DÉVELOPPEMENT. 91 aiigmenlalion de volume a lieu diversemenl dans les diffe- lenles périodes de la vie, et qu'elle est assujeltie aux mêmes lois qui règlent le développement de la plupart des autrt^s animaux vertébrés. Les formes ramassées et arrondies qui distinguent le serpenteau, disparaissent dans les premiers mois de son existence et deviennent plus alongées à mesure ([u'il approche de l'époque de pouvoir procréer; ce terme est fixé chez nous , selon M. Lenz, à la quatrième Année. 11 paraît qu'après cette époque les serpens croissent moins rapidement que dans leur première jeunesse, et que le développement de leurs parties a plutôt lieu par rapport au volume qu'à la longueur: cet âge se caractérise par des traits prononcés et la plénitude des formes. Cependant, avant d'arriver au terme de leur existence, les dimensions ordinaires serpens augmentent quelquefois du double : la grosseur des parties, une tète obtuse et ramassée, et des for- mes vigoureuses distinguent ces très vieux individus, qu'il est cependant assez rare de rencontrer. Beaucoup de voyageurs, et notamment ceux d'une époque plus reculée, parlent de serpens détaille monstrueuse, qu'ils disent avoir rencontrés dans leurs courses dans l'intérieur des terres inter-tropiques , et dont ils font souvent aller la longueur jusqu'à 4o pieds et davantage (i). Quelque soit le pays où ces grands reptiles se trouvent, on leur applique souvent la dénomination de Coa Constrictor, familière à tout le monde, quoique le véritable Boa Constrictor des Méthodes , le cède pour les dimensions de beaucoup à d au- tres espèces des genres Boa et Pydion. Les recherches nombreuses des Naturivlistes voyageurs modernes et instruits ont démenti la plupart des fables qu'on a débitées sur la nature de ces Ophidiens; on sait aujourd'hui que les plus gigan- tesques ne surpassent guère vingt à vingt cinq pieds de (i) Vou notre arfuîe B o À. 92 HABITUDES. longucm lot;ilt*, (juc leur «grosseur n a lout-au-pius (|u«^ scpi j)()iic(\s (!(Mli:imclro , et que les lîolioiis (fiie l'on a sm* (le> espèces d'ime taille plus forte ne reposent que sur les don- nées va^nies des indigènes. Il faut placer au premier rang de tous les serjiens connus, par rapj)ort aux dimensions, le ]3oa nuirina originaire des régions équatoriales de 1 Amérique. Le l^ython à deux raies, répandu dans toute l'Afrique et l'Asie intert^opiques, est dans l'ancien continent le représentant d(; ce Boa, et atteint à-peu-prèsla même taille. Viennent ensuite le Python de Schneider, habitant des Indes, h formes effilées et surjiassant rarement i5 pieds de longueur totale; le Boa constiictor du Nouveau I\Ion(le, cpii joint à des dimensions longitutlinales inférieures, une grossein* considérable; etdin , plusieurs autres Boas, des (Couleuvres, etc. (liiez nous, les serpens vont rarement au-delà d(î cin(| pieds de longueni-, mais dans le midi de IKuiope, il y a une espèce de (Couleu- vre (i) «pli parvient jusqu'à la taille de 8 pieds. HABITUDES. Les ophidiens sont répandus dans tous les pi>ys où se trou- vent les conditions nécessaires à l'existence des reptiles en général. Tout le monde sait que ces animaux à sang froid aiment la chaleur ; que leur nombre diminue par cette raison à mesure que l'on s'approche des régions temptirées ou froi- des, et qu'ils préfèrent par cette même raison les terrains bas et exposés aux rayons du soleil, aux lieux élevés et cou- verts d'une végétation abondante et épaisse. Cependant , il y a niéme chez nous des espèces, communes dans les plaines, qui fréquentent en même temps les pentes des montagnes (ï) c.oLttjBER Q u AT 1 1. 1; A 1)1 A TUS, Ic BoR tk? aDcions Uoujains. HAinTUDKS. 93 jusqi! à une clôvntion tic plusieurs milliers de pieds au-dessus du niveau de la mer. Plusieurs Tropidonoles peuplent, à Java , les sommets solitaires des nombreux volcans éteints dont cette île est hérissée. Mais de loin le plus grand nombre d'ophidiens habitent les terrains bas , découverts ou ombragés , secs ou humides et marécageux. Les uns ne se rencontrent que dans les vastes plaines sablonneuses de l'Ancien Monde; les déserts analogues des deux Amériques, connus sous les noms de Pampas, de Lanos ou des Savannes sont peuplés par d'autres espèces, souvent répandues sur unegrande étendue de terres de ce continent. Un grand nombre de serpens fréquentent les lieux ombragés et se trouvent souvent même jusque dans les forêts les plus sombres, tantôt cachés sous les herbes ou le feuillage épais , tantôt confondus parmi les mous- ses , les lichen ou autres plantes parasites. Plusieurs espèces se plaisent dans les lieux marécageux, parce que c'est lÀ qu'elles trouvent une nourriture abondante et conforme à leurs goûts. D'autres recherchent le voisinage des eaux douces qui leur procurent et les moyens d'existence et un asyle protec- teur contre les poursuites de leurs ennemis; mais ces mêmes espèces se trouvent quelquefois loin de tout lieu humide, tantôt étendues sur un sol sec et revêtu d'une végétation brû- lée, tantôt suspendues aux branches des arbres. Le nombre des serpens qui passent toute leur vie dans les eaux, est très petit, et cette manière de vivre est plus particulièrement pro- pre aux serpens de mer qui peuplent, quelquefois en bandes nombreuses, les parages les plus reculés de notre Globe. Plusieurs espèces d'ophidiens se creusent des boyaux qu'elles ne quittent que pour aller pourvoir à leurs besoins; d'autres s établissent dans les terriers de petits mammifères qu'ils en chassent quelquefois; d'autres encore cherchent un asyle dans des trous d'arbres , sous leurs racines , près des habitations et même jusque dans les maisons , ou c'est tantôt un tas de fumier ou de feuilles desséchées qui leur servent de refuge; 94 HAnrnjDKS x^iilin il on est qm rcchorcliont les ('lKi:iips ou les lieux cul- tives, pour faire la chasse aux insectes et aux petits mollusques (jui abondent dans ces endroits. Ces données démontrent que beaucoup tle serpens ne pn'fèrent tel ou tel lieu , que parce qu il leur offre de quoi subsister, ou parce qu'il réunit toutes les conditions nécessai- res à leur existence: aussi, voit-on souvent les serpens rléserter le lieu ordinaire de leur habitation, dès qu il cesse de leur fournir les moyens de subsistance. Il est vrai (pie ce fait peut être appliqué, avec plus ou moins de modifications, à tous les animaux; mais avec cette différence, que les reptiles, attachés au lieu qui les a vu naître , ne savent pas entrepren- dre ces niii^rations lointaines qui excitent notre admiiation chez les oiseauxetchezplusieurs manmiifères. Le plus souvent, les serpens terrestres ne s'éloignent cju'à de très petites dis- tances de l'endroit où ils se sont établis , et on les trouve presque toujours si proches de leur habitation, qu'ils peuvent la f^agner à l'approche du moindre danger. Beaucoup de serpens vivent en société, et il paraît qu'ils ne se font nuituellement aucun mal: tels sont la plupart des espèces aquatiques, plusieurs (Couleuvres et notamment les serpens pélagiens, qui se montrent quelquefois en bancs inuTienses à la surface de l'Océan. Les venimeux terrestres , au contraire, dont le nombre des individus est infiniment plus restreint, recherchent moins fréquemment la société de leurs semblables, et se tiennent souvent isolés au milieu des lieux solitaires qu'ils habitent. Les serpens ont entre eux plusieurs rapports dans les mœurs et dans les habitudes. Presque tous ont un naturel stupide, timide et farouche; mais réduits à la domesticité, ils contractent bientôt des mœurs assez douces, excepté toute- fois les espèces venimeuses, dont le naturel farouche «mpechede changer leur caractère féroce. Cependant, il existe des serpens tant venimeux qu'inoffensifs, qui ne font presque HAiîrruDf:s. 95 jamais usage do leurs armes pour se défendre eontre leur agresseur : tels sont parmi les premiers , les Hydropliis^et les Elaps, parmi les derniers plusieurs Couleuvres , des Tropidono- tes et d'autres. Cette facilité de s'apprivoiser est particulièrement propre aux plus grandes espèces de la famille des Boas qui , après avoir été pris, ne font jamais mal à qui que ce soit (i). D'autres espèces refusent de prendre aucune nourri- ture, et deviennent les victimes de leur obstination ; mais il paraît qu'au moyen d'un traitement conforme à leurs besoins, on peut parvenir à rendre la captivité supportable à la plupart de ces reptiles. Les serpens venimeux proprement dits, les serpens fouisseurs et plusieurs espèces d'autres genres, ont un naturel très engourdi et tranquille: aussi , leurs mouvemens progres- sifs sont-ils exécutés avec lenteur; mais la plupart des Ophi- diens sont alertes et tous leurs mouvemens annoncent une force et une agilité extrêmes : on a cependant beaucoup exagéré leur vitesse, qui n'est jamais assez considérable, pour qu'un homme ne puisse facilement leur échapper. Les serpens qui mènent une vie nocturne sont moins nombreux que ceux qui préfèrent le grand jour aux ténèbres: à la première catégorie appartiennent les Dipsas proprement dits , plusieurs Ophidiens venimeux et d'autres; mais beaucoup de serpens combinent les deux genres (i) M. DiEPEiviNK à Paramaribo me mande, qu'il tient continuelle- ment chez lui plusieurs Boas de diverses espèces, qui vivent en parfaite harmonie entre-eux et avec d'autres animaux domestiques. Le professeur Reinwardt, cependant, a été témoin, à.Tava, d'un spectacle qui prouve qu'il ne faut pas toujours se fier à ces animaux. Un Javanais ayant apporté chez M'^ le baron van der capelle un grand Python, et voulant le faire sortir du panier dans lequel il se trouvait, le serpent, par un seul coup, lui fit une blessure assez considérable, en lui ouvrant l'avant-bras dans toute sa longueur. <)r. HAiiJ ru DES. (le vie, cl ( hassoiU tantôt en plcia juin, lanlol pcn- ilnnL la iiuil, suivant leurs besoins; il faut ranimer dans celle dernière catégorie les espèces qui offrent une ])upil]e alon- géc, soit verticalement, soit transversalement et qui paraît plus particulièiement propre à se dilater ou à se contracter, suivant la masse des rayons lumineux qu'il est besoin de faire entrer dans la cavité de l'œil: dans l'obscurité, cette ])runelle ainsi configurée, se dilate de manière à ce qu'elle devient tout-à-fait orbiculaire (i). La loi, établie par la plupart des naturalistes, que les animaux à pupille alongée soient plus spécialement nocturnes, est contredite par ces observa- tions; il paraît plutôt que des yeux volumineux indiquent uiî genre dévie nocturne, quoique [)lusieurs Elajis etdesNajas, dont les yeux sont assez petits, vont cbercber leur proie pen- dant la nuit. Peut-être a-t-on tort , de vouloir appliquer ri- goureusement cette règle à la manière de vivre des serpens, dont un bon nombre passe une grande partie de son existence dans une langueur ou un engourdissement conq)arable au som- uîeil , et qui ne se dérangent que quand il s'approclie d'eux quelque être vivant dont ils s'emparent lorsqu'il convient à leur goût; tombant ensuite dans une léthargie plus profonde, qui les rend quelquefois, pour un temps assez long, incapables de se livrer à la chasse. La plupart des ophidiens choisissent leur nourriture indif- féremment parmi les trois premières classes des animaux ver- tébrés ; les espèces aquatiques se nourrissent plus ou moins exclusivement de poissons, selon que leur genre de vie les lie à l'élément humide; les espèces de petite taille enfin , et notamment les terrestres et fouisseurs , font la chasse aux insectes, aux mollusques, aux vers ou à d autres animaux des classes inféiieures ; les serpens d'arbre, enfin , paraissent préférer les oiseaux, non pas parceque cette espèce de (i) Voyez îî Ali Î..VN, Â)w, p. 36y. HABITUDES. î)7 iiourrhure convienne mieux à leur goût, mais parce qu'elle est plus à leur portée. Tout le monde sait que les serpens peuvent, comme les ' autres reptiles, jeûner fort longtemps: un Boa constrictor, envoyé de Surinam en Hollande, était plus de six mois sans prendre la moindre nourriture; quelquefois ils sont plus longtemps encore avant de mourir de faim. On ignore si les serpens boivent et s'il est juste d'opiner pour la négative: toutefois on n'a jamais aperçu de fluides dans ceux dont on a examiné l'estomac. Les changemens continuels qui s'opèrent dans notre at- mosphère, influent plus ou moins puissamment sur les ophi- diens. Amis de la chaleur , ils recherchent avidement les lieux exposés aux rayons du soleil, tandis qu'ils restent cachés dans les temps pluvieux, ou lorsqu'il fait du vent; à l'approche d'un orage, quand l'atmosphère est surchargée d'électricité, on les voit souvent sortir de leur retraite, dans une agitation qui n'est pas naturelle à leur race, et traverser les endroits découverts. Ne pouvant supporter les effets du froid qui leur ôte en même temps les moyens de subsistance, les serpens se retirent, à l'approche de l'hiver, dans des asyles le plus souvent souterrains et toujours garantis des intempéries de la saison ; ce sont tantôt des terriers ou des amas de pierres, tantôt des tas de fumier ou des creux d'arbre; c'est là qu'on en voit souvent plusieurs dans un même lieu de retraite , dans un engourdissement profond , jusqu'à ce (|ue les rayons vivifians du soleil du printemps les raniment. Il est manifeste que la durée de ce sommeil périodique doit être plus ou moins longue, suivant le climat que les serpens habitent, et que , dans les régions où règne un éternel prin- temps, ces reptiles ne sont pas du tout sujets à passer un certain temps de leur existence dans cette torpeur. Les recherches des voyageurs ont démontré qu'il en est ahisi, et néanmoins il y a des exceptions à cette règle, ce qui fait sup- 7 1)8 FAliLES ïi'V PBKJUGKS. poser que c'est le délaiit de nourriture ([ui cause cet eugour- dissenient. M. von lIunil)o](lt (i) luandc, d'après les rapports des indigènes, que le J5oa rativore, durant les longues pluies qui inondent les inunenses déserts de T Amérique Méridionale, demeure enseveli dans le sol argileux, jusqu'à ce que ce terrain, desséché par les chaleurs auxquelles succède inmédiatenicnt le temps des pluies, se fend pour faire sortir le monstrueux reptile, du tond3eau qui le tenait enfermé. A Surin;un,au Ikésil , et dans d'autres pays de l'Amérique Méridionale que ce Boa habite également, il passe au contraire, de même que les autres serpens, toute l'année dans une activité continuelle(2). Chez, nous et dans l'Américpie du Nord (3), les serpens se retirent dans leur retraite hivcjiiahî vers le mois d'Octobre environ , et reparaissent à la lin du mois de Mais ou en Avril j plus tôt ou plus tard selon le plus ou moins de durée de l'hiver. Les épaisses couches de graisse dont leurs intestins sont enveloppés en automne, s'absorbent en grande partie lors de l'engourdissement, et il leur faut au printemps quel- ques jours avant d'avoir acquis leurs forces. Un froid excessif les fait périr, tandis que plusieurs belles journées consécuti- ves suffisent souvent pour les faire sortir de leur retraite au milieu de l'hiver. C'est encore à l'ouvrage de M. Lenz (4) que nous ren- voyons pour le récit détaillé des observations, que ce natura- liste a fait pour connaître les effets qu'exerce le froid sur les reptiles. FABLES ET PREJUGES. Le serpent a joué un grand rôle dans l'an tiqui té, et il le joue encore actuellement parmi la plupart des peuples bar- [\) j^tidichteti T p, 35. — (2) Nkuwied. Beitr. p. 11. ■ — (3; Pali- 30T-BF.AUVA1S ap. Latr. ////?. 70. — (4) p. ^'J, FABLES ET PREJUGES. 99 barcs ou à demi -civilisés. Des causes nombreuses ont donné lieu à ce phénomène. L'iiomme, intimidé par l'aversion qu'il a pour res êtres et qui lui est en quelque sorte innée, n'est parvenu que par l'expérience à savoir que seulement un petit nombre de ces reptiles se font redouter parleurs quali- tés malfaisantes, tandis que d'autres décèlent sous les mêmes apparences trompeuses un caractère doux et innoffensif. Mille propriétés diverses que successivement on a découvert chez les -serpens , ont ouvert à l'homme un vaste champ à la méditation ; tout en fournissant ample matière à orner ses idées religieuses , elles lui offraient le sujet d'un nombre infini de mythes; il en emprunta des symboles, et finit par rendre à ces êîres redoutés un culte , établi pour les motifs les plus divers et les plus opposés. Il semble que c'est dans la nature humaine de se servir précisément des mêmes animaux qui lui sont nuisibles, pour se procurer les moyens de se préserver du mal qu'ils peuvent lui causer ; de là l'usage établi dès les temps les plus reculés , de tirer des serpens les remèdes pour se garantir contre leur morsure , tandis que de l'autre côté , 104 l'AIiLES I:T PllKJlGÉS. en coiiioctiDnna au moyen âge dans pres(|ue toutes les villes (le l'Europe , particulièrement de l'Europe Méridionale: aujourd liui la pratique de faire entrer le serpent dans la composition de ce médicament ne s'est conservée qu en Italie, où la Tiiériaque se fait dans plusieurs endroits. Erv Sicile, on n'en prépare qu à Païenne. Celle de Venise est très célèbre: on y emploie ties milliers de Vipère aspic, assez connnune dans les environs d<î celte ville (i). La grande fabrique de Thériaque qui existe dans INajiles, sous la protection du Gouvernement, est l'entreprise de par- ticuliers, à la tète desquels se trouve le savant professeur Délie Cliiaje ; on y emploie indiffi'rement toutes les'espèces de serpens., (juoiqu'on préfère les vipères que des pavsans appelés Vipéricrs , ap[)orlont vivantes dans d(îs paniers. M. von Siebold m'assure que l'on enq)loie fréquenmient une espèce de Thériaque en Chine et au Japon; les habitans des îles Lioukiou, tirent des médicamens de l'Hydrophis colubrin ; et à lile de Banka , les Chinois (2) estiment la bile des grands Pythons comme un remède précieux contre plu- sieurs maladies. Je passe sous silence l'usage que l'on faisait dans le moyen âge des diverses parties du serpent, dont on attribuait à chacune des qualités salutaires ; de nos jours, on y a entièrement renoncé. Ce n'est que dans les temps récens que l'on a fait des expé- riences sur les effets de la morsure des serpens, expériences que nous avons rapportées dans un autre lieu ; les anciens, comme le font encore beaucoup de personnes, réputaient venimeux indifféremment toutes les espèces de serpens ; ils plaçaient le siège de l'arme dangereuse dans la langue ou dans la pointe de la queue, et attribuaient à la morsure de chacune des espèces, selon leur fantaisie, des suites diverse- (1) Noie manuscrile communiquée par feu le doct. Michahellbs (2) Olivier L'ind en Zeclngten II p. 447. FABLES KT PREJUGES. 105 ment fâcheuses (i). La civlllsntion n'a pu cîétiuiie ce.-» erreurs ,et l'on est étonné de les entendre répéier par des per sonnes instruites; de voir reproduit, dans plusieurs ouvrages, le c'onte des trois fils d'un coloniste, morts successivement et à de longs intervalles d'une !)îessure que leur aurait cau- sée la dent d'un Crotale resté dans une des bottes de leur père, qui avait péri de la premièi'e morsure : conte que les habitans de Surinam, aussi bien que ceux des Etats-Unis, se plaisent à répéter aux étrangers comme s'etant passé dans leur pays ; on est étonné d'entendre parler d'un serpent de mer de l'orme et de taille monstrueuses (2) , de Boas de 4<^ ^ 5o pieds de longueur qui attaquent les hommes, les boeufs, les tigres , les avalant en entier après les avoir enduits d'une bave écumante (3): absurdités qui rappelent ces fables de monstres ailés, de dragons dont la Mythologie des anciens habitans de l'Asie nous a conservé la mémoire, et dont l'imagination bizarre des Chinois a multiplié les formes. Que dire lorsqu'on lit, dans des ouvrages modernes et de grande réputation, la description des effets merveilleux, produits sur les serpens par la musique; lorsque des voyageurs, hom- mes de talens , nous racontent rivoir vu des serpenteaux se retirer dans la gueule de leur mère chaque fois qu'il se pré- sentait quelque danger. Mallieureusement les naturalistes , en rangeant ces fables au nombre des faits, en ont souvent embelli le récit, ce qui a contribué à les accréditer univer- sellement. Qui, par exemple, ne serait pas frappé de la description que La treille et Lacépède ont faite des habitudes du Boa et des autres serpens de grande taille! combien de qualités ces savans n'attribuent-ils pas à ces êtres , qui n'ont jamais existé que dans leur imagination ? Il n'est guère personne qui n'ait entendu parler du pré- (i) Voir: Lucan. Phars. 9. 937 suiv. et Nicandzr de Therlacis. — {1) Voir notre article Hvilrophis, — (3) Voir noire article Boa. lOG FAfiLES ET PBKJUGÉS. itnclu pouvoir in;igi(]iu; que doivent exercer les serpens sur hîs petits animaux, lorsqu'ils veulent s'en rendre maîtres,- il y a peu d'ouvrages d'histoire naturelle, où l'on n'ait pas traité de ce phénomène, contredit par plusieurs, défendu par d'au- tres, sans que l'on ait pu arriver à un résultat satisfaisant. Je ne répéterai point ici les absurdités que les voyageurs ont écrites à cet égard , et qui sont quel([uefois extrêmement cu- rieuses (i); il suffit de dire que ces contes, dont on trouve des traces chez plusieurs auteurs classiques (2), sont particulière- ment en vogue dans l'Amérique du Nord, tandis qu'on les ignore dans les Indes Orientales et on Europe, contrées riches en serpens de toute espèce. Cette observation est trop curieuse, pour ne pas mériter quelquealtinlion, vu (]u'elle prouve C(jm- bien un fait vrai ou supposé peut se ré[)andre au point de devenir populaire. Plusieurs causes peuvent avoir donné lieu à l'origine de ce prétendu pouvoir de fascination des serpens. 11 est vrai que la plupart des animaux paraissent absolument ignorer le danger qui les menace, lorsqu'ils se trouvent en société d ennemis aussi cruels que les serpens ; on les voit souvent marcher sur le corps de ces reptiles, les piquer à la tète, les ronger, où se coucher familièrement à leur côté; mais aussi ne saurait-on nier qu'un animal , surpris à l'improviste, attaqué d'un adversaire aussi redoutable, voyant son attitude menaçante, ces mouvemens exécutés avec tant de promptitude , ne soit saisi dune frayeur qui le ])rive pour le premier moment de ses facultés , et le rend incapable d'éviter le coup fatal , exécuté à l'instant même où il se voyait assailli. M. Barton-Smith , dans un Mémoire, composé expressément pour réfuter tout ce que l'on a avancé sur la faculté de fascination des serpens à sonnettes, rapporte plusieurs faits qui prouvent que les oiseaux ne se montrent (1) Voir Levaill. o» /^'o>. //?. 83; Barbow. ^ iiG, — (2) âelian 2 , îi . PoMp. Mêla 1,19. FABLES ET PREJUGES. 107 effrayés, que lorsque les serpens s'approcheul de leurs nids, pour s'emparer de leur progéniture; c'est alors qu'on voit les parens effrayés voler autour de leur ennemi, en poussant des cris plaintifs, absolument comme font nos fauvettes, quand quelqu'un s'arrête dans le voisinage de leur nid. Il se peut également que les animaux qu'on prétend avoir vu sauter autour du serpent et enfin tomber dans sa gueule, aient déjà auparavant été atteint de la dent meurtrière , ce qui coïncide parfaitement avec la manière dont les serpens venimeux proprement dits s'emparent de leur proie. Plu- sieurs serpens d'arbre saisissent leur proie , en entortillant leur queue déliée autour du cou de leur victime : Dampier (i) a été plusieurs fois témoin de ce spectacle: voyant un oiseau, battant des ailes et faisant entendre des cris, sans qu'il s'envolât , ce voyageur ne s'aperçut que le pauvre animal était étreint dans les replis d'un serpent , que lorsqu'il voulut le prendre de la main. Russel (2), présentant un jour une poule à un Dipsas, cet oiseau donnait au bout de peu de temps les signes de mort; ne concevant pas comment la morsure d'un serpent non venimeux et de si petite taille pût produire de pareils effets, il examina soigneusement la poule, et trouva que c'étaient les étreintes de la queue du serpent autour du cou de la poule, qui l'eussent fait périr , s'il n'avait pas eu le soin de la dégager. Plusieurs oiseaux de petite taille ont la coutume de poursuivre les oiseaux de proie et d'autres ennemis de leur race , ou de voler autour du lieu, où l'objet de leur haine se tient caché: on a lieu de croire que ce phénomène , connu en Europe de tout le monde, ait aussi lieu dans les contrées exotiques, et peut- être est-ce encore un de ceux qui ont contribué a l'invention des contes que l'on a débités sur le pouvoir de fascination des serpens. (1) Forage Jll p. 275. — (ai) Rusbei I p. se. 108 FABLES ET PREJUGES. Mais j ai déjà trop longlcnips entravé la uiarclu; dv itioii ouvragf, en exposant les nombreuses erreurs dont on a déliguré une des plus belles parties des sciences naturelles, et je crois devoir ornniettre les fables du ]5asilic, de serpens bâtards produits par la copulation d anguilles et de serpens, et maintes autres aussi étranges qu'absurdes, mais qui sont encore accréditées cliez beaucoup de nionde. Cependant, avant de terminer cette partie de mon travail, je parlerai du pouvoir magique que certaines personnes prétendent savoir exercer sur les serpens. Ce prétendu art, qui a fait de tout temps et chez plusieurs peuples , foccupation d une caste particulière, consiste en certains jeux que les serpens exécu- tent au gré des bateleurs, qui les dressent expressément à cette fin : connue Ion emploie plus spécialement le Naja à lunettes et le Naja haje , nous avons déjà rapporté, dans ces deux articles, la manière dont on se sert des serpens dans ces jeux. Ces bateleurs existent aujourd'hui aux Grandes Indes et en l'Egypte (i); ceux du dernier pays se vantent être les descen- dans des Psylles(2), tribu habitant l'ancienne Libye et les Indes, et célèbres par leurs^:onnaissances dans fart de guérir les morsures des serpens, et de s'en garantir eux-mêmes. LTn autre peuple , moins ( onnu et habitant Titalie , étaient les Marses (3) j on sait encore moins relativement aux Ophigènes , dont la patrie était la Grèce (4)- Parmi les peuples les plus civilisés de l'Europe, les person- nes qui prétendent posséder l'art de fasciner les serpens se rencontrent assez rarement : ce sont le plus souvent des (i) Geoffr. Descr. de l'Éi(yple XXlV p. 88. •— (2) Plin. 7 i\ Aelian. 16, 37; 17 , 27 ; LucAN. 9, 891 ; consultez aussi la disser- tation de M. Spalding, intitulée « Uber die Zauberci durch Schlangen , et insérée dans les Mémoire/: de V Académie de Berlin \ 80/, — i r ; classe historico-philologique p. ar la beautc^ du style, poétique en beaucoup dendroits, ouoifMK' les faits (fui font la base de ses raisonnemens , ne soient pas toujours coniormes à la vérité; les descrip- tions, plus étendues qiu' celles île ses devanciers, pècbent rarement contre l exactitude, mais elles sont loin de suffire a une détiTininalion rigoureuse des espèces. Les ligures qui servent ;i illustrer cet (Mivrage, sont nujdiocres et quelques- unes même assez mauvaises. Ce n'était (|u'une dixainc d aiujées après la publication de l bistoire naturelle des reptiles de L'u;épède, (ju'il en parut nne traductioii allemande, de la plume du célèbie Beciistein ; ce savant dépourvu de onnaissanct's dans cette paitie de la science, a réuni dans cette traduction tout ce qui était coinui de son temps sur les reptiles , et a fait copier un grand nombre de ligures de Seba , de llussel , de Merrem et d'autres; j'ai quelquefois cité celte compilation, dans laquelle Bechstein a consi«:né de très bonnes observations orig^inales sur les oplîidiens indigènes. La classification tles reptiles proposée en 1799 par M. Al. Brongnïart (i) , est basée sur fensemble de l'organisation et (_i) KncvcL mélhocl. Paris 18091. — (2) Bulletin de la soc. philom. '^^ Année wP 35 ("^ 36. HlSTOlRi: DE L'OPHIOLOGIE. 117 repose sur des principes trop solides poui' ne pas être adoptée parles naturalistes, (^est à ce savant qu'on doit l'invention des . quatre ordres, tels qu ils existent encore aujourd'hui; mais comme il donne pour marques distinctives des ophidiens ; point de pattes, corps alongé et cylindrique , il est évident que ni les Anguis, ni les Géciles devaient être exclues de cet ordre; Brongniart y a rangé, pour le reste , les genres adoptés par Lacépède, toutefois en y joignant celui des Vipères qui comprend plusieurs serpens venimeux. Schneider, traitant les sciences naturelles en homme de lettres, a créé les genres Hydrus, Pseudo-Boa et Eiaps , pour y classer des serpens de nature assez hétérogène: on voit figurer dans le premier, à côté des vrais Hydrophis , TAcrochorde et des Tropidonoles, tandis que les deux der- niers genres offrent un mélange confus de serpens assez distincts les uns des autres. Il est difficile de comprendre pourquoi Latreille a pré- féré à la classification de Bronfjniart , une méthode analogue à celle de Lacépède. En parcourant le travail qu'il a puhlié, et qui est orné de jolies figures en miniature, mais d'aucun intérêt pour la science, on remarque que ce savant entomo- logiste s'est presque uniquement servi , pour composer son ouvrage, des matériaux fournis par Seha et par Lacépède , ainsi que de quelques observations de voyageurs. 11 a cependant étendu le cadre des genres, en créant ceux de Scytale, Héié- rodon , Plature , Hydrophis, Enhydrus , et en établissant des subdivisions dans ceux de Couleuvre et de Vipère. La seconde partie du troisième volume de la General Zoologie àe ^nk^w ^ publiée en 1802, confient la description des serpens: ce travail n'offre de toute part cju'une compila- tion indigeste et stérile ; les espèces nouvelles que l'auteur tait connaître sont en très petit nombre; il narak que Shaw s'est servi, pour les serpens de mer, des olnets rapporlés par Tiussel. 118 histoiup: de L'OPHIOLOGIE. Le travail le plus complet qui ait paru sur les ophidiens est celui de Daudin ; il fait partie de son histoire natu- relle des reptiles, publiée en 1802 et années suivantes. L'auteur a suivi la méthode de Brongniart , mais on lui doit l'invention de plusieurs genres: à l'exemple de Russel, il a séparé les Pythons des Boas ; son genre Bongare n'a subi jusqu'à ce jour aucun changement ; celui de Vipère comprend chez lui la plupart des serpens venimeux propre- ment dits; ses genres Lachesis , Hurriah , Eryx, etc. , n'ont été rejetés que par moi, tandis que d'autres, tels que ceux de Coralle et Clothonie, n'ont jamais été adoptés par les natura- listes. Les descriptions de Daudin sont le plus souvent assez détaillées; mais connne il manque de connaissances solides et élémentaires, et dominé par l'esprit de contradiction, cet auteur, peu exercé à la critique, commet souvent des erreurs assez graves. Les figures dont son ouvrage est orné , valent mieux que celles de Lacépède ; mais réduites dans de trop petites proportions , la plupart pèchent contre l'exacti- tude. Daudin a mis à profit les nombreux matériaux , fournis par les iconographies de Merrem et de Russel , et publiées en partie avant l'époque à laquelle il écrivit. Le premier des ouvrages que nous venons de citer , les Beltrcige de Merrem, contient des figures très reconnaissables de serpens, accompagnées de bonnes descriptions. Le second est le recueil le plus vaste et le plus riche , qui ait jamais paru pour illustrer cette partie d'une faune qui traite des ophidiens. Les portraits qu'il contient , principalement ceux du second volume , sont pour la plupart très exacts , quoi- qu'on puisse reprocher aux artistes , d'avoir souvent négligé de faire usage des nombreux moyens que l'art moderne offre , et dont les peintres français ont su si adroitement tirer parti. On est redevable à Russel de plusieurs bonnes observations sur les habitudes des serpens : les expériences , qu'il a faites sur les effets de la morsure de ces êtres , lUSTOlRE DE L'OPHIOLOGIE. llî) méritent cVêtie citées: aussi ses successeurs outils eu soin d'en faire passer l'extrait dans leurs ouvrages. De toutes les figures qui ont paru jusqu'à ce jour sur l'histoire naturelle des animaux , celles qui se trouvent'dans \e grand ouvrage sur V Egypte ^ sont sans contredit les plus parfaites sous le rapport de la fidélité avec laquelle elles représentent les objets. Le texte explicatif de ces planches n'a été publié que très récemment , et encore n'embrasse-t-il que la première partie; les objets, représentés par Savigny dans le supplément, ayant été perdus. Une nouvelle classification des reptiles , insérée d'abord dans les Annales des sciences naturelles a été publiée sépa- rément en 1811 à Munich. L'auteur, feu Oppel , s'écarte sous beaucoup de rapports, de ses prédécesseurs. En adoptant les quatre ordres établis par Brongniart , il y a apporté de nombreuses modifications, en réunissant les Sauriens et les Ophidiens comme subdivisions de son ordre Squamata, en rangeant les Orvets parmi les Sauriens, et en plaçant, d'après les indications de M. Duméril,les Céciles dans l'ordre des Batra- ciens. Ce système, plus naturel qu'aucun autre publié par la suite , n'a été goûté que de nos temps. On doit à feu Oppel l'établissement de plusieurs genres assez naturels , tels que Tortrix, Trigonocéphalus, Vipera, etc.; mais il a porté la confusion dans le système en réunissant les Bongares sous la dénomination générique de Pseudo-Boa, tandis qu'il applique ce premier nom aux Dipsas. Les sept familles qu il a créées pour subdiviser les ophidiens sont fondées sur un trop petit nombre d'observations , pour être utiles de nos temps: quelques-unes mèriie sont très peu naturelles; par exemple celle des Pseudo-vipères qui comprend les genres Acrochorde et Erpéton; puis les Vipérins, où se trouvent réunis les Vipères , les Bongares et les Najas, etc. T'arrive maintenant aux travaux que Ciivier a faits sur les serpeîis. Fondés sur des observations qu'il a d'abord insérées ï'2{) IIISTOlUr: DE LOPHIOLOGIE. dans son Aiiatoiuie conipaiee, cet illustre savant a publie en 1817 une classification des ophidiens (i) , dont nous donne- rons l'aperçu ; reproduite depuis dans la seconde édition du livre cpii la contient, on n'y a rien changé d'essentiel , sinon qu'elle end)rasse quelques genres de plus; c'est pourquoi nous nous servirons, jiour notre extrait, de ce dernier tra- vail. Cuvier, ayant classé dans l'ordre des ophidiens tous les reptiles apodes , il s'ensuit que des êtres d'une organisation différente de celle des serpens, tels que les Anguis, les Pseu- dopus , les Céeiles en devaient faire partie. La première famille, celle des Anguis, comprend les genres Anguis, Pseudopus, Ophisaurus et Acontias. La seconde famille, celle des vrais scMpens, se trouve subdivisée en deux tribus: celle des Doubles-marcheurs , qui contient les genres Amphis- bène et Typhlops , et celle des serpens proprement dits ([m , embrassant tout le reste des ophidiens , se divise de nouveau ne coupes. Viennent d'ahor'l les non-venimeux, distribués dans les genres Tortrix, Boa, Coluber et Acrochordus, genres que l'on pourrait très bien appeler familles, et dont la plupart sont conq)Osés de plusieurs sous-genres peu naturels : à côté des Boas fio;ure le Scvtale coronata, 1 Ervx et l'Er- péton ; parmi les Couleuvres sont confondus les Pythons , les Homalopsis(i) , le Xénopeltis, l'Hétérodon , les serpens d'arbre et l'Oligodon. Les serpens venimeux sont divisés en venimeux proprement dits , ou à crochets isolés et en venimeux dont les armes dangereuses sont suivies de plusieurs autres dents solides. La première de ces deux familles est établie en faveur de celle des Crotales, des Trigonocé- phales , des Vipères, des Najas, des Elaps , du Plature, du Langaha, et de plusieurs autres sous-genres nouveaux, mais de trop peu d'importance pour être nommés ici ; la deuxième famille comprend les Bongares^ les serpens de mer et l'Acro- (i) Le Hcg/te unininl^ vol, //". — (2) Genre Cei'borus, de jM. Cuvier, HlSTOlllE DE L'OPHIOLOGIE. 121 chordoïde sous le nom de Chersydrus. Les Cëciles , comme troisième tribu , terminent l'ordre des ophidiens. En passant de revue cette classification, nous nous bornons à observer que Cuvier , attachant trop d'importance au système dentaire des serpens et à la forme des plaques du dessous, s'est écarté à beaucoup d'égards du système naturel. Du moins , il me semble qu'une réunion telle que des Hydrophis , des Bon-, gares et de l'Acrochordoïde ne peut convenir dans aucune méthode, soit artificielle, soit naturelle. Comment se fait-il que les Elaps et les Najas, ophidiens dont le maxillaire est garni, outre les crochets , de dents solides, aient été rangés parmi les serpens venimeux à crochets isolés ! Le Langalia s'y trouve également, quoique ni ses formes , ni son organi- sation n'offrent les moindres rapports avec les serpens veni- meux. On voit dans ce système, les Boas, les Pythons et les Acrochordes figurer dans quatre familles diverses. LeScytale couronné et l'Eryx font partie du genre Boa; les Uropeltis , (de véritables Typhlops) , se trouvent à la suite des Tortrix , tandis que le Xenopeltis en a été exclu , pour prendre place parmi les Couleuvres. Ces observations suffiront pour faire voir à combien d'erreurs a donné lieu le principe déclasser les serpens d'après la conformation des plaques sous-caudales. Outre les ouvrages de Lacépède , deLatreille et de Daudin, on ne possède d'énumération complète des espèces connues de serpens que celle publiée en 1820 par Merrem(i). L'au- teur, en adoptant les grandes divisions des ophidiens en venimeux et innocens, a rangé la plupart des derniers dans le genre Coluber, dénomination qu'il a changée très mal-à- propos , en celle de Natrix; il termine la longue série de ces êtres par le genre Dryinus. A la tête des serpens non-veni- meux se trouvent rangés, dans l'ordre suivant, les autres genres de cette famille: i ,) l'Acrochorde; 2,) le Rhinopirus, .1) Tentamen systc/natis aniphibiorum. 122 HISTOIRE OE L'OPHIOLÔGIE. nom remplaçant celui d'Erpéton; 3) les Tortrlx, mélange des genres Tortrix , Eryx, Typlilops , Acontias , etc. ; 4) l'Eryx; 5 et 6) les Boas et les Pythons, genres qui comprennent un grand nombre d'espèces hétérogènes; 7) les Scytale, mélange confus, auxquels suivent les Hurriahs, réunion d'espèces aussi insensée que le nom qui a servi pour les désigner. Merrem a eu soin d'adopter, pour distribuer les serpens venimeux , presque toutes les dénominations génériques , inventées par ses devanciers; il a multiplié leur nombre éii y ajoutant plusieurs nouvelles: son Sépédon est établi en fa- veur de l'Hémachate; ses Pélias embrassent une Vipère et un Trigonocéphale; ses Echis reposent sur des Vipères, etc.; mais ce savant a, sans la moindre nécessité , fait plusieurs chan- gemens dans la nomenclature : telles sont l'introduction des noms génériques d'Acanthophis, d'Echidna, deCophiaset de Natrix remplaçant ceux anciennement reçus d'Ophryas, de Vipera, de Trigonocephalus et de Coluber. C'est à-peu-près de cette même époque que datent les tra- vaux étendus que feu H. Boie a faits sur les reptiles. Ce natu- raliste zélé et infatigable, en disposant des matériaux que lui offraient la collection de serpens du nmsée des Pays-Bas, a imaginé un grand nombre de coupes génériques, établies en majeure partie aux dépens de celles déjà connues antérieu- rement. La publication du grand ouvrage, dans lequel Boie a déposé ses recherches, ayant été entravée jusqu'à ce jour, il est arrivé que des extraits ont été communiqués à plusieurs erpétologistes , qui se sont empressés d'adopter les vues de feu Boie, avant que les travaux originaux aient pu parvenir à la connaissance du public. Ce n'était qu'en 1827 que M. Fr. Boie de Kiel a communiqué l'aperçu des recherches de son frère , enrichi de ses propres observations; voici les noms des genres nouveaux d'ophidiens, consignés dans l'ouvrage de feu Boie: Xenopeltis (Reinwardt) ; Brachyorrhos (Kuhl); Lycodon fBoie) ; Oligodon (Boie); AmblyCephalus (Kuhl); HLSTOIUK DE L'OPHIOLOGIE. 12 o Elapodis (}3oie) ; Homalopsis (Kuhl) ; Xenodon (Boie) ; Tro- pidonotus (Kuhl); Erpetodryas (Boie); Dendrophis (Boie); Psammophis (Boie) ; et Ghrysopelea (Boie). La partie spéciale de mon livre étant en quelque sorte basée sur les travaux de Boie, on peut , en consultant le mémoire que je viens de citer, voir en quoi mes vues diffèrent de celles de mon prédécesseur. On vit paraître à la même époque plusieurs ouvrages iconographiques, et des observations relatives à l'illustration de la faune du Brésil , qui ont beaucoup contribué à l'éclaircis- sement d'une des partie les plus embrouillées de la science. Les travaux du Prince de Neuwied méritent d'être cités en premier lieu; cet auguste voyageur étant presque le seul qui ait fait des observations sur les habitudes des serpens exo- tiques, son livre appartient au nombre des plus précieux qui aient jamais paru sur l'Erpétologie: ses descriptions exactes, quoique minutieuses, ne laissent pas d'être très utiles; les planches qui servent à les illustrer, sont exécutées avec soin , et représentent les objets avec exectitude. On regrette de ne pouvoir attribuer les mêmes qualités à celles publiées par Wagler d'après les sujets recueillis lors des voyages de M. Spix: on voit introduit dans son livre, sous de nou- veaux noms, les espèces les plus communes; la même espèce se trouve quelquefois figurée sous plusieurs dénominations diverses et même disposée en des genres différens; des espèces recueillies en Espagne y sont décrites comme habi- tant le Brésil; le nombre des genres a été augmenté sans les moindres apparences de nécessité; on à arbitrairement substitué de nouvelles dénominations génériques aux an- ciennes; l'auteur, en surchargeant ses descriptions de détails oiseux, les a rendues diffuses: en un mot, les défauts dont fourmille cet ouvrage, ne sont guère compatibles avec l'os- tentation déployée dans cette publication et dans des pb li- cations analogues. (i) Isis vol, XX p, 5o8 suiv. 124 HlSTOilU: DE L'OPHIOLOGIE. La tendance de Touvrage de M. Fitzingjir, étant de distril)uer les reptiles d'après leurs affinités naturelles, cet erpétologiste a réuni aux sauriens les ophidiens, qui se trou- vent divisés en plusieurs familles; les dénonunations dont il s est servi pour désigner les nombreuses coupes généricpies qu'il a crées, sont en graiide partie emj)runtées de la no- menclature barbare de Seba ; une énumération des espèces d'ophidiens faisant partie du Musée de Vienne et annexée à son opuscule, peut servir à illustrer sa manière de voir. La mienne s'en éloignant sous beaucoup d'égards, je rapporte ici quelques faits épars de son livre, alin que l'on puisse s'en servir comme p(/int de comparaison : le genre Duberria de M. Filzinger, end)rasse tles espèces ([ui font ])artie chez nous des genres Calamar, Coluber, Xenodon , Coronella, Naja et Lycodon;on voit rangé parmi ses Couleuvres, des Coronelles, des Psammophis, des Lycodons, des Xénod(jns, des Herpé- todryas, des Dipsas, des Tropidon(jtes et des Couleuvres proprement dites; dans sa famille des (^olubroïdes sont réunis l'Acrochorde, des Hvdrophis, l'Lrpéton, le Xéno- peltis , enfin, tout le reste des sej|)ens non-venimeux, à l'ex- ception des Tortrix et des Boas; mais les deux familles subsé- quentes contiennent chacune des serpens de mer, qui figurent à côté des Vipères , ou Elaps et des Najas, genres éloignés l'un de l'autre pour prendre place dans deux familles distinctes. La nature du svstème, publié récenmien t par feu Wagler, s'op • pose à toute anal vse: toujours entraîné par la fougue d'une ima- gination ardente, guidé souvent par des principes qui devaient à jamais demeurer étrangers à. la science, anticipant l'esprit de son temps, ce laborieux zoologiste a créé un système où sont accumulés péle-méle, les serpens venimeux avec les innocens, les serpens de mer avec ceux de terre, les serpens d eau douce avec ceux qui habitent les arbres: un système ap- puyé par d'amples mais ingénieux raisonnemens souvent forcés et plus i)laisans que jusies; svstème d;nis lequel il établit une HlSTOniK DE L'OPHIOLOGIE. 125 i'ouietlc coupes nouvelleiDent inventées, dont le nombre seul fait trembler la mémoire la pluslieureuse. — Ce même écrivain s'est rendu utile par la publication de planches erpétologiques. 11 nie reste à parler de M. Lenz, qui a étudié, jusque dans les moindres détails, les moeurs et les habitudes des serpens indigènes. J'ai eu souvent recours aux observations classiques de ce naturaliste, qui se trouvent consignées dans une espèce d'histoire naturelle générale des serpens, écrite dans un style populaire souvent diffus, mais qui décèle que l'auteur est plus familier avec la littérature de cette partie de îa science qu'avec les objets \némes. J'omets plusieurs autres tentatives faites par des anato- mistes ou par des philosophes, pour établir des systèmes naturels des serpens: il suffit de citer comme exemple des essais d'un tel genre celui de M. Rletgen , inséré dans le c 4'"*^ 'volume ^ 2'"*^ partie pcig. 245 et suivantes des Transactions de r Académie Léopoldine. Beaucoup d'autres savans, enfin, ont contribué aux progrès de l'ophiologie en publiant des obser> vations isolées. Des voyageurs ont enrichi leurs journaux de nombreux faits épars, relatifs aux mœurs des serpens, dans lesquels ils ont décrit des espèces inédites: à ce nombre appar- tiennent Pallas, Hasselquisi, Forskâl, Bruce, Bartram, Bosc, Palisot de Bauvais , Paterson , Russel , M^^*'. Mérian , Pvlarcgrav, Mikan, Raddi, le prince deNeuwied, Spix, Say , Davy, White, Lesson, Wiegmann et beaucoup d'autres que nous auronssoin de citer en parlant de leurs ouvrages. D'autres naturalistes se sont attachés à décrire ou àénumerer les ophidiens d'un certain pays, ou de rassembler du moins des matériaux pour les faunes des diverses contrées du globe. Outre lesgrands ouvra- ges déjà mentionnés sur les Indes orientales , le Brésil , l'Améri- que du Nord et sur l'Egypte, se distinguent particulièrement sous ce rapport la monographie des serpens des environs de Rome par Metaxa; de la Hongrie, publiée par Frivaldszky; de la Suisse par Wyder ; de la Lithuanie par Di ii mpelmann ; de l'Italie 12G REVUIi SYiNOPTlQUE. par le Prince de Musignano ; de l'Allemagne par Sturni ; de la Hollande par van Lier , et de l'Amérique septentrionale par Harlan. Plusieurs savans tels que Wolf , Meissner, Wagner, Boie, Vosmaer, Fleiscliman, Boddaert , Gronovius, Bell, Gray, Lichtenstein , Brandt et Batzeburg , et maints autres, ont publié des observations détachées sur la nature des serpens, ou ont étendu le cadre de nos connaissances, par les descrip- tions qu'ils ont données de nouvelles espèces. Il importe , enfin , de faire mention des travaux dont les anatomistes et les physiologistes ont, notamment dans les temps récens , éclairé l'ophiologle. Les belles et nom- breuses expériences , faites sur le venin de la Vipère, par Redi , Charas et principalement par Fontana , et la descrip- tion que ces savans ont donné des organes venimeux, sont dignes de l'attention des naturalistes de tous les temps. De célèbres anatomistes , tels que Cuvier et Meckel ont exposé dans leurs manuels zootomiques l'organisation des serpens ; d'autres tels que Cloquet , Duvernoy, Mayer, Tiedemann , Schlemm , Windischmann , J. MûUer, etc., ont fourni des dissertations intéressantes sur divers organes de ces êtres ; M. Herholdt a fait des recherches sur la physiologie de nos espèces indigènes: une foule d'autres observateurs, enfin, dont je rapporterai les noms à leur place, ont contribué à étendre nos connaissances dans l'histoire naturelle des serpens. REVUE SYJVOPTiaUE. Je viens maintenant à mon propre travail. J'ai déjà exposé, dans ma préface, les motifs qui m'ont guidé, en donnant à mon livre la forme sous laquelle il paraît. La partie générale de mon ouvrage n'aura pas besoin de commentaire ; il ne me reste par conséquent que de fournir dans les pages suivantes le Synopsis de la partie spéciale. REVUE SYNOPTIQUE. 127 lai conservé rancieniie division des serpeiis en non- V e n i m eux et en venimeux. Le caractère constant de ces derniers est d'être pourvus d'une glande à structure cellu- laire, sécrétant un fluide qui , apporté dans le corps animal, y produit des effets délétères. Des dents maxillaires , beaucoup plus longues que les autres , intérieurement creuses , munies aux deux bouts d'ouvertures pour l'entrée et pour la sortie du venin, et que l'on appelé crochets, sont les armes, au moyen desquelles ces serpens infligent les blessures, et dans lesquelles s'introduit en même temps le fluide destructeur. IV ^st très-difficile sinon impossible d'assigner aux serpens venimeux des traits distinctifs extérieurs: plusieurs d'entre eux, comme les serpens de mer se signalent par leur queue appla- tie ; les serpens venimeux proprement dits ont quelque chose de si particulier dans l'ensemble de leurs formes et dans leur physionomie qu'il ne faut que peu d'expérience pour les reconnaître au premier coup d'oeil : mais il n'en est pas ainsi de cette famille de serpens venimeux, à laquelle j'ai donné l'épithète de colubriformes : le plus grand nombre de ces reptiles ressemblent tellement aux serpens innocens , que des naturalistes même en ont confondu les deux races. Un museau le plus souvent gros et arrondi, et une queue courte, grosse et conique: voilà les seuls caractères extérieurs, peu tran- chans à la vérité , que l'on peut assigner aux serpens venimeux colubriformes. Les mœurs des serpens venimeux offrent plu- sieurs autres traits pour les distinguer des non-venimeux, et il convient avant tout de constater que ces premiers habitent exclusivement ou la terre ou la mer , qu'ils ne grimpent pas sur les arbres (i) , et qu'ils ne fréquentent jamais , peut-être à l'exception de quelques espèces du genre Naja , les eaux. (i) Les Trigonocéphales à teintes vertes font ejiception à cette règle, en ce qu'ils ont l'habitude de s'accrocher avec leur queue prenante , aux branches des arbustes , pour guetter leur proie. 1-2 H REVUE SYiNOrnOLE. En (listrll)uant les serpens no n - v eni m e ux en fainill<*s, j'ai particulièrement eu en vue leur manière de vivre, (^es coupes, auxquelles il ne faut attacher aucune importance, sous le rapport de l'organisation, ont seulement été créées dans le but de faciliter la revue des espèces. J'ai établi six familles dans la grande division des serpens non venimeux. La première famille comprend les Serpens fouis- seurs ou le genre unique des Rouleaux: T ORTRIX. On peut leur assigner comme marques distinctives: un corps cylindrique, offrant presque sur toutes les parties du tronc les mêmes dimensions; une queue courte et conique; une tète petite, o])tuse, d'une venue avec le tronc et revêtue de plaques imparfaitement développées; de petits yeux ; des narines étroites; une gueule peu fendue; des caisses très- ramassés; des dents courtes et coniques; enfin, une certaine ressemblance dans l'ensemble des formes avec les Amphis- bènes, les Typblops , etc. Les Rouleaux offrent souvent des crocliets à lanus; ils habitent les contrées chaudes des deux Mondes et se tiennent toujours à terre , où ils se creusent des boyaux. On n'en connaît que cinq espèces. — J'ai placé à la tète du genre , le t o r r r i x s c y t a i. e de Surinam , remarquable par son tronc effdé, filiforme et annelé de noir et de rouge; ses yeux sont placés au centre de la plaque oculaire; le tronçon de la queue est assez obtus; il atteint quelquefois jusqu'à 3 pieds; plaques 225 -j- 12. — La deuxième espèce, le tor- TRix RUFA vient de Java et de Célèbes où il forme une variété de climat reconnaissable à ses teintes foncées; plus ramassée que la précédente, elle offre un tronc d'un brun noirâtre irisé, orné de bandes transversales blanches qui deviennent d'un beau rouge sur la tête et sur la queue; elle a la queue très-courte et pointue; dimensions 2 pieds et demi, plaques ipS 4" 6. — L'île de Ceylan nourrit un Rouleau, le T^RTRix MACULAT A, Semblable sous beaucoup de rapports au précédent, mais qui s'en distingue, outre de petites REVUE SYNOPTIQUE. 129 Jiflereiices tle forme, à sa couleur d'un brun jauuàlre, relevée par un dessin réticulairc noir; il ne dépasse guère un pied en longueur totale et offre environ 190 _+- 6 plaques. — LE R Y X , quatrième espèce du genre Tortiix, liahlte les terrains sablonneux qui s'étendent depuis l'Egypte jusque dans fln- doustan : elle a le tronçon de la queue ramassé et obtus; toutes les parties sont revêtues d'écaillés assez petites; le museau est coupé obliquement au bout; l'œil offre une prunelle perpendiculairement alongée; elle atteint jusqu'à 2 pieds et demi, et présente 195 -h 20 plaques. Aux Indes, cette espèce forme probablement plusieurs variétés con- stantes, mais dont on n'a pas encore bien étudié les traits distinctifs. — Très voisin de l'Eryx est le pseudo-eryx, origfinaire de la Nouvelle Hollande: il se distino^ue de celui-là par une queue plus longue et prenante, par un corps plus gros et plus comprimé, par des lames abdominales et frontales plus développées, enfin par le nombre des plaques qui est de 200 +60. — La sixième espèce, le xéno peltis, offre un tronc moins cvlindrique que les précédentes, sa queue est plus développée et conique, il est dépourvu de crochets à l'anus, et les plaques de la tète se rapprochent de la forme nor- male; un beau bleu noir fortement irisé réfléchit de toute la surface de l'épiderme polie ; la tête est blanche dans les jeunes ; taille 2 pieds; plaques 1754-28. Patrie: les îles de Java, Sumatra et Célèbes. — Vient enfin Ictortrix boa, espèce rare, découverte à la Nouvelle Irlande: elle a à-peu-près les formes générales du Xénopeltis, mais ses lèvres sont creusées de fossettes comme dans les Boas, et le corps est entouré d'anneaux alternes de noir et de blanc; on lui compte 200 + 44 plaqwes. La deuxième famille des ophidiens non-venimeux est celle des Serpens lombrics: elle est composée du genre unique GALAMARIA. Ce sont de petits serpens terrestres ^r dont le corps, presque constamment cvlindrique en forme de 9 l'^O KEVUE SYNOPIIOLE. ficelle, est leiniiné par une queue le plus souvent courte et conique. La tête est, dans la plupait, d'une venue avec le ti'onc , et revêtue de plaques dont celles du museau sont ordi- nairement moins nombreuses que dans les serpens des genres suivans. Les Calamars offrent très iréquennncnt des teintes irisées, et le rouge domine quelquefois sur les parties infé- rieures. Les plaques du dessous sont rarement nombreuses. Ils habitent les climats chauds ou voisins des tropiques, et se trouvent dans Tun et l'autre monde. -- Une des espèces les plus remarquables est le c a l. l u im b r i g o i d e a , très rare dans les îles de Java et de Célèbes. Son corps, long de plusieurs pieds , est partout de la grosseur d une tuyau de plume de cygne; la queue est courte, conique et olfre i6 à 23 lames divisées. Il n'existe qu'une paire de frontales, (|ui tiennent en même temps lieu des frênaies; et on lui voit seulement deux oculaires. Dessus d'un bleu noirâtre , dessous bleuâtre avec des taches noirâtres et une raie jaune le long des Uancs. Ecailles lisses , carrées et disposées sur i3 rangées. PI. abd. 190 à 217. — Une autre esjDècc de 1 île de Java, le cal. LiNNAEi, ressemble à la ])iécédente par les formes et la disposition des plaques de la tête et des écailles du tronc; inaisi son corps beaucoup nu)ins effilé ne dépasse guère un pied en longueur. Les teintes ne sont pas moins sujette^ à varier que la longueur de la queue. Le dessous est le plus souvent d'un rouge vermillon , orné de larges taches carrées noires. Plaques 130 + 90 à 160 + 20. — Le c \ l. orbig- NYi du Chile paraît représenter dans le nouveau monde le Cal. lombric, dont il offre les formes et le port; mais son cou est entouré de i5 rangées d'écailles et toutes ses parties sont plus minces. Sur le dessus d'un rouge de brique ardent, les parties inférieures sont couleur de nacre. Le sommet de la tête, une tache sur la nuque, et une bande sur la queue, 4'un noir foncé 264 -h 3o. — L'Amérique du Nord produit le CAL. AMOENÀ qui répond par sa taille, et sa slucture KEVUE SYNOPTIQUE. 131 au Cal. Liiinaei des Indes orientales; ses formes sont cependant plus menues, et les bandes abdominales ainsi que les plaques nasales un peu plus larges. Dessus brun luisant, dessous rouge. Nombre moyen des plaques lao + 3o. — Les espèces suivantes s'éloignent plus ou moins des quatre précédentes qui forment les types du genre. Le cal. d i a- DEMA, le seul connu de la Nouvelle Hollande, offre cependant tout-à-fail le port et les formes des espèces types ; mais on lui voit deux paires de plaques frontales. Il est d'un brun pâle jaunâtre, plus clair en dessous , avec une tache tranversale et blanche sur locciput. 1^70 -h 45. i3 Rangées d'écaillés. — Les îles de Java et d'Amboine nourrissent un Calamar, cal, BRACHYOREiios, qui présente le même nombre des plaques de la tête que le précédent, mais qui joint à une taille plus forte que les espèces types, un corps plus gros et aminci vers les bouts, et une tête assez conique. D'un brun terne uniforme, passant au jaunâtre sur le dessous , cette espèce a le corps entouré de 17 rangées d'écaillés. i38 + i3 à 180 -j- 38 plaques. — Le CAL. B ADi de Cayenne, tout en présentant des formes moins vigoureuses et une taille moindre, a le port du précé- dent; cependant sa queue est plus effilée, la tête plus obtuse, les yeux sont plus volumineux, et il existe de chaque côté une petite plaque frênaie. Nuancée de brun et de jaune d'ocre, cette espèce offre une disposition des teintes assez variable d'un individu à l'autre. 17 R. décailles; plaques i5o H- 20 à 1 84 -h 44- — Le CALA M. ARCTiVENTRis vicnt du Cap , et ressemble par ses formes à une petite Couleuvre; la tête et les plaques dont elle est revêtue sont plus développées que d'ordi- naire ; le corps est assez gros pour la taille de l'animal^ et la queue pointue. Son ventre fortement anguleux et ses teintes servent à distinguer cette espèce des autres. Dessus brunchàtain, dessous jaune; flancs bleu-grisâtre , moucheté de points noirs serrés. i3o -f- 3o; i5 rang, d'écaillés. — Les deux Amériques produisent un Calamar, c. m e lanocephala, dont les 132 REVUE SYNOPTIQUE- formes rappelciit celles des Elaps: il a le corps d'égale grosseur ; la queue est plus efdlée que dans les précédens , la tète Iroii- quée au bout et à peine distincte du cou. Le système de colora- tion offre de bons traits distinctits: dessous jaunâtre; dessus brun pale avec trois raies longitudinales noires; tète ornée de taches noires. i55 -h 60, i5 rangées d'écaillés. — Ressemblant au précédent , le cala m. punctata, originaire des parties méridionales de l'Amérique du Nord, s'en éloigne par un corps moins cylindrique, une tète plus distincte du cou, des écailles plus petites et un système de coloration divers. Le dessus est brun gris foncé avec un collier l)lanc; desous blanc-jaunàtre. Une suite de points noirs sétend sur la ligne médiane de t'abdomen. iT) Rangées d'écaillés. Plaques: 1^0 + 5o. — La onzième espèce du genre est très jemarquable parce qu'elle offre dans l'ordre entier le seul exemple d'un serpent dépourvu de dents palatines; c'est le cal. oligodon, analogue d ailleurs, par les formes et le port, aux autres Calamars. Sa tète est cependant un peu grosse, obtuse et enflée aux joues. L'espèce est aussi très reconnaissable à ses teintes: les par- ties inférieures sont, comme dans le Calam. de Linné, d'un rouge vermillon orné de taches carrées ; le dessus est d'un brun foncé avec de larges taches blanchâtres distribuées à de distances régidières sur le dos; on voit, sur la tête, plusieurs bandes noires. Ce Calamar est rare à l'île de Java et forme, à Sumatra, à Ceylan et aux îles Philippines , de jolies variétés de climat distinguées par la distribution des teintes; les taches abdominales sont réduites dans les deux dernières variétés à des points disposés sur trois rangs ; la variété de Sumatra a des taches dorsales, ovales, larges et serrées. i45 -\- 35; ly Rangées d'écaillés. — Le cal. scytale, des îles Philip- pines et de Ceylan , caractérisé par la présence d'une plaque frontale antérieure impaire, ainsi que par sa queue munie en dessous de plaques simples, se rapproche , par ses formes , du Calamar brun. Dessus brunâtre, passant sur le dessous , REVUE SYNOPTIQUE. 13:1 au jaune d'ocre sale; trois taches foncées sur l'occiput; autant de raies composées de points foncées sur le dos et les flancs. i4o -h 3o; ly rang, d'écailies. — Les parties méridionales des États-Unis de l'Amérique du Nord nourrissent un petit Cala- mar, CAL. STRiATULA, cjui habite également rîle de Marti- nique. 11 se reconnaît à sa tête conique revêtue de lames semblables à celles des Couleuvres, à l'exception des frênaies qui manquent; puis à ses yeux volumineux , à une queue assez pointue^ et aux écailles lancéolées qui sont toutes surmon- tées par une forte carène. Dessus brun-pâle ou grisâtre , des- sous jaunâtre. Plaques: 120 _j_35; i5 à 17 rangées d'écaillés. — Le c AL. E L A p o I D E s , dc Java, offre des écailles lancéolées et carénées comme le précédent; mais il parvient à des dimensions plus fortes , ses yeux sont plus petits , tandis que les narines sont assez ouvertes; la tête présente une forme diverse et la queue est plus effilée; les teintes enfin, qui sont des plus bril- lantes , le distinguent de toutes les autres espèces. Dessus rouge carmin ; dessous bleu d'azur pâle; i5o + 70; i5 rangées d'écaillés. — Le c a l a m. b l u m 1 i , espèce anomale de l'Amé- rique méridionale se rapproche à la fois des Tortrix et de cer- tains Homalopsis. D'une taille plus forte qu'aucune autre espèce , elle offre cependant un tronc cylindrique et une queue conique et vigoureuse. Sa tête est déprimée, obtuse; les yeux sont très petits, et on voit une dent très longue à l'extrémité postérieure du maxillaire; 6 plaques labiales, 2 oculaires et a frontales; occipitales alongées. Dessus brun , marbré de points foncés, et relevé par trois raies effacées. Dessous et demi-coliier jaunâtres. 180 -h 35;i5 rangées d'écaillés. — On vient de découvrir , à la c ôte de Guinée, un Calamar dont les formes et les plaques de la tête rappelent celles des Coronelles , mais qui offre le port et la petite taille des Calamars; sa queue est plus grêle que d'ordinaire, le tronc un peu comprimé et en- touré de 19 rangées d'écaillés: c'est le cal. coronata, distingué par les quatres bandes transversales noires qui 134 UEVl E SYNOPTIQUE. ornent la tète. D un gris jaunâtre sur le dessous, cette espèce tire sur le dessus au brun. J^Iaques: î85 -|- jo. — Nous avons range dans ce genre une espèce anomale originaire duChile, et qui se rapproche, par ses formes, tle certains Lycodons , mais dont la distribution des teintes rappelé celle du Coronella venustissima , de l'Elaps corail etc. Elle a l'abdomen anguleux et le corps annelé de rouge et de noir; iS rangées d'écaillés; igô -t- 5^ plaques: c'est le c A r. ATROci NCT A. — Vient enfin le CAL. coRONEL T. A, que l'on prendiait , an premier abord, pour une petite Coronelle lisse; mais sa tête est assez grosse, les plaques frênaies manquent, les occipitales sont laiges, ses formes sont assez ramassées, on ne lui compte que i5 rangées d'écaillés, etc. D'un gris jaunâtre tirant sur le brun, celte espèce a les parties supérieures ornées de nombreuses bandes transversales foncées mais très peu distincles. Nous avons réuni dans la troisième famille des ophidiens non-venimeux tous ces Serpens terrestres, qui n'ont pas été compris dans les deux familles précédentes. Ils offrent, à l'exception des Hétérodons , peu d'anomalies dans leur organisation, et sont modelés, pour ainsi dire , sur le type des (Couleuvres proprement dites: la plupajt ont le som- met de la tête orné de 9 [daques et des écailles de moyenne grandeur et lisses. Le premier genre , celui de CORONELLA, renferme des espèces qui rappelent, par leur organisation les Couleuvres proprement dites; mais qui offrent ime taille moindre; un tronc moins comprimé , ordinairement en pentagone et revêtu d'écailles le plus souvent lisses et distribuées sur ly 3. 19 rangées ; enfin une queue conique et peu longue. Les Coronelles se trouvent dans les climats chauds et tempérés des deux mondes; on n'en a pas encore observées dans la Nouvelle Hollande. Elles habitent les plaines , et de préférence les lieux humides. — L'Amérique méridionale nourrit une très belle espèce, reconnaissable à ses formes effilées et à ses REVUE SYNOPIIQUE. 135 teintes: cl un beau rouge vermillon , elle a toutes ses parties entourées environ de i5 paires d'anneaux noirs bordés de blanc. Les écailles distribiîées sur i5 rangées ont la pointe noire. C'est la co ron. ve nustissim a. On lui compte 200 plaques abdom. ; celles de la queue variant de 4^ ^* 100. A Surinam cette espèce est remplacée par un serpent tout-à-fait analogue; mais qui offre un tronc moins effilé, et par consé- quent un nombre moindre de plaques abdominales, qui n'est que d'environ j8o: on pourrait conférer à ce serpent, lorsqu'on veut en faire une espèce à part, le nom de co ro n. ven usta,- il est très commun, et connu sous celui de Coluber agilis. — Une autre espèce semblable pour les teintes à la précédente, habite l'Amérique du Nord; c'est la coron, coc cinea; mais elle pi'ésente une taille moindre que celle-là, ses yeux sont moins volumineux, la plaque -verticale est ramassée et les surciliaires petites. Plaques 170 4- 35. 17 Rangées décailles. — La coron. MERiiEMMii, coiumune au Brésil, est remar- quable par le grand nombre de variétés accidentelles et d'âge qu'elle forme. Sa tête est très large, et revêtue au sommet de lames petites et de forme alongée. Les écailles, disposées sur 17 a ig rangées , sont grandes et en rhombe. Le dessous est ordinairement jaunâtre; dans les adultes, le dessus est d'un vert brunâtre, encadré en guise de tache ronde au centre de chaque écaille. Les jeunes ont un système de coloration semblable à celui de l'espèce précédente, mais les anneaux noirs s'effacent avec l'âge et la teinte rouge rembrunit. l'dg ~+- 5o ou i83 + 68. — On a observé à Surinam, dans le Brésil, et même à la Guadeloupe, une Coronelle, c. r eginae , qui ressemble, quant aux formes, à la précédente, mais dont les teintes sont diverses: dessus bleu-grisâtre, dessous jaune avec des taches noires carrées; de petites taches noires ornent les lianes , et on en voit de blanches près de l'angle de la bouche etaucou. i4o-'- 70; 17 rangées d'écaillés. — 5'"^ Esp: coron. cojjEj-L A. Commune à Surinam, elle parait également se I3G liEVUK SVNOFriQUE. trouvai dans I Amérique du Nord. Formes plus lourdes quedaus les deux précédentes. Dessus varié de brun de deux nuances; des- sous jaune foncé, orné de taches noires carrées. Ecailles bordées de noir ou de blanc. 160 -+- 5o; i^ rangées d'écaillés. — On ne connaît qu une seule espèce du genre Coronelle des îles de la Malaisie : c est la c o r o n. b a l i o d e 1 r a , découverte à Java et h Sumatra. D'une taille moins forte que la plupart des autres espèces, elle se rapproche par son port des Calamars, mais ses yeux S(jnt très grands et sa tète haute. Dessus d'un bjun vif, relevé par des taches blanches en œil; dessous jaunâtre. 128 +68; iS r. d'éc. — L'Europe ne produit également qu'une seule Coronelle, la coron, lalvis, qui préfère les lieux secs aux terrains bas et humides; elle est d'un brun bai très luisant, et orné de taches noires déchiquetées et irrégu- lières qui forment, sur la tète, im dessin très caractéristique. Le dessous est jaunâtre, marqué de taches carrées noires. 1^5 -I- 55; ai rangées d'écaillés. Les jeunes de cette espèce éclosenl dans le ventre de leur mère. Les contrées méridionales de l'Europe nourrissent une variété de climat, distincte par des teintes plus claires. — La huilième espèce est du Chilé, cest la CORON ELLA GUI LE NSI S. (Taclivuienes de VViegmann). Elle ressemble à l'espèce d Europe, mais sa tète est plusconique et revêtue de lames moins grandes. Sa queue est plus courte, et les parties supérieures offrent 4 iait?s foncées qui s'étendent sur l'oc- ciput, tandis qu'on observe sur le dessous plusieurs rangées de taches noirâtres souvent peu distinctes. i58-l-46; iprangéesd'é- cailles. — Les quatre espèces suivantes sont du (^ap, et s'éloignent sous plusieurs rapports des précédentes. La coron, rhom- BEATA rappelle par l'ensemble de son organisation l'espèce cVEuropCj quoiqu'elle se rapproche, par ses formes effilées, des Psammophis. Sa tête est menue, conique et terminée par une plaque rostrale étroite qui se prolonge sur le sommet du museau; les autres plaques de ces parties sont étroites et les occipitales courtes. On voit une dent sillonnée postérieure REVUE SYNOPTIQUE. 137 aux mâchoires. Le brun jaunâtre tlu dessus est orné de 3 ou 4 rangées de taches œillées en lozange, i55 4- 72; ly rangées d'écaillés. — Une autre espèce du Cap, très diverse de la précé- dente, est la CORON, rufescens, qui se reconnaît à ses teintes unifjrnies d un brun pourpre pale et à une large tache foncée sur la nuque. Le dessous est jaune. Elle a la prunelle de l'œil alongée dans le sens vertical, et offre une dent ])Ostérieure sillonnée aux mâchoires. 160+4^; 19 rangées d'écaillés. — La coroneli.a rupula se rapproche des Ly codons par ses formes et ses dents antérieures un peu plus longues que les autres , mais la prunelle de l'œil est orbicu- laire , et les plaques de la tète un peu alongées. D'un brun uniforme tirant sur le rougeâtre, elle offre une queue assez grosse et beaucoup plus longue que d'ordinaire; 15^+ iio; 19 rangées d écailles. — Une des espèces les plus belles et lespîusrares estla coronella aur ora. Elle est très recon- naissable à ses teintes: jaune sur le dessous, brun jaunâtre sur le dessus; le dos est orné d'une large raie jaune orange qui occupe l'animal dans toute sa longueur. Elle a des formes plus lourdes que d'ordinaire; sa queue très grosse ne va guère en diminuant que vers le bout. Le museau est obtus; les plaques temporales ont la forme d'écaillés et les abdominales sont assez serrées. 180 -t- 4^7 19 rang, cl'éc. — Viennent enfin deux espèces un peu anomales de l'Asie, dont la première , la G o R ONELL A octolineata offre un corps mince, à abdomen étroit et un peu anguleux aux côtés. 11 n'existe que 6 plaques labiales et une frênaie de chaque côté; la rostrale est large et s'étend entre les frontales. On voit sur un fond d'un jaune brunâtre 4 raies dorsales longi- tudinales et foncées , dont les latérales sont quelquefois doubles: ces raies se prolongent sur la tête où elles forment un angle aigu. 178 + Sa; 17 rangées d'écailles. — Il existe au Bengale une Coronelle très jolie, la cor. russelii. Elle se rapproche de certains Xénodons, dont elle a le système 138 REVUE SYINOPllQUE. dentaire, et notanunent du Xén. pourpre, auquel elle ressemble aussi par la distribution des teintes. Le museau est oblicjue- inent coupé en dessous, jy Jlangées d'écaillés de forme sublancéolée. Dessus brun de terre , relevé par une ranj^ée de taches larges, dédiiquetées et de forme peu constante. On voit sur la tête plusieurs traits anguleux. i55 -\- 54- — Le deuxième genre des serpens terrestres est celui de XENODON; ce sont des Coronelles le ])lus souvent de grande taille, quioflVent des formes lourdes, une tête large, un museau court ou troiujué, dont le tronc est gros et le ventre aplati. On leur voit à la mâchoire supérieure une dent solide postérieure assez longue et comprimée. Leurs écailles sont lisses et disposées sur des rangées assez obliques, notamment sur le cou qui est assez expansible et dont les cotes sont moins courbées que d ordinaire, ce qui rapproche ces animaux des INajas. Les plaques de la tête sont trapues et larges. Ce genre n'est pas riche en espèces, et les Xénodons appartiennent au nombre des serpens rares , qui habitent en petit nond)re les contrées chaudes et tempérées des deux mondes; on ne connaît aucune espèce ni de l'Afrique ni de la Nouvelle Hollande. Les ;ins préfèrent les lieux lunnides , mais d autres qui se plaisent dans des terreins secs, s'éloignent des espèces types pour se rapprocher du genre suivant, celui des Hétérodons. — Le XENODON SEVERUS dc Surinaui et du ihésil réunit par excel- lence les caractères que nous avons assignés k ces animaux en général. Il a toutes les parties assez lourdes et trapues, et les plaques de la tête petites et larges. Le poumon, enveloppant la trachée , occupe l'espace entre le cœur et la gorge. Hun jaune brunâtre pâle, les parties supérieures sont ornées d'une dou- zaine de taches foncées en œil et extrêmement larges. On observe sur la tête plusieurs bandes transversales et des traits en angle sur foccinut. Les teintes chez les adultes sont telle- ment effacées qu'on en reconnaît avec peine la distribution primitive. J'ai vu des individus d'un rougeàtre uniforme, REVUE SYNOPTIQUE. 139 tandis que d'autres étaient d'un brun verdàtre. 1 4o-l-36; 1 1 ran<^'. d'éo. C'est un serpent de grande taille qui paraît se nourrir exclusivement du grand crapaud de l'Amérique méridionale, et qui nage avec beaucoup de dextérité. — Le xenodon R u ABDOCEPH AT.US du Brésil est tellement voisin du précé- dent qu'il ne paraît en former qu'une race, distinguée par des formes un peu plus alongées, comme il résulte du nombre des lames qui varie de i4o à i8o , et de 44 à 60. 19 Rangées d'écaillés. Le poumon s'étend derrière le cœur dans la cavité abdominale. Les couleurs de ce Xénodon sont très sujettes à varier,- on en trouvedebruns, de rouges, et quelquefois même d'un ofris olivâtre uniforme. — Lcxenodon inornatus habite l'île de Java , où il est assez rare ; il est d'un brun olivâtre uniforme, et offre à-peu-près les formes du Xen, severus , quoiqu'il lui reste assez inférieur par rapport à sa taille. i20-h38; ig rangées d'écaillés. Le jeune a les parties supérieures relevées par des bandes transversales assez indis- tinctes , et on voit sur l'occiput plusieurs bandes qui se réu- nissent en angle. — L'île de Java nourrit une autre espèce de Xénodon , le xen. p urpur ascens. Aussi rare que la précé- dente, elle s'en dislingue ainsi que de toutes les autres, par un système de coloration extrêmement agréable. Les formes rappelent celles de la Coroneile lisse ; mais notre Xénodon est plus robuste et d'une taille un peu plus forte. Il a la plaque rostrale assez développée, voûtée et saillante; le museau est un peu tronqué au bout, et l'abdomen légèrement anguleux. D'un rouge de brique ou pourpre couvert de marbrures fon- cées, le dessus est orné de 18 bandes larges ou taches d'un blanc rougeâtre pointilié de noir. 1^5 +4^7 ^9 ^' tléc. — Il existe au Brésil une troisième espèce de Xénodon, le xen. schottii, qui offre des formes plus élancées que les précédens, et dont la tête étroite est terminée par une plaque rostrale un peu saillante. Dessus d'un brun olivâtre, dessous jaunâtre. 178-1-4^5 19 rangées d'écaillés. Le seul Xénodon 140 REVUE SYNOPTIQUE. d'Europe connu, xe^. mi chah e llis, habite l'Espagne et lu France méridionale. Il se reconnaît à sa tête courte et conique , terujinée par une plaque rostrale proéminente, à ses écailles disposées sur 27 rangées, au nombre élevé des plaques, (216 + 60), à sa queue courte et conique, enfin à ses teintes qui sont d'un brun olivâtre relevé par deux raies dorsales foncées; plusieurs autres raies descendent sur les côtés de la tête. Le système de coloration des jeunes diffère entièrement de celui des vieux, en ce que ceux-là ont les teintes très» claires et relevées par de larges taches. — Le xenodon TYPiiLOS des Guyanes réunit à la taille des Coronelles , les formes du Xén. sévère, toutefois en exceptant qu'il a la tète et les plaques qui la revêtent moins larges, et que son abdomen est un peu anguleux. J)essous jaune, parties supérieures couleur de plomb enfumé, tirant tantôt sur le veidàtre, tantôt sur le bleuâtre. i4o-+- 5o; 19 rangées d'écaillés. — J'ai placé à la suite du genre Xénodon un o])liidien dOrigine incertaine, mais qui vient probablement du Brésil: cest notre XEN. BiciNCTUS. il se rnpproclie dcs Coronelles, et offre des formes assez robustes. L'œil est bordé d'un tour de 6 plaques, et la rostrale est assez déprimée. Le corps est entouré de larges bandes ou anneaux géminés et bruns, disposés sur un fond jaunâtre, et qui forment, sur le dessous ; des taches carrées. 192 4- 89. Les HETERODONS sont des Coronelles ou plutôt des Xénodons, dont la tète se prolonge en un museau conique terminé , le plus souvent , par une lame saillante tronquée au bout, et dure. Ils n'ont été observés que dans le Nouveau Monde où ils habitent les terreins sablonneux. Les autres plaques de la tète sont moins développées que d'ordinaire. La couleur dominante est le rouge, relevé par des taches ou anneaux foncés. Ces animaux ne parviennent pas à une forte taille et sont du nombre des ophidiens rares. — L'espèce la plus connue est l'heterod. plat y r hinus, reconnaissable IlEVllK SYNOPTIQUE. 141 à ses formes trapues et vigoureuses, et particulièrement à sa plaque rostrale retroussée et saillante en forme de croissant; on lui voit plusieurs écailles frontales, l'œil est bordé d'un tour de petites écailles, et les plaques laliales sont très hautes. Écailles lancéolées, carénées et disposées sur 21 rangées. 124 -h 38. Corps couvert de larges taches foncées sur un fond d'un gris rougeâtre. Patrie: l'Amérique du Nord; le Brésil produit une variété de climat de la même espèce. — Ori£rinaire du Brésil, Theterodon r h in os to ma ressemble au précédent par la forme de sa plaque rostrale ; mais cette partie est plus petite dans notre espèce , les plaques de la tête affectent une forme plus régulière; ses écailles sont lisses et disposées sur 1 5 rangées, et son corps offre des formes beaucoup plus élancées. 190 -|- 64- Extrêmement rare. — La troisième et dernière espèce de ce genre, le xenodoncoccineus est de petite taille, a la tête pointue, le museau saillant mais non retroussé, et le corps d'un jaune ardent marqué de larges taches ovales de rouge pourpre. 19 Rangées d'écaillés ; plaques 170 + 5o. L'espèce vient du Mexique et des provinces méridionales des Etats Unis. Les LYGODONS composent le quatrième genre des ser- pens non-venimeux terrestres. Ce sont des ophidiens de taille movenne, dont le corps est ordinairement mince, et quelque- fois même effilé. Ils offrent le caractère particulier d'avoir des dents maxillaires antérieures plus longues que les autres. Les yeux sont petits et à prunelle verticalement alongée. La plaque verticale et les frontales antérieures sont petites et ramassées, mais les occipitales sont assez alongées ; il n'existe qu'une seule frênaie. Les écailles sont en lozange et ordinairement lisses, l'abdomen est anguleux dans la plupartdes espèces, et la queue souvent munie de lames simples. La teinte dominante est un brun couleur de terre; les écailles sont quelquefois bordées de blanc, et le cou orné d'un collier clair; d'autres espèces ont le corps annelé de noir et de blanc ou de rouge. Les Lycodons 112 UKVUE SYNOPTIQUE; habitent les pays équatoriaux des deux mondes, mais on n"er> connaît point de la Nouvelle Hollande. — i^^ Esp. T,\ro- DON iiEBE, à tète déprimée et à museau obtus. Les plaques frontales postérieures et les occipitales sont très along^ées. i96-j-.()8; 17 rangées d'écaillés. D'un brun-gris plus ou moins foncé, le dessus est orné de taches claires et déchiquetées. Cette dernière teinte borde les écailles et forme, derrière l'o('ciput, un large collier. La distribution des teintes est sujette à des variétés accidentelles; d'autres sont dues au climat: les individus du Bengale sont très clairs; ceux de Java et de Timor plus foncés et d une taille nioins forte, — 2'"*^ Esp. i.YcoDON CARINATUS. Vit à Ccylan , où il est assez rare. Il a des bandes simples sous la queue, et des écailles carénées disposées sur ly rangées. Couleur: brun de café, plus clair sur le dessous qui est marqué de taches blanchâtres. 1 88 -f- 60. — 3"^ Esp. I, Y c o D o N j A R A. Dcs grandes Indes. Petite espèce noire à collier blanc très large; les écailles sont marquées de deux raies fines. Dessous blanchâtre. iy5 -j- 56. — 4'"^ Esp. lycodon geometricus. Grande et belle espèce à formes ramassées, dont on ignore la patrie. Dessus brun rougeâtre; le dessous, deux raies sur les flancs, et une autre qui borde le sommet delà leie , jaunâtres. 21 Ran- gées d'écaillés lisses. 220-j-5i. — 5™^ Esp. lycodon HORSTOKii. Observé au Cap et à la Côte d'or. De petite taille, d'un brun olivâtre foncé assez luisant, avec le bout des écailles marqué d'une tache couleur de nacre, couleur qui forme quelquefois des bandes étroites et transversales. Dessous jaunâtre. 190-J-.43; 17 rangées d'écaillés. — 6™'' Esp. LYCODON u?^icoLOR. Fomic avcc la précédente les deux seules espèces du genre connues de l'Afrique. Elle habite la côte de Guinée, et se reconnaît à ses teintes uniformes d'un brun fuligineux, plus clair sur le dessous; elle se distingue de la précédente par le nombre des placjues et des écailles qui est de 220 -f- 60 et de 27. — 7"^^^ Esp, lycodon for m os us: REVUE SYNOPTIQUE. 143 très belle espèce a formes minces, à tète étroite, à plaque frênaie assez alongée cpii s'étend jusqu'à l'œil, et dont le corps est iiiai-qué cranneiuix alternes très larges d'un beau rouage vern)illon et d'un noir luisant. Les écailles offrent des bordures noires. 66 Paires de lames sous-caudales, ly k ig Rangées d'écaiîles; les lames abdominales variant de 168 à 220. Habite le Brésil. — 8'"*" Esp. t. ycodoîv g le lia. Très remarquable par les variétés qu'il forme, la configuration de la tête variant d'un individu à l'autre , et la queue offrant des lames tantôt simples, tantôt disposées par paires. Couleur: brun ele terre, quelquefois clair, souvent foncé, nuque ornée d'un collier blanc, pointes des écailles brunes. Dents anté- rieures à peine plus longues que les autres. i5 cà 19 Rangées d'écaillés. Plaques variant de 148 -+"65 à 218+ loi. Patrie: Le Brésil et Surinam. — 9™® Esp. lycodon subcinctus. Museau extrêmement large et obtus. Plaque frênaie toucbant à l'œil, vu le manque d'oculaire antérieure. Narines très ouvertes. D'un brun noirâtre luisant, le corps de cette espèce est entouré d'une vingtaine de larges bandes blanches. 208 H- 75.; i^ rangées d'écaillés. Du Bengale et de Java. — 10^^ Esp. LYCODON MODESTus. Voisiu , pour l'organisa- tion, du Lycodon Clelia. Tête plus conique que d'ordinaire. Ecailles à surface unie, presque carrées, et disposées sur 17 rangées. 200 + 84. Dessus brun foncé ; dessous et collier jaunâtres. Habite l'île d'Amboine, et aussi la Nouvelle Guinée où il acquiert une très forte taille, offrant alors des teintes assez claires. — 11"^^ Esp. lycodon nympha. Formes effilées, tète ramassée à museau obtus, yeux assez volumi- neux, i3 rangées d'écaillés fisses, abdomen étroit et anguleux. 220 -j- 85. Corps brun, orné de bandes ou de taches claires. Habite au Bengale. — la'"^ Esp. lycodon audax. Du Paraguay, se rapproche, pour les formes, des Dipsas. Tronc comprimé et alongé, queue très mince et effilée, tête grosse par derrière. Varié de brun et de jaune, qui forme de larges 144 REVUE SYNOPTIQUE. taches déchiquetées et irieguhères. Plaques de la tète Ibncées au centre. 2004-110. ic) Rangées d'écaillés. — i^*"^ F.sp. I. YCODON PETOLARixjs. A fomics cfTdées coniuie le précé- dent, mais sa tête est beaucoup moins large et le corps plus mince, l^ents d'éi^ale grosseur. 210+ 100. Corps brun foncé, marqué de nondjreuses bandes ou anneaux clairs, dont la disposition varie selon les individus. Habile les Guyanes et se trouve aussi au Brésil. Cinquième genre de la famille des serpens terrestres : COL U- RER. Comprend tous les serpens terrestres de grande taille qui, tenant le milieu entre tous les ophidiens, nepiésentent Ëfuère de faits extraordinaires dans l'orijanisation. Ils hal)itent ordinairement les lieux secs; mais quelques uns préfèrent le voisinage des eaux. Ils se plaisent également sous les climats chauds et tempéré"'s des deux inondes, maison ne connaît qu'une esjH'ce dans rAfricjue australe, et ils paraissent manquer absolument à la JNouvelle Hollande. Les plaques abtlominales sont ordinairement assez nombreuses. Leurs écailles dorsales offrent le plus souvent des carènes assez fai- bles. La plupart ont 2 plaques oculaires postérieures. Cegenre est très riche en espèces. — i)coluber aescclapii. De 1 Europe centrale et méridionale ; 21 rangées d'écaillés, brun olivAtre , avec un collier clair , dessous jaunâtre. 228-1-79. — 2)coLUBER coNSTRi CTOR. Voisin du précèdent pour les formes; mais il a 17 rangées décailles et est couleur de plomb foncée uniforme. 183 + 94. Habite les Etats-Unis de l'Amérique du Nord. — 3) coluber radia, tu s. A formes plus svehes que d'ordinaire. Dessus d'un brun clair, relevé par quatre raies longitudinales foncées. Occiput marqué d'ime bande transversale. 23o 4- 88 ; 19 rangées d'écaillés. Patrie: la Cochinchine , les îles de Sumatra et de Java. — 4) coluber suBR A DiATiis. Remplace le précédent à l'île de Timor. 11 lui ressemble assez; mais ses teintes sont plus foncées , la bande sur l'occiput mancjue , les raies sont interrompues REVUE SYNOPTIQUE. 145 et los piaques plus petites disposées sur 23 rangées. 235 + ço. — 5) coLUBER BLUMENBACiiii. Offrc cles formcs élancées et une queue effilée. La tête est plus distincte du cou que dans les précédentes ; Tœil est plus Volumineux ; l'ab- domen anguleux et garni de lames assez larges; le dos est un peu en carène et les écailles sont disposées sur 17 rangées plus obliques que dans les autres espèces. 200 -t- i25. Brun- olivâtre tirant sur le jaune sur le dessus, qui est orné de bandes transversales étroites foncées , souvent assez effacées, irré^ulières ou entrelacées. Ecailles bordées de noir. L'espèce a été observée au Malabar, au Bengale et à Java. — 6) coLU- B e r K o R R os. Très analogue à la précédente, dont elle diffère par des plaques labiales plus étroites et un museau plus covirt, par une tête moins haute , enfin un tronc moins comprimé et moins alongé. 170+ 120; i5 rang, d'écaillés; des îles de Java et de Sumatra. — 7) c o l u b e r c o r a i s. La plus grande des Couleuvres connues , atteint jusqu'à 8 pieds de longueur et la grosseur d'un bras d enfant. Vient de Surinam. Ses formes sont très robustes , sa tète vigoureuse et le museau gros. Sa physionomie ressemble à celle des Najas. 17 Rangées de grandes écailles. D'un brun rougeâtre tirant sur le gris-pour- pre ; les jeunes à bandes transversales foncées sur les flancs. Dessous blanc jaunâtre. 202+ 75. — 8) coluber mêla- NURus. A tête ramassée et déprimée et à museau obtus j 19 rangées d'écaillés fortement carénées. Les plaques labiales sont étroites. Le tronc est comprimé et Uabdomen assez angu- leux. 218 -j- 92. Remarquable par les changemens qu'éprouve le système tle coloration avec l'âge. Les jeunes sont d'un beau noir luisant avec une raie dorsale jaune de citron ; flancs ornés d'une suite de taches en œil à centre blanc ; joues d'un blanc pur. Chez les adultes , la teinte du fond change au brun , passant souvent au jaune d'ocre sur le dessus, couleur qui représente la raie dorsale ; les taches des flancs deviennent indistinctes et ne sont visibles que sur le cou. I^es parties 10 146 REVUE SYINOPTIQUE. postérieures passent au noirâtre. De Java. L ile de (ùéièbes produit une variété de climat, reconnaissable à un trait en angle aigu qui orne le dessus du cou. Une autre variété lo- cale , caractérisée par deux raies dorsales noires , et par une raie semblable sur les côtés du cou , vient de Sumatra. — 9) coLUBER PANTHERiNUS. Belle et grande espècc , cpii liabite au Brésil dans les lieux marécageux. Formes é'ancées. Tête alongée et large. Dessus brun pale , presque totalement couvert par deux suites de taches extrêmement larges, irré- gulières et qui forment quelquefois des bandes transversales. Deux raies foncées sur le cou , et deux ou trois bandes sur le sommet de la tête. i5 Bangées d'écaillés très grandes et lisses. 170 -+-90. — 10) COLUBER viRGATUS. Paraît rem- placer , au Japon, notre Couleuvre quatre-raies. Corps com- priujé, abdomen anguleux, museau large et obtus. Dessus brun plus ou moins clair, tirant sur le vert ou sur folivàtre, couvert de larges taches ou bandes transversales. Ces taches disparaissent avec lage, en sorte qu il n'en reste que des raies longitudinales effacées. 23 Rangées d'écaillés carénées. Plaques: 240 + 110. — 11) coi.uber qtj adrivir gatus. Egalement du Japon, et très voisine de l'espèce précédente, dont elle se distingue par sa tète plus conique etmoins grosse , revêtue de plaques plus alongées ; par un corps moins vigou- reux entouré de 19 rangées de plaques seulement , et orné de 4 raies dorsales distinctes dans làge adulte. Elle est d'une taille moins forte que la précédente et offre 200-1-87 pl^^l^es. Les teintes varient tellement que ion observe des individus presque totalement noirs. — 12) coluber diadema. Ecailles carénées. Plaques 280 + 60. Couleur brun de terre, une bande noire entre les yeux. Des grandes Indes. — i3) coluber MiNiATus. Patrie: île de France. Formes élancées , queue extrêmement déliée , de là le nombre élevé de plaques qui est de 199 + i45. ^5 Bang. d'écaillés lisses et en lozange. Jaune d'ocre par devant , couleur qui passe, REVUE SYNOPTIQUE. 147 vers les parties postérieures, au rouge de minium ei au pourpre couvert de marbrures jaunes. — i4) coluber variabilis. A corps annele et tacheté de noir et de blanc ou de jaune. Il a les formes assez élancées, le tronc est très comprimé, l'abdomen anguleux et le dos en carène. Les écailles en lozan^e sont très grandes, carénées et disposées sur i5 rangées. Plaques 204 4- 100. Dents longues et aiguës. Il existe un petit poumon acces- soire. L'espèce rappelé certains serpens d'arbre du genre Dip- sas, notanunent le D. dendrophile. Habite les bois de Surinam et du Brésil. — i5) coluber plu m be us. Assez reconnais- sable à son système de coloration uniforme : couleur de plomb dessus . jaunâtre dessous. Il se distingue en outre par la présence d'une dent postérieure longue et sillonnée , par ses formes lourdes et ramassées, par une tête large, grosse et arrondie; enfin par sa physionomie, qui ressemble à celle de cer- tains Homalopsis. Il a le corps presque cylindrique , la queue courte et conique, et des écailles presque carrées, à surface unie et luisante , et disposées sur 19 rangées. 240 H- 68. Est le même au Brésil et à Surinam. — 16) coluber poëciLos- TOMA. Belle espèce de grande taille , rare à Surinam , vient aussi du Brésil; reconnaissable à sa tête très grosse, ramassée, îaige, et revêtue de lames assez larges; à ses écailles lancéo- lées , carénées et disposées sur 21 rangées , à sa queue effilée , et aux teintes qui sont d'un jaune tirant tantôt sur le brun, tantôt sur le vert. La têle est d'un brun rouge et les parties postérieures sont souvent foncées, tandis que l'abdo- men est jaunâtre. La femelle a le dessous de la tête rougeâtre. L'œil est volumineux et bordé pai derrière de 3 lames. Habite les lieux marécageux dans les grands bois , et se rap- proche, par ses mœurs, des Tiopidonotes. — ly) colu- ber CANUS. La seule espèce du genre connu dans l'Afrique du Sud , se rapproche , par son organisation , dts Psammophis ou serpens de sable. Tête petite et très conique; museau ter- miné par une plaque saillante etvoi\tée; yeux peu volumineux; 118 RKVUK SVN(M>T[Q[Ji:. écailles petites, à pointe tronquée, lisses et disposées sur 27 rangées ; queue courte et grosse. wSon anatoiiiie présente plusieurs fait curieux: la verge est double de chaque côté, le crâne offre les formes de celui des Herpétodryas , les mastoï- diens sont extrêmement développés , et les fortes dents deviennent plus longues vers le bout du museau. Taille très forte, jusqu'à 6 pieds. Plaques 194 —64. Cette espèce curieuse est encore remarquable par les changemens qu'éprouvent les teintes avec l'âge: brun-rouge pale relevé par quatre ran- gées de taches œillés, au jeune âge ; grisâtre, tirant sur l'oli- vâtre, le brun ou le noir, à l'état dàge adulte. — 18) colu- n E R s A Y r. Du Missouri. Tète assez conique, plaque verticale en forme de triangle , rostrale saillante ; 25 rangées d'écaillé* c^arénées. Jaune rougealre, le dos est brun foncé; ces teintes forment des taches et des bandes. 224 "^ ^^. — i9)coluber QUATERRADiATus. QucIqucfois dc ^ à 8 picrls ; habite l'Europe méridionale. Tète distincte du tronc, très alongée, haute près des yeux ; museau gros ; oeil volumineux et om- bragé par une lame saillante ; plaques occipitales allant en pointe; queue forte, 25 rangées d'écaillés petites et lancéo- lées ; 212 + jD. Dessus brun relevé par 4 raies brunes plus ou moins distinctes ; une raie foncée va de l'œil à l'angle de la bouche. Cette Couleuvre a les moeurs très douces. — 2o) coLUBER viRiDiFLAvus. Dcs mêmcs coutrécs que le précédent, mais d'une taille moins forte, plus répandu et plus commun. Queue très élancée et plane en dessous; tronc presque cylindrique à abdomen convexe; 19 rangées d'écail- lés lisses; T95 4- io3. Dessus vert foncé, dessous et une tache centrale des écailles jaunes. Ces teintes varient assez, et passent souvent au brun et même au noir. Cette espèce a les mœurs assez sauvacfes. — 21) coluber cliffordïi. Du Nord de l'Afrique. Région des tempes et des freins revêtues d'écaillés. Plaques labiales étroites et nombreuses. Ecailles carénées et disposées sur 23 rangées. Teintes livides. Dessus brun-jaunâlre K\i\\jE SYNOPTIQUE. 149 sale, orné dje trois rangs de taclics un peu plus foncées et souvent continentes. 236 -h 84- Moins fort que le précé- dent.— 22) coLUBER Hip PO c R EPI s. Intermédiaire entre les deux précédens. Taille et formes de la Coul. verte et jaune , mais à tête plus large et à queue moins effdée. L'œil entouré postérieurement et par dessous de 6 petites plaques environ; 2 5 rangées d'écaillés; 232-l-gi. D'un jaune rougeâtre assez vif, le dessus est relevé par 3 rangées de larges taches foncées , orbiculaires sur le dos, carrées et plus petites sur les flancs: les traits qui ornent le sommet de la tête présentent quelquefois de la ressemblance avec un fer-à-cheval. Habite la plupart des pays entourant la Méditerranée. — 23) coluber FLORULENTUs. A fomicsplus délicatcs que les précédens. D'un gris jaunâtre ou brunâtre, varié d'un grand nombre de taches et de bandes assez effacées. Menton et tempes garnis de nombreuses petites plaques ou écailles; 19 rang, d'écaillés alongées. 214 + 93. De l'Egypte. — 24) coluber tra- BALis (i). Un peu plus fort que notre Coronelle lisse, de laquelle il ne diffère guère que par ses écailles surmontées d'une faible carène : Patrie: la Tartarie. 25 Rangées d'écaillés. 195 -Hn5. — 25) COLUBER GUTT/VTUS. De l'Amérique du Nord. D'une taille plus forte que notre Coronelle lisse , il offre en outre une tête plus petite et une queue moins longue. L'abdomen est un peu anguleux. 210 -H 56 ; 25 rangées d'écaillés lisses. Dessus gris-rougeâtre, moucheté de noir , et relevé par 3 ou 5 rangées de taches, dont les mitoyennes sont assez larges et plus ou moins orbiculaires. Un trait noir bifourchu sur l'occiput, et une bande entre les yeux. Des- sous jaune foncé, avec de taches noires carrées et alternes. - 26) COLUBER LEOPARDiNus. Système décoloration analogue à celui du Colub. guttatus, avec cette exception que les taches (1) C'est le Col. Dione Pall. du Musée de Berlin , où noire Psam- niophis moniliger porte le nom de Coluber tvabalis. Pall. 150 REVUE SYNOPTIQIE. dorsales sont moins larges et souvent confluentes. Formes plus délicates que dans le précédent. Tête comme chez la Couleuvre d'Esculape; 23 rangées d'écaillés lisses. 24n-f- j5. Le Sud-Est de l'Europe, et l'Afrique septentrionale. — 27) coLUBEii coNSP I L LA.T u s. Très aualogue au précédent, pour le système de coloration, mais à formes plus lourdes, à écailles plus grandes et à plusieurs petites plaques frênaies. Des bandes transversales au lieu de taches sur le tronc ; une tache en massue précédée par uii trait en angle sur l'occiput. 21 Rangées d'écaillés 210 H- 68. Originaire du Japon. 6me Genre des serpens non-venimeux terrestres: H E R P E TO- DRYAS. Les Erpétodivas sont des Couleuvres qui aiment le séjour dans les bois ou qui fréquentent ordinairement les arbres. Ils rappelent les Couleuvres par leur organisation , mais ils ont des formes plus élancées, leur tête est plus effdée, et la plupart offrent une livrée d'un vert plus ou moins uni- forme. Ils ont les mœurs sauvages et habitent les pays chauds des deux mondes, mais n'ont point encore été observés ni en Afrique, ni à la Nouvelle-Hollande. LEurope et le Japon n'en produisent non plus. La plupart se nourrissent d'oiseaux. i) HERPETODRYAS CARINATUS. Scrpcut remarquable parce que son dos étant garni de deux rangées de plaques, le nombre total de ces rangées est pair, exemple unique dans tout l'ordre des Ophidiens. Il est encore remarquable parce que toutes les parties sont sujettes à varier considérablement. 12 Rangées d'écaillés, dont les deux dorsales sont souvent surmontées d'une forte carène. Plaques variant de 142 "+" 98 à 199 4- 204. On observe dans cette espèce plusieurs races distinctes par leurs formes plus ou moins élancées. Dessusbrun tirant au vert , au gris noir , ou au rouge; dos quelquefois plus clair. Dessous jaune. Habite le Rrésil et est très-commun à Surinam. Parvient à une taille de 6 pieds. — 2) herpeto- DRYAs SERRA. Espèce très rare du Rrésil. Formes grêles, tronc fortement comprimé, dos en carène, queue assez déliée, REVUE SYNOIUIQUE. 151 abdomen anoiileux. Plaques frontales étroites. Ecailles forte- ment carénées, lancéolées et disposées sur 21 rangées. 241 •+• 106. La dernière dent maxillaire longue et sillonnée. Une suite de larges taches dorsales carrées sur un fond d'un gris rougeâtre pale, qui passe au noir sur la queue. — 3) her peto- DRYAs viRiDissiMUS. Tctc large ct comprimée; abdomen assez anguleux; 19 rangées d'écaillés à surface unie et très luisante. Taille de 2 à 3 pieds. D'un vert bleuâtre, plus clair sur ledessous. 2i5 ■+" 1 15. Habite Surinam. — 4)herpeto- DRYAS OLFERSii. Fomies moins effdées que le précédent , les dernières plaques labiales larges. Vert , à tête et raie dor- sale d'un brun vif. Une raie noire derrière l'œi!. Abdomen convexe. 178 -hpS. Du Brésil et de Surinam, où il forme une variété distinguée par les teintes vertes à-peu-près unifor- mes. 5) HERPETODRYAS MARGARITIFERUS. Taille et formes de lErpétodryas d'Olfers; mais à tête un peu plus large. 19 Rangées d'écaillés faiblement carénées, noires à centre bleu et à pointe jaune. Sommet de la tête brun vif, région des tempes noire. 154+ n 5- De la Nouvelle -Orléans. — 6) HERPETODRYAS BODDAERTIÏ. Voisîu dc 1' ErpétO- dryas d'Olfers; mais à abdomen un peu anguleux, à tête plus déprimée, a plaques labiales plus étroites, et d'un vert gris ou olivâtre uniforme. 170+ 102. De Surinam. — 7) HERPETODRYAS AESTivus. Distingué des trois précé- dens par 17 rangées d'écailies lancéolées et fortement caré- nées, par des formes plus grêles, et par des teintes d'un beau vert d'herbe. Habite les deux Amériques. 175 + 3o. — 8) HERPETODRYAS TRicoLOR. Port dc l'Erpét. très vcrt , mais de moindre taille; aussi sa tête est-elle plus courte, grosse à la base et très conique; le tronc est moins haut, et la plaque frênaie manque. i5 Rangées d'écaillés carrées et lisses. Les plaques occipitales très développées. Dessus vert-olivâtre ou brunâtre; dessous jaune; une raie noire va de l'œil aux cotés du cou. i5o 4- ii5. Assez rare dans Pile 152 UEVIJK S\i\OJ>Tl(jli:. de Java. 9) iierpetodryasgoudotii. Formes très effi- lées, queue extrêmement déliée. Brun jiunàtre sur le dessus; sur les lianes de nombreuses raies noires et obliques, pro- duites par les bordures des écailles; côtés de l'abdomen tachetées de noir qui forme une raie sur les côtés de la queue. 21 Rangées d'écaillés lancéolées et lisses. 186 + i58. Patrie: l'île de Mada<;ascar. 10^ herpetodrya.s oxycephalus. De très forte taille, et du port des Couleuvres. Tronc assez comprimé et haut; abdomen fortement anguleux; queue longue et vigoureuse; tète acuminée, particulièrement le museau ; plaque frênaie petite et très alongée. aS Rangées d'écaillés lancéolées et lisses. Vert, dessous jaune, queue brune. 25o -+- î/\o. Patrie: 1 ile de Java. L'île de Célèbes produit une variété de climat , reconnaissable à ses teintes brunes, qui passent au noir sur les parties postérieures. — II) H E R p E T o D R Y A s n N E A T D S. Petite cspècc dc Suriuam, où elle est très-commune. Gris blanchâtre, dessus brunâtre, avec trois raies foncées. 19 Rangées d'écaillés lisses. Oeil grand, plaque verticale étroite, ijo-f-^o. Le Brésil nourrit un ophidien tout-à-fait analogue, mais dont toutes les écailles sont bordées de noir, et les raies dorsales interrom- pues et composées de taches noiies. — 12) herpetodryas HE LENA. Très jolie espèce de Bengale, où elle est assez rare: écailles petites, lisses, et disposées sur 2y rangées; formes très effilées. Plaques: 23o 4- 90. Dessous couleur de nacre. Dessus rose pourpre, passant au brun vers les parties posté- rieures; sommet de la tète de la dernière teinte; une raie dorsale vert-jaunâtré ; sur la nuque, une paire de raies bleues en massue, et renfermant une ligne en zigzag qui se pro- lonore sur le dos. — i3) herpetodryas rhodogaster. Teintes: dessus comme dans l'Erpétodr. rave; dessous rouge. Formes beaucoup plus élancées que dans l'Erpét. rayé; mais la lête est peu grande, ramassée et revêtue de lames peu dévelop- pées; frênaie petite. Nombre des plaques abdominales 186, REVUK SYNOrifOUE. 153 des caudales au dessus de 70; 17 rangées d'écaillés lisses. Habite l'île de Madagascar. — i4) herpetodryasge mi- nât us. De Java. Taille petite. Formes assez effilées; tronc cylindrique partout dégale grosseur. Tête petite, presque dune venue avec le cou, déprimée et, à museau obtus. i5 Ranofées d'écaillés lisses en lozanije. 166 H~ to5. Marbré de brun-gris foncé ; deux raies dorsales d'un gris-argenté. Un demi-collier jaunâtre sur la nuque. — i5) herpetodr y as psAMMOPHis. Ressemble à la Couleuvre jaune et verte par le port et le système de coloration ; mais ses formes sont plus élancées, l'abdomen est un peu anguleux, et la tête plus effilée. Physionomie rappelant celle des Psammophis; plaque verticale alongée. 196 +114. 17 Rangées d'écaillés lancéolées ou lisses. Patrie: la Nouvelle-Orléans. — 16) herpeto- DRYAs DENDROP111S. 1 5 Rangées d'écaillés carénées et lan- céolées. Dessous de la queue aplati ; ventre convexe. i4o-H 196.*^ Dessus brun-olivâtre, marqué de nombreuses bandes étroites transversales foncées , qui renferment des taches claires. De Cayenne. — 17) herpetodryas dip- s AS. Rappelé les Dipsas par la configuration de sa grosse tête. Yeux très grands. Ecailles lisses, grandes, disposées sur i3 rangées. Formes élancées et cependant vigoureuses , queue assez déliée. Noir-bleuâtre luisant. Dessous et parties anté- rieures jaune brunâtre, les dernières couvertes de marbrures; des taches en triangle sur les flancs. 194 ^" i3o. Espèce de grande taille, originaire de l'île de Célèbes. — 18) herpe- todryas getulus. Ses formes lourdes le rapprochent des Couleuvres. Tronc gros, abdomen anguleux. Tête presque d'une venue avec le cou. Museau tronqué, à plaque rostrale voûtée. Yeux petits. 21 Rangées d'écaillés lisses et en lozange. 210 + 44' Noir, vaiié de bandes et raies jaunes enchaînées entre elles. L'Amérique du Nord. — 19) herpetodryas cuRSOR. D'une taille peu forte. Formes des Couleuvres. Dessous de la queue assez convexe; i6 à 17 rangées d'écaillés. I :> \ RKVUE SViNOPTlQUE. Noirâtre, avec 4 raies jaunes sur le dessus. 19L) _^_ loj. Des deux Amériques. Le septième et dernier genre des serpens terrestres, les PS AM- MOPHIS comprendcesCouleuvres qui se rapprochent des ser- pens d arbre par leurs form'^s et par plusieurs points de l'organi- sation. La plupart habitent des lieuxincultesou sablonneux cou- verts de broussailles. Ils offrent une anomaliedanslesystèmede dentition, en cequelesdents postérieures et celles du^niilieu sont ordinairement plus longues queles autres et quelquefois sillon- nées. Leur tAte est alongée, peu large et revêtue de plaques dont la verticale est très étroite; la région du frein est en gouttière. Quelques-uns ont des formes assez élancées et un corps mince; d'autres se rapprochent, par leurs formes ramas- sées , des Couleuvres. Ils habitent les contrées chaudes et tempérées des deux Mondes , mais n'ont pas encore été observés cà la Nouvelle Hollande. Ils parviennent rarement à une forte taille, i) psammopiiis la ce rt in a. Taille plus forte et formes plus lourdes que dans les autres espèces. Se reconnaît facilement à ses écailles creusées d'un sillon, et au sommet de la tête concave et séparé en manière de casque. Plaque verticale très étroite; frontale antérieure et occipitales petites. Dessus brun-olivàtre ou verdàtre, orné de 5 rangées détaches; dessous jaujiâtre; plaques labiales et mentales avec de larges taches vertes. 189 + 80. Habite presque tous les pays entourant la IMéditerranéé. — 2) psammopiiis moni- LiGER. De moindre taille et à formes moins robustes que le précédent. Tète moins large et plus déprimée. Brun verdàtre ou olivâtre; une raie dorsale jaune; souvent deux raies sem- blables sur les flancs. Pla lues de la tète ornées de g^randes taches effacées. Varie extrêmement tant pour les formes que pour le système de coloration. Plaques abdominales i36 à 170; pi. sous-caudales 62 à 1^5; i5 à 17 rangées d'écaillés lisses. Patrie: toute l'Afrique jusqu'au Levant; la pointe australe de ce continent produit un grand nombre de variétés REVUE SYNOraoïiE. 155 de cette espèce, et on en trouve une race analogue à île de France. — 3) psammophis pulvérulent a. De très petite taille. Queue assez courte. Dents sillonnées extrêmement développées. Tête conique; museau bombé et assez court; plaque verticale assez effilée. Jaune-rougeàtre, variant au l}run et au noir; tête rayée de noir; une raie dorsale foncée accompagnée d'une rangée de tacbes alternes. Les teintes varient assez d'un individu à l'autre. i53-H 54- Du Bengale, de Sumatra et de Java. — 4) psaimmopiîis seyghellensis. Tête eflilée et déprimée, museau tronqué; ly ran. d'écaillés lancéolées et fortement carénées. Brun -foncé varié de taches blanches et noirâtres alternes; une raie claire bordée de noir va des lèvres sur les côtés du cou. 1884-107. — 5) psammophis antillensis. Formes effilées. Port du Psamm. moniliger. Tête large et conique; museau terminé par une pointe émoussée. La plaque verticale est moins alongée que d'ordinaire. Toutes les dents d'égale longueur. Dessus brun-jaunâtre, orné de 5 raies foncées qui s'effacent plus ou moins avec l'âge. Dessous jaunâtre. Taille: 3 pieds environ; 17 à 19 rangées d'écaillés lancéolées et hsses. Pla- ques: 190 + 122. — 6) psammophis dahlii. Se rap- proche par ses formes très élancées et grêles des Dendrophis. Abdomen un peu anguleux. Tête étroite et alongée, mais garnie de plaques plus développées que chez les précédentes. Oeil grand; deux plaques oculaires antérieures. Dents toutes d'égale longueur. Une grosse glande surnuméraire derrière la lacrymale. Dessus gris-olivâtre; 4 ou S taches en oeil sur les côtés du cou. Longueur 3 à 4 pieds. Plaques: 211 -I- 122. Originaire de la Dalmatie; se trouve peut-être aussi en Egypte. — y) psammophis elegans. Espèce assez jolie et rare de la côte occidentale de l'Afrique. Formes assez effilées. Museau conique alongé, un peu retroussé et tronqué en dessous. Dessus brun-pâle, avec trois raies foncées. Des- sous: quatre raies effacées et verdâtres sur un fond jaune. 15G KEVCE SV^OPi[QlJE. 191 -H 159; 17 rang, d'écaillés petites , lancéolées et lisses. — 8) PSAMMOPiiis TEMMiNCKn. iléiiiiit au port et aux formes lourdes des Couleuvres la physionomie des Psammo- phis. Abdomen étroit et anguleux. Dessus brun-clair, relevé par 4 raies foncées; écailles marquées d'une ou de plusieurs taches noires. 180 4- 10 j. Du Chilé. — La quatrième famiU e des serpens non-venimeiix renferme les Serpens d'arbre. Ils sont particulièrement propres à peupler les grandes forets des régions chaudes. En assez petit nombre dans l'Afrique, et très rares à la Nouvelle Hollande ; l'Europe n'en produit que des espèces anomales. Ils ont les formes ordinairement très alongées, passent la plus grande partie du jour sui* les arbres ou les arbustes , et se nourrissent d'oiseaux ou de reptiles sauriens. Le premier genre de cette famillecomprend les DENDRO- PHIS. Ce sont, pour ainsi diie, des Couleuvres à formes très alongées et grêles. Leur tronc est comprimé, l'abdomen et même la queue sont ordinairement anguleux et revêtus de lames très larges. Les écailles, disposées sur des rangées assez obliques,sont de forme lancéolée ou même linéaire surle cou. La queue est très effilée ; la tcte offre à-peu-près la même organisation que celle des Couleuvres ou des Erpétodryas, mais ses formes sont beaucoup plus élancées. L'œil est grand et à prunelle orbiculaire. Les Dendrophis sont ornés de teintes très vives , et habitent les contrées chaudes des deux mondes; ils n'existent pas en Europe et ils sont rares dans la Nouvelle Hollande. — i) dendrophis lio cer eus. Écailles carénées, disposées sur i5 rangées. La plaque frênaie manque i55-Hi45. Dessus couleur de bronze , passant sur le devant au vert et au blanc sur le dessous. Une raie noire, derrière l'œil. Dents délicates et d'égale longueur. Depuis la Martinique jusqu'au Brésil et au Chilé. — 2) dendrophis catesbyi. Très voisin du précédent , mais il s'éloigne par des écailles lisses dont on compte 17 rangées, par des teintes ai:vi]E sirsoiniQuc:. 157 verdâtres et par une queue un peu plus effilée. 170 -f- 184. De rîle St. Doniingue. 3)dendrophis aurata. Formes plus délicates que dans aucun autre serpent. Tête assez petite ; museau plus court que d'ordinaire, yeux grands, abdomen convexe: i3 ranofées d'écaillés lisses. Teinte dominante: bronze doré. i44 -h i^^* Extrêmement rare à Surinam — 4) DENDROPHis PiCTA. Daus toutc l'Afrique ct l'Asic iu- tertropicales, depuis le- Sénégal jusqu'à la Nouvelle Hollande. Assez sujetà varier. Ecailles lisses; une rangée dorsale d'écaillés très larges en forme de plaques. Angles de l'abdomen saillans et échancrés. Dessus brun-bronzé. Côlés de l'abdomen marqués d'une raie jaune bordée de noir. Dessous blanchâtre. Sur les côtés du cou souvent des taches obliques noires et bleues. 1^5 H- 128. — 5) DENDROPHIS F O R M O S A. Taille et port du précé- dent ,* mais sa tête et les écailles dorsales sont plus grandes , les yeux plus volumineux , les lames occipitales plus petites , et la teinte du fond est un beau bleu foncé relevé sur les flancs par deux raies noires. 180 -f- i4o. Patrie: les îles de Java et de Sumatra. — 6) dendrophis rhodopleuron. A formes plus effilées que les précédens. Queue très plane en dessous; tête déprimée; 17 rangées d'écaillés carénées ; dents maxillaires postérieures sillonnées ; angles de l'abdomen saillans et échancrés. D'un rouge pourpre pâle , passant tan- tôt au jaune, tantôt au vert ou au brun, et varié plus ou moins de noirâtre. Dessous tirant sur le jaune ; la ligne médiane du dessous de la queue marquée [d'une raie noire 210 -f- 174- 1^6 l'île d'Amboine. — 7) dendrophis ornât a. Formes un peu moins élancées que d'ordinaire. D'un beau vert foncé , orné sur le dos de traits jaunes et rouges de diverse figure, et varié de noir qui occupe les bords des écailles. Tête avec plusieurs bandes jaunes. Angles de l'abdomen extrêmement saillans et échancrés; 17 rangées d'écaillés lisses. 2oo-4-ii3. Depuis le Bengale et Ceylan jusqu'aux îles de Sumatra et de Java. — 8) dendrophis praeorna ta. Du 158 REVUE SYNOPTIQUE, Sénégal. Voisin du précédent ; mais à abdomen presque con- vexe et à corps moins gros. Jaune-citron , relevé sur le dos par trois raies noires qui sont remplacées , sur le cou et la lête , par des taches et bandes transversales. Dessous gris pourpre; côtés de l'abdomen marqués dune suite de points foncés. Iy8 + 125. — 9) DENDROPHIS SMARAGDINA. A teintes d'un vert brillant uniforme. 1 5 Rangées d'écaillés fortement carénées. Angles de l'abdomen fortement saillans; dents maxillaires postérieures assez longues. i65 + i33. Habite la côte d'or. — 10) dendropius colubrina. Es- pèce anomale, du Cap de B. Esp. , qui rappelé par ses formes élancées mais très vigoureuses les Herpétodryas ou même les Dipsas, Tcte tiès grosse, à plaques ramassées dont les fron- tales antérieures petites; œil assez volumineux; une dent postérieure maxillaire longue et sillonnée. 21 Rangées d'écail- lés fortement carénées; poumon avec un lobe accessoire. Brun verdâtre ou olivâtre foncé ; dessous jaune verdâtre. 189-1- ii^' Les DR YioPHis forment le deuxième genre des serpens d'arbre. Ils sont très reconnaissables à leur museau extrê- mement effilé et le plus souvent alongé en une pointe plus ou moins saillante. Leurs formes sont des plus élancées, le tronc assez comprimé et à abdomen convexe. La plupart ont des teintes vertes ou couleur de bronza. La mâchoire supé- rieure porte ordinairement plusieurs dents très développées et sillonnées au milieu et au bout postérieur. Les écailles sont souvent de forme linéaire, et les lames abdominales assez hautes. L'œil n'est pas volumineux ; dans les premières espèces la prunelle est transversalement alongée. Ce sont de véritables serpens d'arbre qui habitent les pays intertropicaux de l'Asie et des Amériques. On peut établir dans ce genre deux divisions géographiques. A. Les Dryiophis de l'ancien monde ou Dryiophis prop rem en t dits, ont des dents maxillaires sillonnées et la pupille de l'œil alongée dans le REVUE SYINOPTIQUE. 159 sens horizontal. i)dryiophis nasuta. DepuisleMaîabar et Ceylan jusqu'à Java, aux îles Mariannes et Philippines. Ecailles lisses, celles delà rangée dorsale un peu plus grandes. Plaque rostrale prolongée en pointe. Vert d'herbe, dessous plus clair; une raie jaune s'étend le long des côtés de l'abdomen et de la queue. 180 -f- i53. — 2) dryiophis la n g ah a. Serpent curieux de l'île de Madagascar. Bîuseau prolongé en une appendice charnue d'un demi pouce de longueur, revêtue de petites écailles, et de forme assez variable, souvent acérée, et quelquefois comprimée et élargie en forme de feuille. Écailles carénées. Teintes d'un brun vif, passant au jaune sur le dessous. Formes moins élancées que d'ordinaire. Ventre un peu anguleux. i48 + i36. — 3) dryiophis PRASiNA. ïète conique, museau tronqué; plaque rostrale à bords saillans, labiales très hautes. Dents sillonnées assez développées. Ecailles lisses. 200 + 160. Pairie: le Bengale, la Cochinchine, les îles de Java, de Sumatra et de Gélèbes; les individus de cette dernière île forment une variété à queue plus élancée. — B. Les fau x-dryiophis ou les dryio- phis du Nouveau Monde ont des dents moins développées et une prunelle orbiculaire. — 5) dryiophis cateseyi. A teintes vertes et écailles carénées. Museau très comprimé et assez obliquement tronqué au bout. 204 ■+■ i4o« De Cayenne jusqu'à la Floride. — 6) dryiophis argenté a. Formes plus délicates que d'ordinaire; six plaques à la lèvre supérieure; écailles lisses. Blanc-argenté moucheté d'une teinte p'ius foncée et orné, sur les flancs et le dessous, de larges raies longitudinales d'un bleu profond. 200-J-90. Habite à Cayenne. — 6) dryiophis aurata. A formes plus sveltes encore que le précédent. Toutes les parties extrêmement délicates. 1904- 162. D'une belle couleur de bronze doré, moucheté de blanc et de noir. Depuis le Brésil jusqu'au Mexique et peut-être aussi à la Floride. — Les serpens d'arbre renfermés dans le genre DIPSAS se IGO I\E\Ut: SYlNOPTIQUE. reconnaissent à leur tête assez grosse , large et obtuse , à leur tronc vigoureux mais très comprimé ; à la prunelle de leur œil ordinairement verticale, etc. Cependant, ils ont les formes alongées propres aux animaux de cette famille. Leurs écailles sont le plus souvent lisses et lancéolées et on observe, dans beaucoup d'espèces, une rangée dorsale de plaques plus grandesque le reste; les plaques de la tête très ramassées , fab- domen convexe et les narines très ouvertes. On leur voit quel- quefois aux macboires une dent postérieure sillonnée. Les Dipsas babitent de préférence les grandes forets de l'Asie et de l'Amérique intertropicales. Les autres parties du monde en sont dépourvus, ou nourrissent des espèces plus ou moins disparates et e;i très petit nombre, i) dipsas dendro- piiiLA. De grande taille, atteint jusqu'à ^ pieds de longueur. Formes assez vigoureuses. Tète très grosse. Des dents posté- rieures sillonnées. Un petit lobe du poumon accessoire. 21 Rangées d'écaillés, dont les dorsales assez développées. 220 — 102. Corps d'unbeaunoir luisant et entoure de nom- breuses bandes d'un jaune d'or. Se trouve dans l'île de Java et à Sumatra ; les individus de Célèbes ont les bandes jaunes plus serrées et l'occiput orné de plusieurs taches de la même couleur. — 2) dipsas multimaculata. Port du précé- dent, mais à taille beaucoup moins forte. Dents toutes d'égale longueur. D un gris brun ou olivâtre bigarré de brun foncé; sur les flancs, 2 rangées de taches dont les supérieures assez étendues; sommet de la tète marqué d'un trait en angle; une raie foncée derrière l'œil ; dessous couleur de rose , marbré et tacheté de brun, l'j Rangées d'écaillés lisses, 207 + 84. Habite au Bengale et se trouve dans les îles de Java et de Célèbes. — 3) dipsas trigonata. Du Bengale. Voisin du précédent ; mais à dent maxUlaire postérieure très longue, à queue plus courte et à teinte d'un jaune olivâtre, marqué sur le dos de taches triangulaires blanches et bordées de noir. aS,'^ + 80. — 4) dipsas cynodon. Beau serpent REVUE SYNOPTIQUE. 16 i des îles de Java et de Sumatra, de grande taille et à formes assez effilées. Tronc extrêmement comprimé. 2 1 Rangées d'écaillés ; les dorsales en hexagone et assez larges. Dents plus larges à l'extrémité antérieure des mâchoires. Oeil très volumineux. D'un gris-pourpre, finement marbré ou moucheté de brun et relevé par des bandes noires et serrées.Plusieurs taches blan- ches sur les flancs. Une raie noire derrière l'œil. 260 -4- i4o. — DiPSAs DRAPIEZ I. 5) Formcs et taille à-peu-près sem- blables à celles du précédent; mais à museau beaucoup plus court, à tronc moins haut, et à dents d'égale longueur par- tout. La plaque du frein manque ordinairement. 260 + i3o. Dessous rose pourpre bordé de noir; une suite de taches rouges bordées de noir près de l'abdomen. D'un brun presque uniforme dans l'âge adulte. Observé à Ceylan, à Sumatra, à Java, à Gélèbes et à la Nouvelle-Guinée. - — 6) DIPSAS IRREGI3LARIS. Port du D. dendiopliilc. Taille assez forte. Écailles dorsales de la même étendue que les autres. Ecailles occipitales assez petites. Plaques souscaii- dales souvent en partie simples. D'un brun olivâtre, relevé par des bandes foncées et étroites qui descendent du dos obliquement en arrière, mais qui s'effacent avec l'âge. 23 Rangées d'écaillés. 25o-i- 100. Patrie: les îles de Gélèbes et d'Amboine. — 7) dipsas colubrina. Ecailles dorsales comme dans le précédent, auquel il ressemble aussi par les teintes; mais à formes beaucoup moins alongées, à queue courte et vigoureuse, à corps entouré de 2^ rangées d'écaillés, et orné de 6 suites détaches foncées disposées en quinconce. 1834-67. Habite l'île de Bourbon et Madagas- car. — 8) DIPSAS iEGYPTiAcus. Voisiu du Dips. anomal par le port et le manque d'écaiiles dorsales larges; mais d'une taille moins forte, à corps moins haut, et à tête plus petite, très déprimée et obtuse. IP n'offre qu'une seule paire de petites plaques mentales et une teinte d'un brun-gris enfumé , avec de nombreuses bandes claires et effacées. Les 1 1 102 REVUE SYNOPIIOUE. «''{.ailles sont petites et on en compte 4i rangées. 256 -H n^. • — 9)dipsas nebulata. Taille petite. Tête très haute; mu- seau court et haut; point de plaque frênaie. Formes moins effilées cpie cford inaire. Dents délicates et en peigne. i5 Ranii'. d'écaillés à surface unie. i8o-}-8o. Une ransfée de lames dorsales. Cellules du poumon s avançant sur la trachée. Glandes laciy maies et nasales assez développées. Corps chariié de marbrures brunes et claires; côtés du dos ornés de taches ou bandes. Dessous jaune. De Surinam. — lo) bips a s M I K A N I T. Semblable au précédent , mais à tétc plus alongée, à museau très gros et arrondi, à tronc moins haut et à lames S- ï^^ Brésil. — 20) DIPSAS macrorhi n a. D'une taille considérable. Formes élancées quoique robustes. Tête assez grosse; museau très large, presque d'une venue à bout tronqué et arrondi. Narines extrêmement ouvertes. Lame rostrale s'avancant sur le sommet du museau: frontales anté- rieures petites. 19 Rangées d'écaillés fortement carénées. 271 -+- 118. l\ existe des dents maxillaires postérieures sillon- nées. Corps marqué d'anneaux alternes de noir et de blanc 5 collierblanchatre; vient de Cayenne. — 31) dipsas natte- RERi. S'éloigne des autres Dipsas par sa tête, dont les formes se rapprochent de celle des Dendrophis. Le museau cependant en est court et étroit, et la prunelle de l'œil verticale. Lames du museau petites, du sommet de la tête alongées et étroites, ly Rangées décailles lancéolées, surmontées d'une carène et de la même étendue partout. Une dent maxillaire postérieure plus longue que le reste. De petite taille. Brunâ- tre; dos avec 4 raies foncées. 168 +74* ^^ Brésil. — 22) dip- sas puNCTATissiMA. Taille, port et formes absolument comme dans le précédent ; mais à écailles lisses , à queue plus élancée, à teintes plus claires, à plaque verticale plus alongée, REVUE SYNOi^TSQlJE. tG5 et il œil inoiiis grand. iSo-f-po. Habite les terres au Nord du fleuve des Amazones. — 23) dipsas gai m ardu. Très jolie espèce de l'île de Madagascar , à formes assez élancées et extrêmement délicates. Corps peu élevé , cotés de la queue légèrement anguleux. Tête assez petite. 17 Rangées d'écaillés .partout d'égale grandeur. 276+116. D'un brun-pourpre pâle, un grand nombre de bandes transversales sur le dos , accompagnées souvent de taches sur les flancs. — 24) dip- sas ANNULATA. Ressemble au précédent par les teintes et la physionomie ; mais ses formes sont beaucoup plus ramas- sées , sa tête plus volumineuse , la queue plus courte, etc.; 186 -j- 89. Depuis le Paraguay jusqu'à la Nouvelle-Orléans. — 23) DIPSAS FALLAX. Espècc disparate, qui se rapproche des Coronelles. Semblable à la précédente, mais plus robuste, et à queue plus courte; aussi ses occipitales sont-elles plus petites, la tête moins haute et l'œil moins volumineux. La plaque frênaie est alongée et touche à l'œil. 11 existe au bout postérieur des mâchoires une longue dent sillonnée. 19 Ran- gées decailles lisses. 206+ 55. Depuis la Dalmalie jusqu'au Levant. Dessus gris-brun marbré de noir et relevé par plu- sieurs rangées de larges taches foncées. Une tache en croix sur la nuque. La cinquième famille des serpens non-venimeux ren- ferme les S e r p e n s d' e a u douce. Ces serpens se rap- prochent dans leur organisation plus ou moins des Couleu- vres, et habitent dans les eaux, ou préfèrent du moins le voisinaofe des rivières ou des lacs à d'autres lieux. Je ne veux pas dire par là que tous les ophidiens qui ont des habi- tudes semblables doivent être réunis dans cette famille, puisqu'il faudrait alors y ranger des Couleuvres et la plupart des Boas qui offrent une organisation tout-à-fait diverse. J'ai plutôt réuni sous un même nom les serpens dont je parle, parce que, analogues entre eux par rapport à leur organisation et leur physionomie, ils composent une coupe J6() KEVUK S\^Ol>TiQLE. naturelle, mais nullement séparée par des caractères tran- chés, des autres subdivisions. Cette famille con)prend deux genres, dont le premier n'offre , à quelques exceptions près, rien d'intéressant dans l'organisation, tandis que les espèces du second sont toutes caractérisées par des traits aussi marqués que curieux. Le premier, celui des TROPIDONOTES forme un assem- blage de serpens très analogues aux Couleuvres, mais dont les formes sont plus ramassées ; qui ont le ventre très large et convexe, et dont la tête est large, conique mais à sommet étroit et à museau court. Leur œil n'est pas volumineux et leurs narines sont peu ouvertes. Ils ont ordinairement 3 plaques derrière l'œil, 19 rangées d'écaillés en lozange et carénées et l'angle de la bouche montant. Souvent de couleur sombre, mais ornée de taches à teintes vives, les Tropido- notes ne parviennent pas à une forte taille et la plupart ne surpassent guère 3 à 4 pieds de longueur. Ils habitent le voisinage des eaux douces, ou dans les eaux-elles-mémes et sont très bons nageurs. Vivant en société, ils sont communs dans les lieux qu'ils fréquentent, et ce genre est encore assez riche en espèces. On n'en a point encore observé dans la Nouvelle Hollande, ni dans l'Amérique méridionale, où ils sont remplacés par les Homalopsis. L'Afrique méridionale ne nourrit qu'une seule espèce remarquable par son organi- sation anomale. — i) tropidonotus natrix. Habite presque toute l'Europe jusqu'à la Sibérie. Serpent très com- mun et connu de tout le monde. Reconnaissable à ses teintes bleuâtres ou verdâtres relevées par des taches noires, car- rées sur le dessous; et à son collier blanchâtre suivi d'une large tache noire. Il existe des individus tout noirs, d'autres sont variés de teintes claires, et on observe dans le midi de l'Europe une variété à dos raie de jaune. 1 63 -1-62. Habite les prés et les bords des rivières ou des lacs, et s'établit sou- vent dans le voisinage des maisons. -— 2) tropidonotus KEVUi: SYINOPTIQUE. !(>7 QUiNCUNGiAïus. Graiiclti et belle espèce d'un brun oli- vâtre, orné cie 5 à 7 rangées de taches disposées en quin- conce. Une raie oblique sur les tempes, une au re sous l'œil. Teintes très sujettes à varier , soit accidentellement, soit par l'influence d'un climat divers. Les individus de Java ont les taches du dessus confluenîes pour former des raies longitu- dinales Ceux des îles Mariannes ont l'abdomen pointillé de noir. Depuis le Malabar jusqu'aux Philippines et aux Marian- nes. 134 + 72. Narines un peu verticales; lames frontales antérieures coniques. -*- 3)tropidojvotus umbratus. Jaunâtre varié de noir, tête toute noire. i43i -f- 83. Patrie: Bengale et l'île de Geylan. — 4)tropido]notus rhodo- MELAS. Aussi joli que rare. Dessus rouge de brique, des- sous plus clair, dos orné d'une raie foncée, sur les flancs une suite de points noirs. Tête très large et grosse , museau court et conique, lames occipitales et frontales petites. i3i-|-44« De lîle de Java. — 5) tropidonotus trian- GULiGERUS. Vert-olivâtre foncé ; dessous jaune d'ocre ; flancs ornés de larges taches triangulaires rouges; museau plus long et plus conique que chez les précédens. 13^ -h 81. Ha- bite l'île de Java. — 6) tropidonotus chrysargos. Formes tout-à-fait analogues à celles du précédent, mais de taille un peu moindre, à museau moins conique, et à flancs ornés de bandes noires et de taches jaunes. Dessous couleur de rose pourpre. 176+81. Habile l'île de Java. Dne jolie variété locale à teintes uniformes se trouve à Gélèbes, une autre à teintes vives à Sumatra. — 7) tropidonotus suBMiNiATUS. Eucorc voisin des deux précédens par l'organisation, le port et les formes; mais à tête plus courte et haute, et à lèvre supérieure assez enflée. Brun tirant sur le vert, sur le rouge ou sur le noir et varié de noir; dessous jaune avec deux rangées de points noirs; peau nue du cou ou espace entre les écailles d'un beau rouge vermillon ; sur la nuque, une tache noire pi^écédée d'un collier jaunâtre. Î68 REVUE SYINOPTIQUE. i3i H- 5^. De Java. — 9) tropidonotus tigrinus. Port, physionomie et teintes à-peii-près du Trop, à col- lier; mais là tête est moins déprimée, les écailles sont plus larges et plus fortement carénées, et les yeux plus volumi- neux, les taches dorsales enfin ont plus d'étendue, dans l'espèce du Japon. 161-1-71. — 10) tropidonotus viba- KARi. De très petite taille et à formes assez minces. Tête peu développée et guères distincte du cou. Ecailles faiblement carénées. Brun pâle , à raie dorsale plus foncée; dessous plus clair; collier blanc; plaques labiales blanchâtres bordées de brun. 142 +74* Longueur totale 16 pouces. Du Japon comme le précédent. — 11) tropidonotus stolatus. Taille un peu plus forte et formes moins délicates que le précédent ; physionomie l'appelant celle du Tropid. subminiatus. Dessus brun olivâtre foncé, relevé par un dessin réticulaire produit par deux raies jaunes entrecoupées de bandes noires, et marqué sur les angles de taches blanches. 146+61. Depuis le Malabar jusqu'à la presqu'île de Malacca; habite aussi les îles Philippines, — 12) tropidonotus vittatus. Abonde dans les lieux inondés dans l île de Java. Taille et formes à-peu- près du précédent. Brun livide, relevé par 3 raies noires; une raie d'un rouge pâle sur la dernière rangée d'écaillés. Lames du dessous bleu de schiste à bordures noirâtres. i44 "+" 78. — i3) tropidonotus schistosus. Hessus gris-schisteux; dessous jaunâtre. Taille moindre que celle du Trop, à collier. Tête courte et conique, à plaques ramassées. Yeux petits. Ecailles surmontées d'une très forte carène. 1 5o -f- 80. Observé à Madagascar, au Bengale et aux îles Philippines. — i4) tro- pidonotus BiPUNCTATus. Rcssemblc à beaucoup d'égards à notre Trop, à collier , et notamment à la variété du midi de l'Europe; mais il a la tête plus alongée; les yeux sont plus petits, le collier et la tache sur la nuque manquent. Dessus marqué de taches irrégulières tranversales. Lames abdomi- nales ornées d'une tache noire. i4i "^ 67. Patrie: la RKYUE SYIN(3PT1QUE. 169 Martinique , la Floride , les Carolines , le Mexique , etc. — TROPiDONOTUs SA u RIT A. Offre , pour les teintes et même pour la physionomie , une analogie frappante avec le précé- dent; mais s'en éloigne ainsi que de tous les autres Tropi- donotes par ses formes élancées qui le rapprochent des Erpétodryas. Tête plus alongée que d'ordinaire. Teinte du fond d'un brun foncé , relevé par des raies longitudinales noires. 166 -f. m. Patrie: l'Amérique du Nord jusqu'à la Martinique. — 16) tropidonotu s fasciatus. Atteint une très forte taille. Tête un peu plus alongée que d'ordi- naire; écailles fortement carénées; yeux peu volumineux; narines étroites et presque verticales. i36 + 65. Brun gri- sâtre , relevé par de larges taches foncées rondes et souvent confluentes. Dessous jaunâtre. Habite les mêmes contrées que les deux précédens. — i^) tropidonotus viperinus. Du Sud de l'Europe , se trouve aussi dans les Etats Barbares- ques et jusqu'à la mer Caspienne. Tête plus alongée que dans les autres espèces , assez conique, et revêtue de plaques plus effilées. Dessus vert-brunâtre marqué de plusieurs rangées de taches foncées ; dessous jaune avec des taches noires carrées. L'Espagne nourrit une jolie variété à raies dorsales jaunes. 186-1-68. l8) TROPIDONOTUS S G A B E R. G'cSt Un dcS serpens les plus curieux , en ce qu'il a les extrémités des apophyses épineuses antérieures des vertèbres collaires en guise de dents qui percent les tuniques de l'œsophage. La glande lacrymale, d'un volume extraordinaire, s'étend jus- qu'à l'angle de la bouche. D'ailleurs, ce serpent ne s'éloigne des autres Tropidonotes par aucun trait marquant. Sa tête est très grosse , courte , ramassée et revêtue de lames de forme trapue; la frênaie manque. Les écailles, disposées sur aj séries, sont surmontées d'une carène plus prononcée que d'ordinaire. Le tronc est alongé et la queue courte. 200 + 4^. Dents petites et d'égale longueur. Vient du Gap. — 19) tro- pidonotus MORTUARius. Tête alongée ; narines et yeux 170 KEVUE SYNOPTIQUE. très petits et presque verticaux ; plaques frontales antérieures et surciliaires petites; plusieurs lames oculaires antérieures; a3 ranimées d'écaillés , surmontées dune très forte carène. Teintes à-peu-])rès comme dans le Trop, à taches en quin- conce , mais plus sombres. Fait le passage aux îïomalopsis. Du Bengale iSy -+- 70. Les HOMALOPSIS qui forment le deuxième et dernier genre des Serpens d'eau douce, méritent à tous les égards ce dernier surnom. Ils ont les formes le plus souvent lourdes et ramassées, et leur tête offre une physionomie toute particulière, quoique cet organe soit d'une conformation assez diverse selon les espèces: il est très gros , à museau court et arrondi, et revêtu de lames écailleuses le plus souvent assez nombreuses et de forme plus ou moins irrégulière. Cette physionomie par- ticulière des Homalopsis est due en grande partie à leurs petits yeuxplus ou moins verticaux, et à leurs narines dirigées vers le ciel et en croissant, et qui sont tellement rapprochées, qu'il n'existe ordinairement qu'une seule lame frontale antérieure. Ils ont les lèvres assez enflées et rentrantes , l'angle de la bouche est assez montant. On leur observe ordinairement des dents maxillaires postérieures plus longues et souvent sillon- nées , et ils ont des glandes de la tête très développées. Leur squelette est compose d'os assez vigoureux; et les cellules de leur poumon se prolongent souvent sur la trachée. La plupart présentent des teintes sombres , et parviennent à une grande taille. Les Homalopsis n'ont été observés que dans les contrées chaudes de l'Asie et des Amériques, dont ils habitent les eaux douces en petit nombre , faisant la chasse aux poissons ou à d'autres animaux aquatiques, i) homalopsis buc- CATA. Très caractérisé par sa tête extrêmement grosse et haute , par le grand nombre de plaques labiales , par ses petites écailles faiblement carénées, dont on compte jusqu'à 89 rangées. Il a les lames occipitales petites et une frontale anté- rieure unique par suite de la disposition des nasales, qui sont REVUE SYNOPTIQUE. 171 rapprochées sur le sommet du museau. Un tour de petites plaques environnant l'œil. Quatre ou 5 paires de mentales convergentes, le reste de la gorge revêtu d'écaillés. Dents maxillaires postérieures sillonnées. Joues assez enflées. Dessus jaune d'ocre , couvert de larges bandes noirâtres. Une suite de points foncés le long des côtés du ventre. Sommet de la tête orné de traits. 1 60 4-78. Formes lourdes. Taille très forte. Habite l'île de Java. — homalopsis Schneider i. De moindre taille et à formes beaucoup moins trapues que le précédent, auquel il ressem])ie par son profil; mais il a une tête beaucoup plus alongée et à sommet revêtu d'écaillés sembla- bles à celles du tronc , de sorte que il n'existe des plaques que sur le museau. 25 Rangées d'écaillés carénées. Yeux assez dirigés vers le ciel. 146+5^. Habite Pondichéry, le Bengale , Java , Timor , Amboine et même la Nouvelle- Guinée. — 3) HOMALOPSIS DEcussATA. De très petite taille ; 19 rangées d'écaillés lisses ; queue très ramas- sée; tête petite d'une venue avec le tronc , arrondie au bout et revêtue au dessus de 9 plaques. Corps marqué de bandes alternes de brun rouge et de blanc ; cette dernière teinte forme le collier, et une tache sur le museau. i36 -H 3o. Habite l'île de Java. — 4)^oj^ï^'^opsis leucobaha. Espèce singulière par la forme de sa tête qui est très large, grosse , haute , arrondie et à sommet étroit revêtu de 8 plaques peu développées , dont les yeux sont assez petits et les hautes plaques labiales seulement au nombre de 5 ; deux oculaires postérieures, une antérieure; 25 rangées d'écaillés lisses et en lozange. Dessus noirâtre ; bandes irrégu- jières des côtés et dessous blanchâtre. i54 *+~ 33. Formes assez lourdes. Habite l'île de Timor. — 5) homalopsis p L u M B E A, Formes moins trapues que dans le précédent. Tête large et arrondie , avec 8 plaques sur le sommet; 19 ran- gées d'écaillés lisses et carrées ; queue très ramassée. De Java. 121 ->- 37, Une dent maxillaire postérieure sillonnée. ]12 HRVUR SYNOPTlQlli. Dessus couleur de plomb, dessous blanchâtre. — 6) u o m a- I. o p s I s A E R. Assez analogue au précédent ; mais à léte plus alongée , à nniseau moins large, petit et revêtu de lames moins développées; à tronc plus comprimé , et à queue plus effilée. 25 Rangées d'écaillés en lozange. i4H -+• Sa. Couleur de plomb tirant sur le brun, avec deux raies dorsales claires; flancs jaunes avec une raie foncée. Se trouve à Java et au Bengale. ^)homalopsis sieboldii. Tronc plus com- primé que d'ordinaire; dos en toit par la forte carène qu'il forme, abdomen très étroit; 29 rangées d'écaillés lisses. Formes ramassées. Tête à-peu-près connne dans l'Homal. buccata ; mais moins obtuse, à sommet plus étroit, à lames labiales moins nond)reuses et à œil plus volumineux; aussi observe-t on deux frontajes antérieures. Dessus gris-brun tirant sur le pourpre, couleur presque couverte par plusieurs suites de très larges taches foncées; dessous jaune marbré de brun. 147 + 5i. Du Bengale. — 8) iiomalopsis CARiNicAUDA. Ihibitc les deux Amériques. Voisin de THom. plumbea de Java; mais à tète plus alongée, à queue plus effilée; aussi l'œil est-il [)lus volumineux, et les écailles sont à bout tronqué et surmontées d'une carène assez forte mais seulement sensible sur les parties postérieures. Cou- leur de plomb assez foncé; dessous jaunâtre, avec deux rangées mitoyennes de taches noirâtres, l'^y -h 56. — 9) HOMALOPSis ANGULATA. Port dcs Tropidouotcs ; mais à formes un peu plus ramassées. Tète grosse et arrondie, revêtue de 8 plaques assez peu développées , et dont la fron- tale impaire s'avance entre les nasales. Yeux plus volumineux que d'ordinaire. 19 Rangées d'écaillés surmontées d'une très forte carène. Jaunâtre, passant, sur les flancs, au rouge; dessus orné de très larges tachesfoncées anguleuses, dont les pointes se prolongent sur le dessous pour former des taches carrées et alternes. Dents postérieures sans sillon. 1 18 -J- 66. Poumon simple. Depuis le fleuve des Amazones jusqu'à la Martinique. — REVUE SYNOPTIQUE, 173 iOj HOMALOPSis PLicATiLis. Assez lecoimaissable à sa tête très alongée et étroite , mais dont le museau est d'une brièveté remarquable ; à ses grandes écailles émoussées, lisses et disposées sur i5 rangées; et aux teintes. La lame frênaie manque. Taille ' très forte. Tronc assez gros et cylindrique. i34 "*" 3^- Dessus brun roux; sur les flancs une très large raie foncée accompagnée dune suite de taches. Dessous jaunâtre ; sur chaque coté, deux rangées de points brunâtres. Du Brésil; il en existe, à la Nouvelle-Orléans, une jolie variété locale, caractérisée par ses teintes vives. — ii)homalopsis MARTiï. Tête à-peu-près comme dans l'Hom. plumbea , mais plus déprimée et un peu plus alongée. Yeux assez petits. IVarines très rapprochées du bout du museau. Tronc beau- coup plus effilé que d'ordinaire, et cylindrique. 1 5 Rangées d'écaillés lisses. Corps entouré d'anneaux alternes bruns de deux teintes ; les adultes sont d'un noir presque uniforme , et ont la peau très luisante. i58 4- 4B. Depuis le fleuve des Ama- zones jusqu'à Surinam. 12) HOMALOPSIS REINWARDTII. De grande taille et à formes assez alongées. Queue très courte et grosse. 21 Rangées d'écaillés lisses. Tronc presque partout d'égale grosseur et un peu comprimé , physionomie ressemblant à celle de l'Homalops. plicatile. Dessus brun-roux noirâtre, dessous jaune-rougeâtre : ces deux teintes s'entre- lacent pour former sur les flancs des bandes et des taches, 180 -f- 42. Découvert dans la Louisiane. — i3) homa- Lopsïs LEOPARDINA. Voisin de l'Homalop. angulata par l'organisation des écailles, de l'Hom. plicatile par la configu- ration de la tête. Plaque frontale impaire enchâssée entre les nasales. D'un rouge-brunâtre relevé, sur le dessus ,par 5 suites de taches en quinconce. Queue alongée par rapport aux- dimensions du tronc. 117 4- y'i. Patrie inconnue. — 14) homa- Lopsis HERPETON. Espècc tout-à-fait anomale et un des serpens les plus remarquables par deux appendices charnues qui se prolongent du bout du museau et qui sont revêtues 174 lŒVUE SYNOPTIQUE. decailles. IMaques abdominales â-peine plus larges que les écailles et surmontées chacune de deux carènes, if) Rangées d'écaillés fortement carénées. Port, taille et formes de l'Hom. (le Schneider; mais le tronc est très gros au milieu , la tète revêtue de petites écailles , et au sommet , de 9 plaques entre lesquelles on voit plusieurs écailles déforme irrégulière. Dents d'égale longueur. i4o H- 96. Brun , rayé d'une teinte claire. Patrie inconnue. J'ai réuni les BOAS dans la sixième famille des ser- pens non-venimeux. Ils ont la queue prenante et la faculté de s'entortiller également avec leur tronc autour d'autres corps. Leur écailles sont nombreuses et les lames du dessous très peu développées. La tète grosse et à traits prononcés , est revêtue d't'cailles ou de petites plaques dont la forme et la disposition sont assez disparates. Les yeux sont petits et ordi- nairement à prunelle horizontalement alongée ; les narines plus ou moins verticales. Les plaques labiales sont souvent creusées de plusieurs fossettes. Ils ont le poumon ordinaire- ment divisé en deux lobes, et un crochet à l'anus. Habitans des contrées chaudes des tleux mondes , les espèces de ce genre ne sont pns nombreuses et la plupart d'entre elles dé- passent tous les autres serpens dans leurs dimensions. Plusieurs espèces fréquentent les eaux douces; d autres habitent les bois ; et il en est qui sont essentiellement aquatiques. Ils ont l'habitude d'écraser leur proie dans les replis de leur corps et de lui concasser les os avant de l'avaler. Cette famille se divise en trois coupes génériques. Genre I : Les BOAS PROPREMENT dits. (BOA). Ce sont les espèces dont l'intermaxillaire est dépourvu de dents, dont l'orbite est, comme dans les autres ophidiens, formée en dessus par les frontaux mitoyens, et qui ont le dessous de la queue garni de lames simples. Plus particulièrement propres à lAmérique intertropicale. Ceux de l'ancien monde sont de petite taille et offrent des formes disparates. — i) boa REVUE SYNOPTIQUE. 175 CONSTRICTOR. Espècc teiTestre, d'une taille de 9 à 1 2 pieds. Très reconnaissable aux petites écailles lisses qui revêtent le corps et toute la tête, et dont on compte jusqu'à 67 rangées, et à sa teinte rougeâtre relevée par un dessin com- posé de larges taches ovales, de bandes et de raies entre- lacées et d'un brun-rougeâtre. Formes assez vigoureuses j queue courte , tête en forme de cœur. 243 -f- 58. Habite les bois de l'Amérique intertropicale , où il se suspend aux bran- ches des arbres pour guêter les petits mammifères dont il se nourrit. — 2) boa m urina. Le plus grand serpent connu. Narines verticales rapprochées au bout du museau ; cette partie et les lèvres revêtues de plaques. Yeux dirigés vers le ciel; l\i rangées d'écaillés lisses, Têtealongée^ à museau arrondi et à côtés assez inclinés, 260 4- Q^, Brun fuligineux, avec 2 rangées de taches orbiculaires sur le dos et une double suite de taches en œil sur les flancs. Espèce aquatique et vivi- pare qui atteint jusqu'à 20 pieds de longueur. Patrie : comme la précédente. — 3) boa cenchria. De moindre taille que les précédentes. Espèce terrestre , a les habitudes du Boa constricteur. Tête à-peu -près comme dans la précédente ; mais à plaques labiales creusées d'une fosse , et à plaques verticales remplacées par de petites lames de forme irrégulière. Queue courte. Narines ouvertes et latérales. 35 Rangées d'écaillés lisses. 240-1-48. D'un roux-brun jaunâtre; dessus orné d'une double suite de taches orbiculaires , claires et bordées de noir ; trois rangées de taches moins larges et foncées sur les flancs. Les taches confluent souvent pour former un dessin réiicuiaire. Patrie comme les précédens. — 4) boa canin A. Assez caractérisé par ses teintes vertes relevées par des taches dorsales blanches en lozange; dessous jaunâ- tre. Les jeunes souvent de couleur jaune. Dents antérieures très longues. Corps fortement comprimé, et plus particu- lièrement propre à se rouler en dedans. Queue prenante douée d'une grande force. Tête en cœur , revêtue au 176 HKVUE SYlNOPTIQI E. sommet (rc'cailles de forme irrégulière et plus grandes vers le bout du museau. Toutes les lames labiales creusées de fossettes. 53 Raiif^ées d'écaillés lisses. Taille 6 pieds environ. iq6 4- 70. Depuis le lleuve des Amazones justpi'à Surinam. — 5) BOA iioRTULANA. Reconuaissable , outre ses formes élancées et la tjueue très longue, à une large fosse creusée dans la joue; on voit également des fossettes sur les der- nières lames de la lèvre inférieure. Dents antérieures plus loncrues que les autres. Tète en cœur irrégulièrement revêtue d'écaillés au dessus; il existe une paire de lames frontales larges deux frênaies et une oculaire antérieure. Tronc très comprimé. Abdomen un peu anguleux et revêtu de lames plus larges que d'ordinaire. 3() Rangées d'écaillés alongées et lisses. Rrun-roux ; une suite de larges tacbes foncées, or- biculaires ou en lozange , et assez grandes sur les flancs. Disposition des teintes peu constante. Tète ornée d'un grand nond^re de traits fonct's vermiculaires. 2j3 4- 11 y. Fré- quente probablement les arbres, se nourrit d'oiseaux et babite tout le lîrésil, Surinam, et a aussi été observé sur l'île de St Vincent. — 6)roa dussumieri. De l'ancien- nionde , d'une petite île près de Maurice. Formes effdées et queue longue comme dans le Boa bortulana ; mais à plaques labiales sans fossettes, à 89 rangées d'écaillés carénées , et à tète très alongée , revêtue d'écaillés , à l'exception du museau qui porte, au dessus, 2 paires de lames. Queue peu prenante. La rostrale est obliquement tronquée. Yeux latéraux. Na- rines étroites et un peu verticales. 238-4-128. Taille beau- coup moindre que dans les espèces de l'Amérique du Sud. Dessus gris- brunâtre , avec quelques taclies sur la nuque; dessous jaunâtre. — y) boa carinata. Espèce de très petite taille des Moluques et de la Nouvelle-Guinée. Tête assez alongée et déprimée ; museau anguleux aux côtés et tronqué au bout : ces parties revêtues d'écaillés, à l'exception des freins et des lèvres. Narines et yeux latéraux; les - TxEVUE SYNOPTIQUE. 177 derniers saillans. Abdomen convexe et garni de lames plus larges que d'ordinaire. Plusieurs dents maxillaires longues au devant de la bouche. D'un brun-roux, varié de mar- brures blanches et de taches foncées , qui confluent souvent pour former des raies dorsales. 2^7 Rangées d'écaillés forte- ment carénées. 170 4- 5o. — 8)boaconica. Peu connu. Du Bengale. Taille du précédent. Queue très courte et conique. Brun-foncé^ une large raie noire bordée de blanc serpente le long du dos; sur les flancs, une suite de taches foncées et orbiculaires. Dessous, couleur de nacre. 209-t- ig. — 9) B o A M EL A N u R A. Espèce anomalc , rapprochant les Boas des Tortrix. Taille et port des espèces de l'ancien monde. Formes ramassées. Tête revêtue de 9 plaques peu dévelop- pées. Point de crochet à l'anus. Queue très courte et forte- ment prenante. 20 Rangées d'écaillés carénées et de forme carrée. 206 -f- 38. Gris-jaunâtre, une suite de taches noires sur les flancs près du ventre; une autre suite de taches très effacées, sur le dos : ces taches confluent sur la queue en formant une teinte noire uniforme. Dessous jaune d'ocre clair. Les PYTHONS composent le second genre de la famille des Boas. Ce sont tous des serpens de grande taille, qui habitent exclusivement l'ancien monde: ils ont l'intermaxiî- laire garni de dents; la voûte de leur orbite est complétée par un os surnuméraire, qui n'existe dans aucun autre ser- pent; et on observe au dessous de la queue .des lames divi- sées. Les lèvres sont toujours creusées de fossettes, et les plaques de la tête plus développées que dans les Boas pro- prement dits. — i) PYTHON BiviTTATUs. Lame Tostralc et les deux premières labiales seules creusées de fossettes. Museau et sommet de la tête revêtus de plaques irrégulières. Rémon des freins excavée. 63 Rangées d'écaillés hsses et petites. 270 -f- 70. D'une teinte jaunâtre, relevée par un des- sin composé de larges taches alternes brunes. Sommet de la tête bordé par deux raies, formées par la teinte du fond. 12 178 REVUt SYNOPTIQUE. Elancs variés et bigarrés de blanc et de noir. Dessous avec des taches carrées foncées. Depuis la côte occidentale de l'Afrique, par toute l'Asie inteitropicale, jusqu'à la Chine et à l'île de Java. Le plus grand serpent de l'ancien monde; atteint jusqu'à 20 pieds de longueur. — 2) python SCHNEIDER I. Eoruics bcaucoup plus effdées, tête beau- coup plus alongée, et taille moindre que le précédent. TeLe étroite, revêtue de plaques plus développées que d'ordinaire. Museau renflé au bout, à plaques labiales antérieures creu- sées d'un sillon ; les dernières lames de la lèvre inférieure également pourvues d'une fossette. Ecailles du tronc assez petites. 3ao -f- 90. Gris-brun jaunâtre, avec une raie noire mitoyenne sur le sonnnet de la lête et qui s'élcnd sur le corps, pour s'entrelacer avec d'autres raies, en formant un dessin réticulaire. Va jusqu'à i4 pieds et habite Malacca, Java, Sumatra et Amboine. — 3) python ameth ysti mus. Plaques de la tête plus développées que dans les autres es- pèces; fossettes labiales à- peu-près comme dans la précé- dente; formes plus effdées que d'ordinaire; /[i rangées d'écaillés. 800-1-96. Varié de brim rougeàtre et de jaunâtre; teintes qui forment souvent un dessin réticulaire effacé. Taille: six. pieds environ. Vient de Saparua, petite île dans le rayon d' Amboine. Les îles de Timor , de Samao et la Nou- velle Irlande nourrissent un Python tout-à-fait semblable, mais à traits moins prononcés. — 4)P"ïTnoN peronii. De la Nouvelle-Hollande. Taille 6 pieds environ. Tête beaucoup plus large que dans les autres espèces. Narines très spacieuses et dirigées vers le ciel. Museau assez obtus. Dessus de la tète revêtu de lames écailleuses nombreuses, irrégulières et plus grandes vers le bout du museau. Fossettes aux lèvres comme dans les précédens. 41 Rangées d'écaillés lisses. 275 4- 83. Noir, parsemé de traits et de taches d'un jaune d'or, plus ou moins grandes, à ce qu'il paraît, selon les lieux qu'habite l'espèce. REVUE SYNOPTIQUE. 179 3'"^ Genre de la famille des Boas: les AGROCHORDES. Ophidiens très curieux et disparates par leur organisation. Ce sont cependant des Boas, mais des Boas anomaux. Ils ont une queue fortement prenante et comprimée comme leur tronc. Ils manquent de crochets à l'anus. Leur tête est arrondie; les yeux extrêmement petits, un peu verticaux, à prunelle orhiculaire, et leurs narines , tubulaires et rappro- chées au sommet du museau, sont dirigées en avant ou vers le ciel. Toutes leurs parties sont revêtues d'écaillés exces- sivement petites, non-imbriquées et mucronées, et on voit sur la ligne médiane du ventre une crête saillante , hérisvsée d'écaillés. Le dessus de l'orbite est formé par une apophyse du frontal postérieur. Dents comme dans les Boas propre- ment dits. Ils sont essentiellement aquatiques, habitent les Indes Orientales , et ont des teintes très sombres. Poumon prolongé jusqu'à l'anus. On ne connaît que 2 espèces de ce genre. — ï)acîiogkordus javanicus. Dans les rivières de Java. D'une taille de 8 pieds et à formes assez ramas* sées. Narines dirigées en avant. Brun foncé, chargé de nom- breuses marbrures. Crâne de forme bizarre par la brièveté de la partie antérieure, la petitesse des mastoïdiens et l'ex- trême longueur des caisses. — 2)acïiochordus fasciaïus. Formes beaucoup plus grêles et taille moindre que le précé- dent; écailles des lèvres plus développées. Narines presque verticales. Brun , avec des bandes claires sur les flancs. Depuis les grandes Indes jusqu'à la Nouvelle-Guinée. La seconde grande division des serpens comprend les Serpens venimeux. Ils sont tous pourvus d'une dent meurtrière fixée sur le maxillaire, dont le volume est plus ou moins réduit, de sorte qu'il porte rarement d'autre dents que les crochets. Cet embranchement se divise naturellement en trois groupes ou familles. La première , celle des Serpens venimeux c o l u b r i- formes, renferme tous ces ophidiens venimeux qui rappelent 180 IVKVUE SYiNOPTJQUE. par leiiis tonnes les serpeiis noii-veniiiieiix teneslres, aux- (juels ils ressemblent quelquefois beaucoup , et dont ils ne se distinguent souvent par d'autres signes extérieurs que par la grosseur du museau. Ils ont le tronc alongé; la queue courte , ramassée et conique; les yeux peu volumineux et à prunelle orbiculaire; les narines ouvertes et latérales. Leurs écailles sont grandes, en lozange et pres({ue toujours lisses. Leur tète est revêtue de plaques semblables à celles des Couleuvres , dont la rostrale est assez développée , tandis que la frênaie manque ordinairement. L'appareil venimeux est beaucoup moins développé que d'ordinaire : le maxillaire est long et armé souvent de dents placées derrière les crocbets, ([ui sont courts mais forts, et pourvus d'une fente qui réunit les orifices; la màcboire inférieure avec ses pièces suspensoires est peu développée. Ces Opbidiens babitent les contrées chaudes des deux moildes, ne se trouvent point en Europe , et ne forment que trois genres. i) Les ELAPS, à tronc cylindrique très effilé et de même gi'osseur , entouré ordinairement de i5 rangées d'ecailles larges et lisses; à tète alongée et peu distincte du tronc; teintes le plus souvent assez vives et belles. Ils fréquentent les lieux boisés ou couverts de végétation et paraissent fuir les terrains arides. Ils babitent dans les deux mondes, et forment un groupe naturel , dans lequel on peut établir plusieurs divisions géographiques : A. Espèces américai- nes, à corps marqué d'anneaux alternes de rouge et de noir, i) ELAPS coRALLiNus. Têtc uu pcu coniquc ; lauics occipitalcs assezlarges. Parvient à une taille de 4 pieds et plus sur une gros- seur d'un doigt d bomme. Sommet de la tête noir; teintes extrê- mement sujettes à varier, de même que les lames du dessous, qui chez les uns au nombre de i^8-l-25, s'élèvent cbez d'autres à 22 2 H- 45» Couleur du fond, du rouge au jaune , au blanc ou au brun ; anneaux souvent effacés et seulement reconnaissa- bles à leurs bordures blanches. Du Brésil jusqu'à la Caroline. — REVUE SYNOPTIQUE. 181 :ï) E L A p s L E M N I S c A T u S. A peine distinct du précèdent. Vient des Guyanes. Formes un peu plus élancées; yeux plus petits et moins latéraux ; une bande noire entre les yeux ; anneaux du corps noirs et ordinairement rapprochés trois à trois. 23o 4- 36. — elaps sur ïn amen si s. Très recon- naissable à sa tête large, courte, déprimée, et revêtue de plaques peu développées et bordées de noir ; à son museau obtus, à ses formes trapues; à son corps entouré d'anneaux rapprochés 3 à 3 et dont celui du milieu est très large ; enfin aux écailles dorsales un peu plus larges que les autres; parvient à une très forte taille et habite la Guyane hollan- daise. — B, Espèces d'Afrique. On n'en connaît qu'une seule. 4) ELAPS kygirae. Facile à reconnaître au caractère artificiel tiré de la présence d'une lame nasale indivisée, percée par les narines ; verticale assez alongée ; 6 labiales. Plaques abdominales moins larges que d'ordinaire. 200 -h 28. De petite taille. Habite au Gap, Teintes de toute beauté: jau- nâtre, dessus d'un rouge vif, orné de bandes noires, quelque- fois confluentes; dessous bigarré de noir. — G. Espèces de l'Asie. 5) elaps col la ri s. Peut-être identique avec l'Elaps des îles Phili])pines. Formes de l'Elaps lemniscatus; mais à tête courte, grosse et déprimée; la sixième plaque verticale, évasée et touchant aux occipitales. Brun foncé, dessous marqué de taches rouges, dont les angles se pro- longent sur les flancs. Cou orné d'un collier. 229 -f- ly. — 6) ELAPS TRIMACULATUS. Vicut des graudcs Indes. De très petite taille. Formes extrêmement délicates ; queue par- tout de la même grosseur. Dessus brun clair ; avec une raie dorsale noire , accompagnée d'autres raies étroites sur les flancs. Tête , bout de la queue et anus noirs. Dessous jau- nâtre. Queue blanche, mouchetée de noir. 241 ■+" 32. — 7)elapsfurcatus. i3 Rangées d'écaillés. Corps filiforme. 255 H- 22. Tête d'une venue avec le tronc et étroite. Dessus brun très foncé; imc raie dorsale bifourchue sur la tête^ 182 UEVUE SYNOPTIQLi:. d'un beau jaune , qui passe au rouge sur la queue ; une raie blanche sur les flancs. Dessus d'un vert vif, avec des bandes transversales foncées. Taille i5 pouces environ. Habite Java et se trouve aussi sur la presqu'île de Malarca et a Sumatra, où il forme une variété de climat. — 8) elaps r. iviRGATUS. Très belle et rare espèce. A peine de la gros- seur du petit doigt sur une longueur de 3 à 4 pieds. Corps extrêmement effilé, cylindrique et partout d'égale grosseur. Queue plus longue que d'ordinaire. Tète presque d'une venue avec le tronc. Dessus bleu violet, passant, vers la queue, au pourpre. Flancs marqués d'une raie blanche, ondulée et étroite. Tcie et dessous rouge écarlate. 2^0 _f. 49. Habite les îles de Ja\a et de Sumatra , où il forme une variété caractérisée par une raie sur la ligne médiane du dos. — D. Espèces de l'A u stralasie. 9) elaps mùlleri. De la Nouvelle-Guinée et tles îles adjacentes. A corps plus gros au milieu que d'ordinaire , et à queue courte et plus conique. Tête distincte du tronc, revêtue de plaques très alongées , mais à museau court. Dessus brun ou brun roux; dessous tantôt jaune , tantôt vert ; une raie jaune ou couleur de rose va des lèvres sur les ilancs. 162 H- 28. — 10) elaps coro- natus. Pour la taille et les formes, semblable au précédent, mais à museau plus pointu; i38 + 52 lames indivisées. 6 Larges lames labiales , une seule temporale. D'un vert-bru- nâtre; sommet de la tête bordé par un trait noir. 11) elaps p s A M M o p H I s. Ressemble , à s'y méprendre , à certains Psam- mophis et notamment à la variété verdâtre du Psamm. moni- liger du Gap. Queue plus effilée que d'ordinaire. 186 -f- 76. D'un vert olivâtre. Dessous et bord de l'oeil jaunâtres. Le deuxième genre de la famille des serpens venimeux colubriformes , celui des BONGARES, ne comprend que deux espèces assez voisines , assez reconnaissables à leur dos revêlu d'une rangée d'écaillés hexagones et plus larges que le reste. Ils ont le port et la physionomie des Elaps , mais ÏŒVUE SYNOPTIQUE. [83 leurs formes sonl plus vigoureuses et ils parviennent à une taille beaucoup plus forte. L'abdomen est convexe , la queue robuste, revêtue en dessous de lames indivisées. i5 à 17 Ran- gées d'écaiiles lisses. Corps annelé de jaime et de noirâtre. Tête à-peu-près comme dans les Elaps. Leur squelette est pourvu de larges apophyses transversales , évasées en forme de lamelles. Plusieurs dents solides derrière les crochets. Os de la tête très robustes. Ils habitent les grandes Indes ainsi que les îles de Geylan et de Java. •— i) bungarus annu- LARis. Corps entouré d'anneaux complets de noir et de jaune. Queue extrêmement vigoureuse , carénée sur le des- sus , et très grosse jusqu'au bout. Deux raies formant un angle aigu, sur !e sommet de la tête. 2î3-f-34. Longueur () pieds. — 2)BUNG\aus semifascîatus. Taille un peu moindre que le précédent. Os beaucoup moins vigoureux. Corps entouré de demi-anneaux. Queue plus élancée et conique. Tête plus déprimée ; yeux moins volumineux. 2op 4- 46. Teintes assez sujettes à varier. Le troisième et dernier genre des serpens venimeux colu- briformes est celui des NAJAS, ils ont des formes plus ro- bustes que les Elaps et les Bongares 5 leur tronc n'est pas cylin- drique , mais plus gros au milieu ; leur queue est plus alongée et toujours conique ; l'abd^omen large et convexe ; leur cou jouit plus ou moins de la faculté de se dilater en disque ; leur tête est assez distincte du tronc et souvent très conique,* leurs yeux sont grands et latéraux , ainsi que les narines qui sont ouvertes; la plaque rostrale se prolonge ordinairement sur le sommet du museau ; favant-dernière plaque labiale souvent de forme irrégulière ; leurs écailles enfin sont presque toujours lancéolées , et même quelquefois carénées. Les Najas habitent les contrées chaudes ou voisines des tropiques de l'ancien monde. — i) NAJA tripudians. C'est le célèbre serpent dont les bateleurs des Indes se servent pour exécuter des jongleries, et auquel on a donné le nom de serpent à 181 UEVUE SYNOPTIQUE. lunettes, parce que son cou est orne d'un trait avant quelque analogie avec certaines espèces de cet instrument Son cou est assez dilatable. Il atteint une forte taille. 23 à 3i Rangées d'écailles. 1874-47- Brun plus ou moins foncé , tantôt uniforme , tantôt orné de bandes obliques et étroites- Teintes assez sujettes à varier. Depuis le Malabar jusqu'aux îles Pliilippines. Une variété de climat à teiutes foncées existe à Sumatra ; les individus de Java ont les teintes pres- que noires, la queue plus courte et on ne remarque le dessin du cou que dans le jeune âge. Se nourrit de crapauds. — 2) NAJA HAJE. Analogue au précédent, mais à cou moins dilatable, à tête plus conique, à plaque rostrale saillante, à lames labiales plus larges , et à teintes diverses. 208 -H 5 i^. 23 Rang, décailles. Brunâtre, vaiié de taches foncées et claires. Habite lEgypte ; une variété de climat se trouve au Cap : elle a le système de coloration peu constant , variant du brun au jaune et même au blanc. C'est l'A s pi s propre- ment dit , célèbre dans l'antiquité et encore de nos jours par les jeux qu'exécutent avec lui les sorciers de fEgypte. — 3) NAJA BUNGARUS. Fomie plus grêlcs et taille moindre que les précédens ; museau court et un peu tronqué au bout; yeux volumineux ; queue élancée et écailles dorsales un peu plus grandes que les autres. 25o -f- 3o s. -{- 80 div.; ou 262 -+- 23 s. -H I ï8 div. ; 19 rangées d'écaillés. Dessus bleu noir , relevé par de nombreux traits en angle et blanchâtres. Habite les îles de Java et de Sumatra ; espèce très rare. — 4) NAJA BUNGAROiDES. Semblable au précédent pour les teintes; mais à tête plus large et plus ramassée, à écailles d'égale grandeur , à queue plus courte , et à yeux moins volumineux; 214 •+- Sa lames simples; 21 rang, d'écaillés. — 5) NAJA poRPHYRiCA. Port du Naja à lunettes; mais de taille moindre; à i5 rangées d'écaillés seulement; à museau assez obtus, etc. Dessus bleu noir, flancs rose-pourpre^ dessous jaune. Piaq. abdominales 180; 5o sous-caudales. ,, REVUE S\L\OPilQHE. 185 qui sont en partie indivisées. Se trouve sur les sables de l)ruyère à la Nouvelle-Hollande. — 6) naja h^maghates. Espèce bien caractérisée par des formes assez ramassées , par sa tête large à la base et pointue vers le bout du museau , et par ses écailles carénées, disposées sur 19 rangées. Le cou est un peu dilatable. 137-1-40. N(ir pourpre varié de jaunâtre. Habite les plaines sablonneuses au Cap de Bonne Espérance. — 7) naja ruombeata. De moindre taille que le précédent, dont il a à-peu-près le port. 19 à 21 Ran- gées d'écaillés faiblement carénées sur le dos. Queue extrêmement courte et vigoureuse. i34 -+- 21. Point de dents solides derrière les crochets. Grisâtre-pâle , dessous plus clair; une suite de taches en lozange sur le dos, une large tache anguleuse sur la tête. Observé au Cap et à la Côte d'Or. — 8) naja lubrîca. Reconnaissable à son corps entouré de larges anneaux noirs et rouges. Lame rostrale très large et s'avancant assez sur lé sommet du museau. Taille de 2 pieds environ. 19 à 21 Rangées d'écaillés Usses. i5o-h24. Du Cap. — 10) NAJA ELAPS. D'origine incou- nue et de très forte taille. Intermédiaire entre les Najas et les Élaps. Formes assez vigoureuses. Tête distincte du cou, qui n'est pas dilatable. Lames frontales postérieures et occi- pitales très développées. Avant-dernière plaque labiale res- serrée vers la région des tempes. Yeux assez petits. 1 83 -I- 41; i5 rangées d'écaillés lisses en lozange , jaunes d'ocre à centre brun-marron. — ii) naja curta. Formes extrêmement ramassées. Prunelle de l'œil un peu verticalement alongée. Queue très courte et grosse. 19 Rangées d'écaillés lisses. Lame surciliaire un peu saillante. Tête très large , à joues saillantes. D'un vert-olivâtre uniforme , plus clair sur le des- sous. Patrie : la Nouvelle-Hollande. La 2™* Famille des Serpens venimeux comprend les Serpens de mer, que j'ai tous réunis dans le genre HY- DROPHIS, Ils se distinguent facilement de tous les autres 186 REVUE SYNOPTIOUE. ophidiens par leur queue très large , et élevée «lans le sens vertical en forme de rame. Leur tête est petite, d'une venue avec le tronc et revêtue de plaques, comme dans la plupart de serpens , mais avec cette différence que les nasales rappro- chées au sommet du museau , remplacent les frontales anté- rieures, qui manquent alors ; les narines sont par conséquent tout-à-fait verticales , elles ont une forme orbiculaire et sont susceptible d'être fermées au moyen d'une valve. Les lèvres sont à bords rentrans , de sorte que la bouche peut se fermer hermétiquement. L'œil est petit et à prunelle orbiculaire j les crochets sont peu développés et toujours suivis de plusieurs dents solides et délicates. Le tronc s'amincit considérable- ment vers les deux exlrémitc'S de l'animal , de sorte que le cou est souvent assez grêle. Les écailles sont en lozange ou en hexagone , non imbriquées , revêtues d'un épidémie mince , et surmontées d'un tubercule: on en voit deux sur la rangée médiane des écailles de l'abdomen qui sont à peine plus larges que les autres. Leur poumon est souvent prolongé en un réservoir pour l'air , qui s'étend jusqu'à l'anus. La couleur dominante est le jaune ou le vert. Ils ont le corps souvent marqué d'anneaux ou de bandes foncées ou de taches en lozange. Les serpens de mer habitent exclusivement les pa- rages intertropicaux des mers des Indes orientales et du grand Océan pacifique. Ils vivent probablement de poissons , et ne vont jamais à terre. On n'en connaît que 7 espèces, dont la der- nière est en quelque sorte anomale , en ce qu'elle offre des narines latérales, 5 lames frontales, des lames abdominales assez larges et des écailles lisses, imbriquées et revêtues d'un épidémie dur. i) h'ïdropuis schistosa. A museau brusquement conique au bout, et courbé en bec. Lame rostrale étroite , prolongée en pointe , verticale j de forme lancéolée , nasales en trigone. Yeux assez verticaux. 5i Rang, d'écaillés. 3oo -I- 5o. Gris«£rdoisé, avec de larges bandes brunâtres plus ou moins effacées. Les adultes ont des teintes uniformes. REVUE SYNOPTIQUE. 187 Habite le Golfe de Bengale. — 2) 11 y d r o p 11 1 s s t r i a t a. Tête arrondie, museau obtus, une rangée de petites lames tris^ones enchâssées entre les labiales, sur le bord de la lèvre inférieure. Jaune verdàtre, marqua sur le dessus de taches en rhombe plus ou moins foncées, disposées transversalement et quelquefois en forme de bandes. Formes moins vigou- reuses que dans la précédente. Longueur 6 pieds environ. 29 Rangées d'écaillés; 344 -f- ^^^ Des mers des Indes, de la Sonde et de la Chine. — 3)îiYDiioPHîs nîgrogincta. Assez voisine de la précédente, mais elle a la sixième plaque labiale assez évasée et touchant aux occipitales en s'étendant sur la région des tempes 5 sa tête est plus étroite et phis arrondie; elle manque de petites lames surnuméraires à la lèvre inférieure; son corps enfin est entouré d'anneaux com- plets et très foncés. 3o6 -f- 49 5 ^9 rangées d'écaiiles. Observée dans le Golfe de Bengale. — 4)hydeophis gracilis. Port des précédens, mais d'une taille moindre, et à formes extrê- mement grêles , notamment vers le cou , qui est assez effilé. Tête plus petite que dans les autres espèces, et très étroite. Jaunâtre, à taches transversales en lorsange et noires; cette dernière couleur occupe toutes les parties antérieures, de sorte que la teinte du fond ne paraît que sous forme de bandes étroites. Tête noire, une tache claire au dessus de l'œil. 355 -f- 5o. 27 Rangées d'écaillés. Golfe de Bengale et mers de la Sonde. — 5)hydrophîs pela m î s. A. petites écailles hexagones disposées en pavé. Formes ramassées. Tête très alongée. Ligne médiane de l'abdomen indiquée par une suture formée parles deux dernières rangées des écailles, dont on compte 47 en tout. 35o -f- 60. Dessus brun noirâtre, dessous jaune; queue, et quelquefois même tout le corps de l'animal, varié de ces deux teintes. La plus commune des espèces ; se trouve dans tous les parages qu'habitent les serpens ma- rins. — 6) HYDROPHis PELAMÎD01DES. Formes beau- coup plus trapues et tête plus courte que le précéderit, duquel 188 lŒVUE SYAOPTIQUE. il se rapproche par lacoiiforinalion ties écailles; mais ces orga- nes sont plus grands et on n'en conjpte que sS à 3o ran^rées. Des vestiges d'écaillés abdominales, enchâssés sur la suture médiane du ventre. Jaunâtre, à larges taches dorsales en lozange. i36 -{- 27. Golfe de Bengale et mers de la Chine et des Moluques. — y) iiydrophis co lu brin a. Espèce anomale, très facile à reconnaître aux écailles lisses, imbri- quées et revêtues d'une épidémie cornée; aux narines latéra- les; à la présence de 5 lames occipitales; à ses lames abdomi- nales beaucoup plus larges que dOrdinaire. 23 Rangées d'écaillés. Plaques: 220 -h 38. Vert foncé, marqué de larges anneaux noirâtres, assez effacés dans l'âge adulte. Presque aussi commun (pie le Pélamide ; habite les n)cmes lieux. La troisième et dcînière famille dc^s serpens venimeux com- prend les S er peu s venimeux proprement dits. Ils ont nne physionomie tout-à-fait particulière et quelque chose de liideux dans leur aspect; on pourrait même dire que leur caractère malfaisant s'exprime dans chacune de leurs parties: car ils ont des formes lourdes et ramassées , une queue très courte , une tète grosse , très large à la base , et en forme de cœur; toutes les parties sont ordinairement hérissées d'écail- lés lancéolées et surmontées d'ime forte carène ; leur museau est souvent tronqué ou même retroussé; les freins, dans plusieurs genres, sont creusés d'une fosse spacieuse et pro- fonde ; la lèvre supérieure est renflée et descendante comme dans les chiens-dogue; l'ouverture de la bouche est assez arquée ; les yeux sont petits , à prunelle verticale , et enfon- cés sous une lame surciliaire saillante ; leurs crochets enfin sont extrêmement développés , et occupent à eux-seuls le maxillaire qui est réduit à un assez petit volume , tandis que les ptérygoïdiens externes forment un levier en guise de stylet. Cette organisation détermine leur mode d'attaque , qui est tout particulier , en ce qu'ils attendent tranquillement jus- qu'à ce que les animaux, dont ils se nourrissent, soient à leur REVUE SYNOPTIQUE. 189 portée; se jetant ensuite sur eux, ils frappent cl un seul coup la plaie meurtrière, qui, mettant leur proie hors d'état de s'échapper , la fait tomber dans leur pouvoir. Les serpens venimeux proprement dits se trouvent dans les cinq parties du monde. Ils habitent tantôt les bois, tantôt les plaines. On en connaît trois genres. Les deux premiers ont des fosses nasales. i) TRIGONOCEPHALUS. A queue terminée par une plaque cornée et conique. Ils habitent les régions boisées des deux mondes , mais n'ont été observés ni en Europe, ni en Afrique , où ils sont remplacés par les Vipères. On peut établir dans ce genre deux divisions , fondées sur la nature des tégumens de la tête. — A. Espèces à tête revêtue d'écail- lés. Elles sont plus particulièrement propres à la Zone torride. — i) tïitgonocephalus jaîiaracà. Formes un peu plus effilées que d'ordinaire ; tête plus alongée , revêtue d'écaillés plus grandes vers le bout du museau dont les bords sont garnis de plaques; g lames labiales; i88 H- 53; iy rangées d'écaillés lancéolées et fortement carénées. Brun- olivâtre , ordinairement relevé par de larges bandes ou taches en lozange. Habite les forêts du Brésil. — 2) trigonoce- PHALUS ATROx. Très analogue au précédent, qu'il paraît représenter aux Guyanes; mais à 8 lames labiales , à 4 paires de mentales, à museau plus conique, à écailles moins effilées dont les carènes assez saillantes , et à teintes plus claires et tirant au gris pourpre. 194 H- 64. — 3} trigonocepha- Lus LANCEOLATUS. Remplace les précédens aux petites Antilles, et leur est très voisin; mais à lames abdominales plus nombreuses , à teintes tirant sur le vert ou sur le jaune , à 2 paires de plaques mentales assez petites, et à 3i rangées d'écaillés plus petites. 255 + 64. — 4) trigonocephalus BiLiNEATUS. Très reconnaissable à sa queue mince et susceptible de se rouler en dedans , à son tronc assez com- primé , élancé et à ventre étroit , à ses petites écailles , enfui 190 UFA'UE SYiSOPTlQUE. à SCS belles teintes vertes passant au brun-roux sur la queue, et relevées par une raie jaune de citron près de l'abdomen. Dessus jaune -blanchâtre. 280 ^ ^8; 29 rangées d'écaillés. Très rare au Brésil et à Cayenne. — 5) TniGONocEPnALus NiGROM ARGiN ATTJs. Espèce de petite taille , assez carac- térisée par ses écailles en lozange , lisses, disposées sur ig rangées, plus grandes sur le sommet de la tête; par 2 larges plaques au bout du museau ; par des plaques surciliaires divisées, etc. i^^ 4- 56. Dessus vert foncé, orné par des taches noires. Vient de Cey lan. — 6) t r i g o n o c r p u a l u s WAGLERi. Tête très large et grosse; museau anguleux aux côtés et obli({uement tronqué en dessous; 5 paires de men- tales assez trapues; 25 rangées d'écaillés pourvues de forte carènes, prolongées en pointe sous la gorge. Dessus vert foncé avec des bandes transversales jaunes. i4o -4- 48. Habite l'île de Sumatra. — 7) trigonocepiialus viridis. Taille moyenne. Dessus vert uniforme ; dessous jaune. Deux grandes lames au l^out du nuiseau , qui descend presque perpendiculairement. 21 Rangées d'écaillés lancéolées et caré- nées. 164 4- 64' Des grandes Indes, vit aussi dans les îles de Sumatra, Célèbcs et Timor. — • 8) trigonocepha- Lus PUNICEUS. Très reconnaissable à son œil protégé au dessus par une rangée de petites écailles relevées en pointe. Tète très large, en cœur et à sommet plane; museau anguleux et excavé aux côtés, à bout arrondi et obliquement tronqué, 162 -+■ 54. Brun-roux, bigarré et varié de jaunâtre, de pourpre ou de grisâtre; queue très foncée. Patrie: l'île de Java. — B. Espèces à sommet de la tête revêtue de lames. 9)tkigonocephalîjs rhobostoma. Très belle espèce. Formes assez vigoureuses. Tête en cœur, garnie sur le som- met de 9 lames plus développées que d'ordinaire ; museau assez conique à bout proéminent et mobile ; écailles lisses , en lozange et plus grandes sur la rangée médiane du dos qui est en carène. Queue courte et pointue, x/iy -h 55. Brun- REVUE SYNOPTIQUE. 19{ louo^eâtre, plus clair sur le clos, dont les côtés sont ornés de larges taches foncées triansful aires. Sommet de la tête bordé d'une large raie rougeâtre ; une raie noire derrière l'œil. Habite l'île de Java. — io)trigonocepiîalds iîyp- NALE. De Ceylan et des îles Philippines. Taille petite. Museau prolongé en pointe retroussée et saillante , revêtu au dessus d'écaillés, auxquelles succèdent la lame verticale, les surciliaires et les occipitales. 19 Rangées d'écailîes carénées. i4^ -\- 4<^« Teintes du corps à-peu-près comme dans le précédent. — ii)TRiGONOCEPnALus ha lys. Formes plus grêles que d'ordinaire. Tête alongée, revêtue de g lames dont les frontales antérieures assez ramassées; museau court et arrondi. 27 Rangées d'écaillés lancéolées et carénées. i65 + 3^. Dessus gris-jaunâtre, avec 5 rangées détaches brunâtres. Observé dans la Tartarie. — 12)trïgonoce- puALus BLOMHOFFiî. Lamcs dc la tête à-peu près comme dans le précédent, mais à formes plus lourdes et à tête plus grosse; 25 rangées d'écaillés fortement carénées. 189 + 5i. Dessus brun-olivâtre, avec deux rangées de taches ovales foncées ; une large raie noire derrière l'œil. Du Japon. — i3) TRïGONOCEPHALus CENCHRïS. De l'Amérique du Nord ; assez reconnaissable à ses petites lames occipitales , qui manquent quelquefois totalement; et aux écailles de l'occiput qui sont iiérissées de tubercules au lieu de carènes. Formes ramassées. i3o -f- 43. Corps orné sur le dessus de larges bandes de brun-cuivré^ qui font entrevoir la teinte du fond sous forme de grandes taches en lozange et d'un brun-grisâtre. Le deuxième genre des serpens venimeux proprement dits est celui de GPvOTALE. Ils sont propres au nouveau- monde, et habitent de préférence les lieux secs et incultes ; on pourrait dire qu'ils remplacent les Vipères dans les deux Amériques. Ils ont des fossettes nasales comme les Trigonocé- phales, mais leurs formes sont plus roî)UStes , leur tête est plus 102 REVUE SYi^OPTlQUE. L'i'ossc lîlk'iii qiioue année au bout, soit d'un instrument bru- yant appelé sonnettes , soit cVunc écaille dure prolongée en pointe longue et acérée. On ne connaît dans ce genre que 4 espèces, dont plusieurs parviennent à une taille plus forte qu'aucun autre serpent venimeux. — i) crotalus jior- RiDUS. Le grand Crotale de l'Amérique du Sud. A museau revêtu de 3. ou de 4 paires de lames. 29 Rangées d'écaillés en lozange et surmontées d'une carène tranchante. i4'J H- 25. Dessus d'un brun-jaunatre relevé, sur le dos, par une rangée de larges taches en lozange. — 2) crotalus durissus. Remplace le précédent dans l'Amérique du Nord et se trouve jusqu'au IMexique. Très voisin du C. horridus, mais il n'a qu'une ou deux paires de lames sur le museau ; les carènes des écailles sont moins développées , les yeux sont plus petits, les teintes plus foncées , les taches souvent en forme de ban- des , et la queue noire. 170 -f- 22. — 3) crotalus milia- Rius. Petite espèce de l'Amérique du Nord , assez reconnais- sable à sa tète revêtue au sommet de 9 plaques assez dévelop- pées. 23 Rangées d'écailles. i3i -+- 26. Oeil vohmiineux. D'un gris-rougeàtre , orné de 3 suites de taches plus foncées. — 4) crotalus mu tu s. Remarquable parce que sa queue est armée au bout , au lieu de grelots , d'une pointe dure et acérée. Tête revêtue d'écaillés. Dos en carène. Ecailles sur- montées d'une carène en forme de tubercule. Parvient à une taille de dix pieds : c'est le plus grand serpent venimeux. Fait le passage aux Trigonocéphales; mais sa physionomie est tout-à-fait celle des Crotales. 227 4- 49- D^ l'Amérique méri- dionale. 3'"^ Genre: VIPERE; comprend tous les serpens veni- meux proprement dits, qui manquent de fosse nasale. Ils ont ordinairement la tête et le corps revêtus d'écaillés lancéolées et carénées. Leurs formes sont le plus souvent très lourdes et leurs teintes d'un oris ou brun terne. Ils habitent les déserts ou les lieux incultes de l'ancien monde. — iWipera REVUE SYNOPTIQUE. 193 ARiETANS. De loi te taille et à formes exlrejucmoiU lourdes et ÎHcleuses. Tête grande, très aplatie et à museau assez large et obtus. Narines verticales , extrêmement spacieuses. Tête et corps revêtus d'écaillés lancéolées relevées par une forte carène. i3/i-{-^y. Dessus jaunâtre orné de 3 rangées de taches, souvent en œil, dont 2 paires sur l'occiput. Du Gap et de la Cote-d'or. Une variété locale à teintes plus claires habite le Kordofan. — 2)vipera atropos. Du Cap. Taille moindre et formes moins vigoureuses que la V. arietans. Tête plus petite , narines moins spacieuses et plus latérales. D'un brun très foncé, relevé sur le dessus, par 4 rangées de taches en œil. i38-f-23. — 3) vipera cornu ta. Taille petite ; formes extrêmement trapues. Oeil protégé en dessus d'une rano^ée d'écaillés prolongées en pointe. Narines latérales. Gris-brun , orné de taches foncées, dont les dorsales disposées en une rangée médiane. 124 + 22. Du Gap ; très rare. — 4) vi- pera ECHis, Oeil entouré d'une rangée de petites écailles; narines étroites, rapprochées du bout du museau qui est garni, sur le dessus , de 2 lames. Queue courte , garnie de plaques simples. i56+3o. Des grandes Indes; se trouve aussi dans l'Afrique septentrionale. Brun-grisâtre ou jaunâtre , à raies et à taches en œil sur le dessus. — 5) vipera cérastes. Assez distincte par sa tête très large et en cœur ; par son museau court , obtus et arrondi ; par des narines assez étroites, verticales et placées au bout du museau; par ses écailles surmontées d une carène en forme de tubercule ; par ses teintes pâles, grisâtres ou couleur de terre; enfin par le développement des écailles surciliaires , dont l'une est souvent convertie en pointe assez longue. i34 -f 29. Habite les déserts du Nord de l'Afrique. — 6) vipera KLEGANS. Formes plus effdées que d'ordinaire. Oeil protégé par une lame surciliaire ; narines très ouvertes, latérales. Museau étroit, enflé et anguleux aux côtés. De grande taille; ï68 -h 52, Vient des grandes Indes et de Ceylan. Brun-jaunâtre i3 194 REVCE SYNOPTIQUE. vif, avec trois rangées de taclies ovales , bordées de noir et de blanc sur le dessous. — 7) vipera berus. La Vipère commune dans le Nord et le centre de l'Europe , est aussi répandue dans une grande partie de l'Asie. Taille moyenne. Tète revêtue en dessus de lames, parmi lesquelles distingue une verticale, des siirciliaires et deux occipitales. Museau arrondi et anguleux aux côtés. Narines tout-à-fait latérales. i45 H- 35. Varie du brun au gris, au noir et au roux; une large raie dentelée le long du dos. Les maies ont les teintes claires. — 8) vipera AS PI s. Remplace la précédente dont elle se rapproche beaucoup, dans le Sud-Ouest de l'Europe et se trouve jusqu'en Sicile. Formes un peu plus effilées ; tête plus grande , revê- tue au sommet d'écaillés de forme irrégulière; museau un peu retroussé; corps avec plusieurs rangées de taches. Varie comme la précédente. i52 H- 1?.. — 9) vipera ammodytes. En- core voisine des deux précédentes [)ar le port et la physio- nomie ; mais à formes plus trapues, à museau prolongé en pointe dirigée en haut, à sommet de la tête assez irrégulière- ment revêtue d'écaillés et de petites plaquesi i5o-+-34. Sys- tème de coloration à-peu près comme dans la Vipère com- mune , mais souvent à queue rougeàtre. Habite le Sud-Est de l'Europe depuis la Sicile et la Dalmatie jusqu'en Grèce. — 10) VIPERA acantopiiis. Espècc anomale de la NouvcUc Hollande ; à formes ramassées ; à queue mince et terminée par une pointe dure ; à tête revêtue au sommet de 9 lames ; à lames surciliaires , ordinairement relevées et inclinées vers le sommet de la tête; et à 2 1 rangées d'écaillés carénées. 11 5 -H 4o. Gris-brunâtre , varié et tacheté de noir. -lL k5 i^ ijL 1 SUU LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES OPHIDIENS. iSBàcS^^- Me proposant de donner dans les pages suivantes, un aperçu sur la répartition des serpens à la surface du globe, je me vois obligé d'entrer en détails nombreux, dont j'aurais pu me passer , si cette partie de la science avait été cultivée avant moi , ou si on en avait du moins posé les fondemens. Je me suis occupé avec assez de zèle de cette étude, qui mérite une atll3ntion toute particulière, non pas parce qu'elle regarde les animaux dont je traite dans mon livre, mais parce qu'elle doit conduire , selon moi , à des résultats beaucoup plus satisfai- sans que l'étude de la distribution géographique des animaux des autres classes du règne animal, ou même des végétaux. Les raisons qui militent en faveur de cette thèse sont claires. Mille agens divers contribuent à disperser les différentes espèces de plantes à la surface du globe : les semences des végétaux sont emportés par le vent et les vagues ; l'homme transplante continuellement un grand nombre de végétaux d'une contrée dans l'autre; et, par la culture, il a tellement changé la nature qui l'environne, que la surface de la terre a en quelque sorte perdu sa face primitive , et que la végéta- tion a du moins éprouvé de grandes modifications. — La plupart des animaux ont les moyens de se distribuer à la 1% DISTR113UTIOi> GÉOGRAPHIQUE 9 surf'iioe (la globe. L'élément qui les a \u naître n'offie point de bornes aux animaux marins. Certains inannnifères élcndent eontinuellement leur spjière <] haI)ltation , et se répandent quel- quefois, peu-à peu, su?- pbisieurs parties du monde. D'autres espèces, acccmjagnant 1 homme- dans ses voyages, même an delà des mers, st dis[^>ersent dans les diverses régions, soit que 1 homme les transplante lui-même, soit que, retrouvant leur liberté, ils ont, pour ainsi dire, formé des colonies loin de leur mère-patrie, où il arrive quelquetvyis ([ue leur race est totalement détruite, ou ([ue tous les individus i-nt passé l'état H1QI)E ces derniers vivant, à l'exception des serpens de mer, prcscjue toujours isolés , et ne se multipliant guère au point de devenir abondaiis que par le concours de circonstances assez favora- bles, conune cela a lieu aux îles de sucre Françaises, à l'égard du Trigonocépliale lancéolé, ou en Dahnatie à l'égard de la Vipère ammoclyte. Les serpens venimeux appartiennent donc généralement au nombre des rares, et ils sont peut-être beau- coup plus rares qu'on ne le pense ordinairement, soit que le nombre des individus en est souvent très circonscrit , soit que, grâce à leurs liabitudes, ils échappent plus facilement aux recherches de riioumie. (r) — Exceptant les espèces anomales HlQUE vers rOuost, elle ne se trouve guère au delà de la Seine, lundis que les Alpes paraissent former les limites de cette espèee (i) tlans le Sud. Dans la partie méridionale de TOuest de l'Europe, elle est remplacée par la Vipère aspic, Vip. aspis, qui se trouve depuis Trieste dans toute l'Italie jusqu'en Sicile, puis en Suisse et dans toute la France au delà de là Seine jusqu'aux Pyrénées, et peut-être aussi dans la Péninsule ibérique. Les parties méridionales de 1 Est de l'Europe pro- duisent au contraire une troisième espèce de ce genre, Vip. annnodytes, qui se trouve depuis la Styrie jusqu'au Sud de la Hongrie, puis dans la Grèce, dans la Dalmatie, en Sicile, et peut-être aussi dans la Calabre. Cette distribution des espèces paraît modifiée par la nature de terrains qu'elles habitent: la première préférant en général les bruyères, les lieux marécageux et boisés; la seconde un sol sec et aride; la troisième les terrains rocailleux. On n'a pas observé , dans ces serpens des variétés locales ou de climat; mais il n'en est pas ainsi de plusieurs autres serpens d Europe , qui sont répartis presque sur toute létendue de ce continent: on peut citer comme exemple la Coronella laevis et les ïropi- donotus natrix et viperinus. Ces espèces, dont les deux premières habitent presque toute l'Europe septentrionale et centrale, et la dernière jusque vers le 5o degré de lat. bor. , se trouvent également dans le Midi de l'Europe, où elles forment souvent, outre uil grand nombre de variétés accidentelles, des variétés locales. En Espagne, par exemple, le Trop, vipérin a le dos rayé iongitudinalement; le même cas a lieu à l'égard du Tropidon. commun dans l'île de Sardaigne, et les individus de ce serpent tués en Sicile offrent encore d'autres disparités légères; la Coron, lisse enfin, forme (2) en Italie une (i) On dit qu'elle se renconUe aussi dans la vallée du Pô jusqu'au Florentin , mais en très petit nombre. — (2) Je puis assurer que le rarackrc du prétendu Colub. Kiccioli , tiré de la plaque nasale indi- DES'SERPENS. 207 variété locale ou de climat, variété à teintes plus claires, qui se trouve jusque daus les environs de Marseille, et qui remplace noire Coronelle dans le Sud de l'Europe. La Couleuvre d'£s- culape qui habite dans le Sud de l'Allemagne, se trouve en Dahnatie et en Italie, jusqu'en Provence. Le Col. viridi- flavus a été observé dans toute l'Europe méridionale en Grèce, en Hongrie, en Dahnatie, en Italie, en Sicile, en Sar- daigne jusqu'en France et en Suisse. Le Col. hippocrepis habite l'Espagne et la Sardaigne, tandis que le Col. leopar- tlinus se trouve en Sicile, en Dahnatie et en Grèce; mais, autant que je sache, aucune des deux espèces n'a été obser- vée en Italie. Le Psammophis lacertina , commun en Dal- matie, en Espagne et dans une grande partie de la France^ et qui habite la plupart des autres pays riverains de la Méditerranée, n'a pas non plus été trouvé en Italie ni dans aucune des îles adjacentes. Les contrées méridionales de l'Europe produisent plusieurs autres espèces de serpens, qui ne paraissent pas habiter une grande étendue de terres: telles sont le Xénodon de Michahelles de l'Espagne; le Psammo- phis Dahlii de la Dahnatie qui se trouve également en Grèce et qui se rapproche par ses formes élancées des serpens d'arbre; le Dipsas fallax des mêmes contrées, que l'on doit considérer comme espèce anomale du genre; enfin le Tortrix Eryx, qui se trouve seulement en Grèce, et dont les déserts de TAfrique et de l'Asie sont la véritable patrie. — En comparant les observations que nous fournissent les autres animaux de l'Europe à celles que nous venons d'énoncer sur les Reptiles de cette partie du monde, on parvient à déduire des résultats analogues. Nous voyons que les animaux des contrées septentrionales sont souvent remplacés dans le visée est puremeut accidente), comme on peut se convaincre en examinant la série d'individus de cette Coronelle, conservée dans notre Musée. 208 DlSiaiBUTlO^ GEOGRAPHrQUi: centre de l'Europe , par iViuitres, qui forment; des \nri(Hés locales ou qurlquefois luènie des races; et la comparaison des animaux, de TEuiope cenirale avec ceux du Midi de l'Europe offre souvent le même résultat. On peut citer de nombreux faits à l'api^ui de cette thèse; je n'en rapporterai quequehpies uns. Noire corbeau, par exemple, est remplacé, aux îles Fiir, par une vaiiété à teintes mélangées de blanc. La corneille mantelée et la corneille noire, sont deux races de la même espèce qui se représentent mutuellement, etdontla première appartient aux contrées septentrionales de l'Europe. On sait que la même chose a lieu a-peu-près à l'égard des étourneanx vulgaire et unicolore, dont le dernier habite plus particulièrement le IMidi de lEurope. Notre Emberi/a schoeni- clus est remplacée en Dalmatie et en [talie par l'Fndjeriza palustris, qui offre ordinairement un bec beaucoup plus fi(; DlS'lTxlDUTlO.N r.KOGl\APHlQ[]E «^raml (Viniiinaux de toutes les classes, elles sont séparées les unes tles autres par des bras de mer le plus souvent assez étroits, mais qui forment une barrière insurmontable à la plupart des animaux (i). En observant donc à-la-fols, sur plusieurs de ces îles, la même espèce, on peut être sûr que ces animaux des diverses îles, n'ayant pas de comnuinicatioii entre eux, doivent former, sur cbacune d'elles, une famille isolée, dont les individus, vivant depuis leur création ou du moins depuis ([ue ces terres ont reçues leur forme actuelle, dans des lieux d'une nature plus ou moins différente, doivent nécessairement montrer des modifications plus ou moins sensibles. L'expérience nous prouve en effet la vérité de ce {rue nous venons d'avancer. 11 arrive souvent que la même csjièce d'animaux a (ké découveite à la fois à Sumatra, à Java, à Bornéo, à Timor, à Célèbes et même aux îles Philippines, ou sur le continent de l'Asie, et qu'elh; offre dans chacun de ces lieux, des disparités, à la vérité quelquefois très subtiles, mais ordinairement constantes. Nous demandons ce qu'il reste à faire de ces variétés locales: s'il faut les considérer comme telles ou comme des races de la même espèce, ou si elles méritent d'être élevées au rang d'espèce même. Les tentatives que j'ai faites afin de m'arranger pour ainsi dire avec la nature, m'ont conduit au résultat, que ce serait embrouiller la (i) Outre l'archipel de la Malaisie, celui des Grandes Antilles serait le seul point du {;lobe qui pourrait offrir un point favorable pour l'élude comparativt; d(.'S individus de la même espèce, habitant à la fois plusieurs contrées séparées par la mer; mais ces dernières îles sont toutes situées à-peu-près sous le même parallèle; elles ne sont ni aussi nombreuses, ni aussi grandes ni aussi distantes les unes des autres que celles de la Malaisie; d'ailleurs elles sont beaucoup moins riches en productions d'histoire naturelle et n'ont été Cjue peu explorées en comparaison des îles de la Malaisie, qui sont depuis plus de vingt ans l'objet des recherches assidues de nos voyap;eurs. DES SKRPENS. 227 science, que de désigner chacune de ces petites variétés sous un nom propre et spécifique, et qu'il vaut mieux de connaître une seule des conditions qui modifient la nature des êtres, que d'avoir augmenté de plusieurs noms nouveaux le cata- logue de ceux-ci. Je sais que mes lecteurs auront de la peine à se faire, au moyen de descriptions, une idée de toutes, les petites modifications que peut éprouver la même espèce dans des lieux divers, et qu'il est souvent difficile d'indiquer ; mais, ne pouvant leur mettre sous les yeux ces collections immenses et ces suites nombreuses d'individus de la même espèce , en un mot les matériaux qui ont servi de base à mes travaux, je me vois obligé de rapporter plusieurs faits, qui pourront justifier ma manière de voir. Choisissons d'abord nos exemples parmi les mammifères. Le singe le plus com- mun et le plus répandu dans l'Archipel indien est le Macaque, Cercopithecus cynomolgus. La variété ordinaire de cette espèce vient de l'île de Java; elle est constamment d'une teinte verdâtre et les poils du sommet de la tête sont un peu relevés en touffe; les individus de Timor ressemblent en tout point à ceux de Java, excepté qu'ils offrent des teintes plus foncées, et que leur pelage est mieux fourni, ce qui leur donne l'air plus fort et fait paraître leurs extrémités moins grêles que les individus de Java ; ceux de l'île de Sumatra ont le dos souvent nuancé de rougeâtre, leur face est un peu plus noire que d'ordinaire, et les poils de la tête, plus courts que dans les individus de Java, ne sont point susceptibles de s'ériger en touffe; la race de l'île de Bornéo est intermédiaire en quelque sorte, entre celles de Sumatra et de Java, ayant la teinte du pelage de celles de Java et ressemblant à celle de Sumatra par le manque de touffe et par la couleur de la face; enfin , nous avons reçu de Siam , un singe tout-à-fait analogue à la variété javanaise de notre Macaque, mais dont la queue est un peu plus longue que chez celui-là. N'ayant pas été à même d'en examiner des séries complètes, j'ignore si les petites 228 iJlSiKlIiUTlON GEOGRAPHIQUE ililXt'ioncos qui existent entre les individus des Civettes (Viverra zibetha) de Java, deSumntra, de Siani, de Bornéo et d'AniIjoine, que j'ai vus sont constantes ou accidentel* les. Les mêmes misons me retiennent d'énoncer des obser- vations sur la Viverre Lisang, dont nous possédons des sujets de Siam, de Sumatra et de Java. Le Paradoxure com- mun, Paradoxurus typus est répandu nu Bengale, à Siam , à Sumatra, à Java, à Jjornéo, à And)oine, à Timor, etc., et forme dans ces divers lieux de nombreuses variétés qui se bor- nent ordinairement à la nuance et la distribution des teintes, .. mais quelquefois ils diffèrent aussi par la taille: à Sumatra, par exemple, l'espèce devient beaucoup plus forte qu'à Java, à Java plus forte qu'à Timor, etc. (i) ; il paraît exister en plu- sieurs lieux une race qui a la [)ointe de la queue blancbe, et les individus de ceitnines parties delilede Java ont le pelage d'un jaune pale avec trois raies sur le dos. L'écureuil bicolore a le pelage moins varié de blanc à Sumatra et à Malacca qu'à Java, et a le dos d'un brun noir uniforme à Siam. L'Ecu- reuil de RaHles, a à Malacca et à Siam, les côtés du corps variés d'un blanc très pur; dans les individus de Bornéo au < on traire cette teinte est constamment mêlée d'une couleur plus foncée. Les variétés nombreuses que forme le grand Ecu- reuil des Indes, Sciurus maximus , qui liabite au Bengale, à Malacca et à Sumatra, sont peut-être en grande partie acci- dentelles. Je n'ai jamais pu parvenir à établir des distinctions spécifiques entre les Tupajas de différentes contrées de l'Asie, et dont j'ai examiné une quantité d'individus rapportés du continent de l'Inde, de Sumatra, de Bornéo et de Java; mais (i) La série d'individus de celle espèce que l'on voit exposée dans les galeries du Musée des Pays-Bas , offre à elle seule une étude pailiculière, et nous montre quels matériaux il faut pour se faire une idée complète d'une seule espèce, lorsqu'on veut en connaître